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Jeremy Corbyn, un rebelle aux portes du pouvoir

Britain's opposition Labour party leader Jeremy Corbyn, after a Memorial Service to commemorate the 25th anniversary of the murder of black teenager Stephen Lawrence at St Martin-in-the-Fields church in London, April 23, 2018.

Il se voit aux portes du pouvoir dans la confusion du Brexit: le chef du Parti travailliste britannique, l'eurosceptique Jeremy Corbyn, profite du cinglant désaveu infligé par le Parlement à la Première ministre Theresa May pour avancer ses pions.

M. Corbyn, 69 ans, a déposé une motion de censure contre le gouvernement, qui sera débattue mercredi. Il espère une défaite aussi cuisante que la veille pour Mme May, le Parlement ayant rejeté l'accord de Brexit avec 230 voix d'avance.

Depuis le référendum de juin 2016 qui a décidé la sortie du Royaume-Uni de l'UE, Jeremy Corbyn a entretenu l'ambiguïté face au Brexit, dans un parti aux députés très majoritairement europhiles.

Il a résisté aux pressions de la base du parti et des syndicats qui souhaitent un nouveau référendum sur le sujet. Mais il a précisé au fur et à mesure sa position, appelant à un accord de retrait qui maintienne l'union douanière avec l'UE et améliore les droits des travailleurs.

Personne ne donnait cher de sa peau, pourtant, lorsqu'il a remporté à la surprise générale le vote des adhérents du parti en 2015. Considéré comme un rêveur gauchisant, le presque septuagénaire à la barbe blanche a pourtant survécu à maintes cabales et assis son autorité, avec le soutien indéfectible d'un mouvement, "Momentum", situé très à gauche au sein du Labour.

"Il a un contrôle total sur le parti à l'exception de la question du Brexit" sur lequel les voix dissonantes se font entendre, soulignait pour l'AFP Tim Bale, professeur à l'Université Queen Mary de Londres. Car "à la fois la base et certains syndicats aimeraient clairement que le Labour fasse évoluer sa position en essayant d'arrêter le Brexit, par exemple en soutenant un second référendum".

Le leader travailliste a plutôt mis l'accent sur les sujets sociaux, comme la lutte contre le chômage ou la pauvreté. Défendant une hausse des investissements publics, la renationalisation de certains services comme le chemin de fer, ou le contrôle des loyers, Jeremy Corbyn a pris pour principale cible les mesures d'austérité du gouvernement conservateur de Theresa May.

- Végétarien et rebelle -

Né le 26 mai 1949, Jeremy Corbyn a développé son sens de l'engagement politique auprès de ses parents, un ingénieur et une enseignante, tombés amoureux lors d'une manifestation contre la guerre civile espagnole.

Élevé dans l'ouest de l'Angleterre, il ne se passionne guère pour les études. Bac en poche, il part deux ans en Jamaïque pour le compte d'une association caritative. À son retour, il s'installe à Islington, quartier du nord de Londres, à l'époque coeur de la contestation gauchiste.

Militant syndical, il est élu depuis 1983 député de cette circonscription, où il vit toujours dans une maison modeste, avec sa troisième épouse, une Mexicaine de vingt ans sa cadette. Il a trois fils.

Végétarien, Corbyn confiait au Guardian en 2015 mener une vie "très normale", lui qui continue de se déplacer à vélo.

Après des années marquées par la ligne centriste imposée par Tony Blair, il a dû se battre pour imposer sa vision de gauche et affronter une partie de l'appareil travailliste refusant d'être dirigée par un rebelle. Il avait en effet voté 533 fois contre la ligne du parti depuis 1997.

Dissensions, polémiques: la fronde culmine après le vote sur la sortie de l'UE. Accusé de n'avoir pas fait assez pour empêcher le Brexit, Corbyn essuie une motion de défiance un an après son élection. Mais il y survit.

En juin 2017, il est à la surprise générale le grand gagnant des législatives, améliorant le score du Labour, alors qu'il était raillé au sein même de son parti. Theresa May perd alors sa majorité.

Son parti n'arrive toutefois pas à percer dans les sondages depuis, alors même que les conservateurs se déchirent autour du Brexit.

Son positionnement effraye les électeurs plus modérés, et il est un véritable épouvantail pour les milieux économiques. Son image a aussi été ternie par plusieurs affaires d'antisémitisme au sein de son parti, qu'il est accusé de ne pas avoir combattu.

Avec AFP

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France: vives réactions après le démantèlement violent par la police d'un campement de migrants

Des gendarmes français évacuent les migrants de leur camp de fortune près de l'autoroute A1 à Saint-Denis près de Paris, France, le 17 novembre 2020.

Des responsables au sein de la gauche en France mais aussi de syndicats et d'associations d'aide aux migrants ont dénoncé vivement mardi le démantèlement violent par la police lundi soir à Paris d'un campement de migrants, en majorité afghans et en errance, fustigeant une "dérive liberticide".

Plusieurs centaines de migrants et leurs soutiens, qui avaient installé lundi soir des tentes, Place de la République à Paris, pour réclamer des places d'hébergement d'urgence, ont été dispersés lundi soir sans ménagement par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après avoir évacué ce campement informel en arrachant les tentes à des migrants qui se trouvaient parfois encore à l'intérieur, les forces de l'ordre ont ensuite usé de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement dans les rues du centre de Paris pour disperser les groupes de migrants et de militants associatifs.

"On est là pour montrer qu'on n'a nulle part où aller. On ne veut pas vivre comme des animaux, on est juste venus demander l'asile", a notamment confié lundi soir à l'AFP Murtaza, un Afghan de 20 ans.

Des familles ouvrent leurs portes aux migrants isolés
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"C'est trop violent, on veut juste un toit", a ajouté Shahbuddin, Afghan de 34 ans, en sanglotant après avoir été sorti de sa tente.

La violence du démantèlement de ce campement, où figuraient essentiellement des hommes afghans qui réclamaient un hébergement d'urgence après un précédent démantèlement en banlieue parisienne la semaine dernière, a suscité une vague d'indignation dans le milieu associatif et politique en France, jusque dans les rangs de la majorité.

Dans la nuit, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a évoqué, sur Twitter, des images "choquantes" et demandé "un rapport circonstancié" au préfet de police de Paris, Didier Lallement.

En fin de matinée mardi, les ministres françaises de la Citoyenneté Marlène Schiappa et du Logement Emmanuelle Wargon ont demandé une prise en charge "sans délai" pour les centaines de migrants de nouveau dans l'errance après ce démantèlement.

"Les deux ministres mobilisent les administrations de l'Etat afin que des solutions de prise en charge soient trouvées sans délai pour les personnes en situation de détresse", ont-elles écrit, dans un communiqué commun.

Auparavant, gauche et écologistes ont dénoncé des "images insupportables" et une "dérive liberticide" après le démantèlement lundi soir du campement.

"Les images sont extrêmement choquantes, on a vu des violences vis-à-vis de réfugiés en situation extrêmement difficile", a critiqué l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot sur la radio Europe 1, y voyant l'illustration d'une "dérive liberticide qui est dangereuse".

"Scandaleux"

"J'ai trouvé cela scandaleux, hallucinant, les gens occupent pacifiquement une place avec des tentes, ils ne font de mal à personne, tout simplement parce qu'ils ont un problème de logement, il n'y a pas de solution de relogement et il y a une intervention qui est totalement disproportionnée", a déclaré sur la chaîne France 2, le leader du syndicat CFDT Laurent Berger.

Pour Philippe Martinez, chef du syndicat CGT, "c'est une façon de faire scandaleuse" qui "pose la question de l'accueil des migrants" qui "sont déplacés, chassés". "Quand on les traite comme ça, c'est digne d'un pays qui n'est pas la France", a estimé M. Martinez sur la radio RMC.

Après l'évacuation la semaine dernière d'un camp insalubre géant de migrants près de Paris, plus de 3.000 personnes avaient bénéficié d'une mise à l'abri. Mais selon les associations, entre 500 et un millier d'exilés ont été "laissées sur le carreau" après cette évacuation.

Dans plusieurs vidéos postées depuis lundi soir sur les réseaux sociaux par des militants associatifs et des journalistes, on voit les forces de l'ordre escorter des groupes de migrants jusqu'aux portes nord de Paris, où des distributions alimentaires ont été organisées en pleine nuit.

"Après la violente expulsion (...) les personnes exilées ont erré dans les rues, repoussées par la police jusqu'à Aubervilliers et Saint-Denis", a notamment écrit l'association Utopia56.

Sur la vidéo postée avec ce texte, on voit des grappes de jeunes hommes marcher dans la nuit en tirant un caddie à roulette, portant des affaires dans des baluchons ou des sacs à dos.

La police française démantèle un camp de migrants à Calais

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Fête clandestine en plein 13e arrondissement de Paris

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Coronavirus: "La fatigue pandémique" fait craindre les autorités sanitaires

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Vaccin anti-coronavirus: le G20 promet "un accès abordable et équitable pour tous"

Des flacons avec un autocollant indiquant "COVID-19 / Vaccin contre le coronavirus / Injection uniquement" et une seringue médicale, le 31 janvier 2020. REUTERS / Dado Ruvic

En quelques jours, les annonces sur l'efficacité de projets de vaccin contre la maladie Covid-19 se sont enchaînées. Avec la vaccination à portée de main, les enjeux financiers de cette course planétaire sont énormes. L'OMS reste prudente.

Lors de leur sommet virtuel qui s'est achevé dimanche, les leaders du G20 se sont engagés à garantir "un accès abordable et équitable pour tous" aux vaccins.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà recensé 48 candidats vaccins dont 11 qui en sont au dernier stade des essais sur des dizaines de milliers de volontaires à travers le monde.

L'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech a affirmé en premier, le 9 novembre, que son vaccin est efficace à 90%. Deux jours plus tard, les Russes de l'institut Gamaleïa ont renchéri, avec 92% d'efficacité.

Puis c'est au tour d'une autre société américaine, Moderna, d'assurer que l'efficacité de son produit est de 94,5%. Deux jours après, Pfizer/BioNTech révise à la hausse les résultats de ses essais cliniques avec une efficacité annoncée a 95%.

La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.
La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.

L’espoir est donc permis, mais des questions restent en suspens: ces vaccins empêchent-ils carrément la transmission du coronavirus? Pendant combien de temps durera la protection qu'ils accordent? Quels sont leurs effets secondaires?

Aux États-Unis, des sénateurs se sont portés volontaires pour participer aux essais cliniques dans l'espoir de rassurer le public dont une grande partie, les "anti-vaxxers", reste méfiante à l'égard des vaccins.

C'est le cas par exemple du sénateur Rob Portman, un républicain qui représente l'État de l'Ohio. Il a participé aux essais cliniques menés par l'équipe de la multinationale Johnson & Johnson.

Un autre sénateur républicain, Steve Daines du Montana, a choisi de participer aux essais de Pfizer. "Il s'agit de restaurer l'espoir. Il s'agit de rétablir la normalité dans notre mode de vie", a-t-il confié à Fox News.

Toutefois, le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, a prévenu mercredi que les vaccins n'arriveront pas à temps pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie, et beaucoup de pays devraient s'apprêter à " l'affronter sans vaccins".

Selon l'expert, il faudra "au moins quatre à six mois" avant qu'il y ait des niveaux suffisants de vaccination.

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