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États-Unis

Irréconciliables, républicains et démocrates débattent de la destitution de Trump

Un document officiel portant mention des chefs d'accusation retenus contre Donald Trump à Washington, le 10 décembre 2019.

Donald Trump, "dictateur" en devenir ou président qui honore ses promesses: démocrates et républicains sont restés campés sur leurs visions diamétralement opposées mercredi soir au Congrès américain, lors d'une étape décisive qui mènera certainement à sa mise en accusation historique.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, s'est réunie pour débattre des deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump dans l'affaire ukrainienne: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump devrait devenir le troisième président de l'histoire des Etats-Unis mis en accusation au Congrès, probablement avant Noël.

Mais il ne sera vraisemblablement pas destitué ensuite par le Sénat, seul habilité à le juger, car il est contrôlé par les républicains qui font bloc autour du milliardaire.

Deux mois d'enquête parlementaire et de longues heures de débats juridiques n'y ont rien fait: parmi la quarantaine de parlementaires siégeant à la commission, républicains et démocrates restent retranchés derrière les lignes de leurs partis.

Pour les démocrates, Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant, cet été, à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Il a fait pression sur Kiev, accusent-ils, en suspendant notamment à la même époque une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Les républicains, eux, font écho au président qui nie toute pression sur l'Ukraine. Ils accusent les démocrates de chercher, avec cette procédure "bidon", à se débarrasser d'un président qu'ils ne peuvent pas battre dans les urnes.

- Vote en commission attendu jeudi -

Donald Trump "a placé son propre intérêt au-dessus de notre sécurité, au-dessus de notre système d'élections libres et justes", a dénoncé le chef démocrate de la commission, Jerry Nadler.

"Si le président peut abuser de ses pouvoirs puis bloquer les demandes d'information du Congrès, alors le Congrès ne peut pas accomplir sa fonction de contrepoids face à l'exécutif... et le président devient un dictateur", a-t-il poursuivi, en référence au refus catégorique de la Maison Blanche de coopérer avec l'enquête du Congrès.

Cette procédure de destitution n'est qu'"une vendetta" menée depuis la victoire surprise de Donald Trump en novembre 2016, a répliqué le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

"Les démocrates n'ont jamais accepté la volonté des Américains", a renchéri un autre républicain, Jim Jordan. "Ils ne peuvent pas supporter le fait que le président (...) fasse ce qu'il avait promis de faire".

Après presque quatre heures de déclarations, lors desquelles les parlementaires ont énoncé leurs positions, le débat a été ajourné jusqu'à jeudi à partir de 09H00 (14H00 GMT) pour étudier d'éventuels amendements.

Jerry Nadler a appelé les membres à débattre avec trois questions en tête:

- "Les preuves démontrent-elles que le président a commis ces actes?"

- "Relèvent-ils du niveau de crimes et délits majeurs" passibles d'une destitution selon la Constitution américaine?

- "Quelles sont les conséquences pour notre sécurité nationale, la protection de nos élections et notre pays si nous n'agissons pas?"

Au terme du débat, la commission devrait approuver les chefs d'accusation lors d'un vote, probablement jeudi soir.

Puis la Chambre votera en séance plénière sur ces chefs d'accusation, sans doute dès le début de semaine prochaine.

Avec AFP

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Billie Eilish remporte l'"album de l'année" aux Grammy Awards

Billie Eilish aux 62e Grammy Awards à Los Angeles, le 26 janvier 2020.

La jeune chanteuse Billie Eilish et sa pop iconoclaste ont réussi le grand chelem dimanche soir aux Grammy Awards, raflant les prix dans les quatre catégories reines d'une cérémonie dédiée au défunt basketteur Kobe Bryant, mort à 41 ans dans un accident d'hélicoptère avec sa fille de 13 ans.

A seulement 18 ans, l'adolescente aux cheveux partiellement teints en vert a été sacrée "révélation de l'année" et "album de l'année", tandis que son titre "Bad Guy" a reçu à la fois le prix de la meilleure chanson et du meilleur enregistrement lors de la 62e édition des Grammy Awards.

Billie Eilish est devenue la plus jeune artiste à avoir réussi un tel exploit depuis le début de la compétition. "Je n'aurais jamais pensé que ça m'arrive, de toute ma vie", s'est-elle exclamée en venant recevoir sur scène son premier prix de la soirée. "J'ai grandi en vous regardant tous", a-t-elle lancé ingénument au parterre de stars présentes dans la salle.

Billie Eilish a aussi remporté le Grammy du meilleur album vocal pop, s'inclinant seulement face à l'exubérante rappeuse Lizzo dans la catégorie de la "meilleure performance pop solo". Grande favorite avec huit nominations, Lizzo est aussi repartie avec un prix pour sa performance de R&B sur "Jerome" et celui du meilleur album de musique urbaine contemporaine pour "Cuz I Love You".

Lizzo avait ouvert dimanche soir le gala rempli de paillettes et de stars en dédiant la cérémonie à Kobe Bryant, mort dans la matinée dans un crash d'hélicoptère avec sa fille de treize ans et sept autres personnes. "Ce soir, c'est pour Kobe", a lancé la rappeuse avant d'entamer son numéro dans le célèbre stade Staples Center de Los Angeles, l'endroit même où Kobe Bryant a joué des années durant pour l'équipe des Lakers.

La maîtresse de cérémonie de la soirée, Alicia Keys, a à son tour rendu hommage à la légende du basket. "Nous ressentons tous la même tristesse en ce moment", a lancé la chanteuse. "Aujourd'hui, Los Angeles, l'Amérique et le monde entier a perdu un héros, a souligné Alicia Keys, avant d'entonner une version poignante de "It's So Hard to Say Goodbye", accompagnée du groupe soul Boys II Men.

Donné ultra-favori pour l'enregistrement de l'année, le jeune rappeur Lil Nas X a dû se contenter d'une statuette pour le clip vidéo de son tube "Old Town Road" et pour le meilleur duo pop avec Billy Ray Cyrus. Ariana Grande, en lice dans cinq catégories, repart bredouille, mais avec la reconnaissance de Billie Eilish qui a affirmé sur scène que la chanteuse méritait "plus que tout au monde" le prix de l'album de l'année pour "thank u, next".

Trump reçoit Netanyahu avec un plan de paix déjà en péril

Le président Donald Trump, à la Maison Blanche, mercredi 22 janvier 2020, à Washington (AP Photo / Manuel Balce Ceneta)

Donald Trump reçoit lundi son "ami" Benjamin Netanyahu avant de présenter un plan de paix jugé "historique" par Israël mais rejeté par avance avec force par les Palestiniens.

Le locataire de la Maison Blanche, qui a confié dès son arrivée au pouvoir il y a trois ans ce dossier sensible à son gendre Jared Kushner, répète qu'il aimerait "vraiment" réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

Mais il n'a jamais expliqué jusqu'ici comment il entendait faire revenir à la table des négociations des Palestiniens qui jugent que Washington n'a plus la crédibilité nécessaire pour agir en médiateur.

Le programme, étalé sur deux jours à la Maison Blanche, s'annonce chargé.

Lundi, le président américain et le Premier ministre israélien, qui ne tarissent jamais d'éloges l'un sur l'autre, se retrouveront dans le Bureau ovale. Cette rencontre sera suivie d'un tête-à-tête entre le milliardaire républicain et Benny Gantz, chef de l'opposition israélienne.

Selon le programme diffusé par l'exécutif américain, aucun de ces rendez-vous, qui interviennent un mois avant un nouveau scrutin dans l'Etat hébreu, ne sera cependant ouvert à la presse.

Mardi, MM. Trump et Netanyahu s'exprimeront ensemble depuis la Maison Blanche.

Le Premier ministre israélien a dit s'attendre à un plan "historique" de la part de Donald Trump, qualifié de "plus grand ami qu'Israël ait jamais eu".

Du côté palestinien, le message est clair: le document que l'ex-homme d'affaires de New York a promis d'enfin présenter après de multiples reports est "déjà mort".

"Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent", a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

- Le plan "ne passera pas" -

Dimanche, Saëb Erekat, secrétaire général de l'OLP, a indiqué à l'AFP qu'il se réservait le droit de se retirer des accords d'Oslo, qui encadrent leurs relations avec Israël.

Aux termes de l'accord intérimaire dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones: A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

Cet accord intérimaire devait se terminer en 1999 mais a été depuis reconduit tacitement par les deux parties. Or, le plan de Donald Trump "va transformer l'occupation temporaire en occupation permanente", a dénoncé M. Erekat.

Le projet américain a aussi été rejeté par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l'autorité de Mahmoud Abbas.

Le plan américain "ne passera pas" et pourrait même conduire les Palestiniens à une "nouvelle phase" de leur lutte, a prévenu Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste.

Les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les détails concrets de ce projet restent l'objet de spéculations.

Selon les Palestiniens, le plan américain comprend l'annexion par Israël de la Vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie, et des colonies en Territoires palestiniens, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël.

Y aura-t-il un Etat palestinien dans la proposition américaine? Le mystère demeure. Mais Donald Trump et Jared Kushner ont refusé jusqu'ici d'utiliser le terme, rompant avec la position traditionnelle de la communauté internationale en faveur d'une solution "à deux Etats".

Bolton écrit que Trump voulait lier aide à l'Ukraine et enquête sur Biden

John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le 30 septembre 2019.

L'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton affirme dans un manuscrit que le président américain Donald Trump souhaitait geler une aide militaire à l'Ukraine jusqu'à ce que Kiev enquête sur son rival potentiel à la présidentielle, écrit dimanche le New York Times.

Les démocrates ont rapidement réagi à cet article du quotidien américain pour réclamer que M. Bolton, et d'autres personnes occupant des postes importants au sein de l'administration Trump, soient convoqués pour témoigner au procès en destitution du milliardaire en cours au Sénat. Ils souhaitent également que Mick Mulvaney, directeur de cabinet du président, témoigne.

Faisant référence à l'ouvrage non publié de M. Bolton, le NYT avance que l'ancien magnat de l'immobilier avait confié à M. Bolton son refus de verser une aide de 391 millions de dollars à l'Ukraine, tant que les autorités ukrainiennes ne l'aideraient pas en lançant une enquête sur le démocrate Joe Biden et sur son fils Hunter, qui siégeait au conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a mis le président en accusation le 18 décembre. Le Sénat, contrôlé par les républicains (53 sièges sur 100), est chargé de décider d'une éventuelle destitution au terme du procès en cours.

L'ex-homme d'affaires new-yorkais est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Deux-tiers des sénateurs sont nécessaires pour sa destitution.

Ses avocats affirment qu'il n'y a pas eu de condition au versement de l'aide, arguant que son gel était indépendant des requêtes pour une enquête sur les Biden. Mais le manuscrit de M. Bolton viendrait contredire cette défense.

Ce dernier a déjà fait savoir qu'il était prêt à témoigner s'il recevait une convocation.

Le parlementaire démocrate Adam Schiff, qui mène l'accusation au procès en destitution de Donald Trump, a souligné sur Twitter que Donald Trump "a(vait) bloqué notre demande pour le témoignage de John Bolton".

"Maintenant nous en voyons la raison: Bolton contredit directement le coeur de la défense du président", a-t-il poursuivi.

Pour la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, le refus des républicains d'entendre John Bolton ou d'autres témoins et documents est "désormais encore moins justifiable".

"Le choix est clair: notre Constitution ou une dissimulation", a-t-elle ajouté.

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