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Trump affirme avoir mis en garde la Russie contre toute ingérence, Lavrov dément

Donald Trump et Sergei Lavrov, à la Maison Blanche, le 10 décembre 2019.

L'ingérence électorale russe dans les élections américaines continue de faire obstacle au rapprochement avec Moscou voulu par Donald Trump: la Maison Blanche a affirmé mardi que le président américain avait lancé un avertissement au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui a aussitôt démenti.

Le président Trump, qui a reçu le ministre russe, "a mis en garde contre toute tentative d'ingérence de la part de la Russie dans les élections américaines", a déclaré l'exécutif américain.

Cette prise de position prend un relief particulier si l'on considère les atermoiements passés du milliardaire républicain sur cette question brûlante, malgré le consensus formel du renseignement américain qui a conclu à une ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016, qu'il a remportée.

Mais Sergueï Lavrov a nié avoir reçu directement cet avertissement de la bouche de l'ex-homme d'affaires new-yorkais.

"En fait nous n'avons même pas parlé d'élections", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'ambassade de Russie à Washington. Il a ensuite néanmoins semblé suggérer avoir évoqué avec Donald Trump une telle mise en garde émise un peu plus tôt par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

- Accusations "sans fondement" -

Alors que des soupçons de nouvelles ingérences russes dans la présidentielle américaine de 2020 émergent déjà, M. Pompeo a en effet publiquement prévenu, aux côtés de son homologue russe, que ce serait "inacceptable".

"Si la Russie ou tout autre acteur étranger prenait des mesures pour saper nos processus démocratiques, nous riposterions", a lancé le secrétaire d'Etat américain devant la presse, comme pour mieux repousser les critiques de tous ceux, nombreux au sein de la classe politique américaine, qui voient d'un mauvais oeil le tapis rouge déroulé au ministre russe.

Sergueï Lavrov a lui une nouvelle fois rejeté des accusations "sans fondement" ni "preuves".

La volonté de rapprochement exprimée par Donald Trump comme par son homologue russe Vladimir Poutine se heurte depuis trois ans à ces accusations d'ingérence russe.

En mai 2017, les photos du précédent passage de Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale, diffusées par l'agence russe d'Etat Tass, montraient un Donald Trump tout sourire. De quoi provoquer un tollé dans le camp démocrate au lendemain du limogeage par le président américain du patron du FBI James Comey -- un acte alors dénoncé comme une tentative d'entrave à l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et le Kremlin.

Comme un pied de nez à ses détracteurs, c'est dans ce même Bureau ovale que le 45e président des Etats-Unis a reçu mardi le ministre russe, à l'écart des médias.

"La dernière fois, ils ont rigolé au sujet du limogeage de Comey par Trump. Aujourd'hui, ils peuvent célébrer la victoire de la propagande russe", a commenté sur Twitter un des chefs de file du parti démocrate au Congrès, Adam Schiff.

- "Résoudre" le conflit ukrainien -

La visite de Sergueï Lavrov coïncidait avec la présentation par les démocrates de l'acte d'accusation historique contre Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès, dans une autre affaire au parfum d'ingérence électorale.

Cette fois, même s'il s'en défend avec force, le locataire de la Maison Blanche est accusé d'avoir fait pression sur l'Ukraine afin qu'elle enquête sur ses adversaires politiques démocrates à l'approche de la présidentielle américaine de 2020. Le camp trumpiste met en avant une thèse jamais étayée selon laquelle ce serait Kiev, et non Moscou, qui se serait ingérée dans le scrutin de 2016, et plutôt en faveur des démocrates.

Selon plusieurs experts, ils reprennent ainsi la propagande russe. Sergueï Lavrov a d'ailleurs réaffirmé que cette thèse démontrait "l'absurdité" des accusations visant Moscou.

Lors de son long entretien avec Mike Pompeo, les deux hommes ont bien parlé d'Ukraine... mais au sujet du processus de paix, au lendemain du sommet de Paris où Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sous l'égide de la France et de l'Allemagne, ont renoué le dialogue entre leurs pays sans réellement surmonter leurs divergences.

Selon la Maison Blanche, Donald Trump "a appelé la Russie à résoudre le conflit avec l'Ukraine". Mike Pompeo a lui insisté sur le respect des accords de Minsk de 2015, et sur le fait "que la Crimée appartenait à l'Ukraine".

Les deux ministres ont par ailleurs acté leur désaccord sur le sujet sensible du contrôle des armements.

L'Américain a réaffirmé sa volonté d'inclure la Chine dans la négociation sur les armements stratégiques nucléaires, sans se prononcer sur la proposition russe de renouveler sans attendre le traité bilatéral New Start qui expire début 2021.

Avec AFP

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Procès de Trump: l'accusation boucle l'exposé de ses griefs

Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat

Les procureurs démocrates bouclent vendredi leur présentation du dossier d'accusation contre Donald Trump au quatrième jour d'un procès en destitution au Sénat où, malgré la portée historique des débats, pointe une certaine lassitude.

Après de longues heures à la barre, les sept élus de la Chambre des représentants reprendront la parole à la mi-journée pour dérouler leurs griefs contre le président des Etats-Unis, le troisième seulement à subir une telle épreuve.

Ils céderont la place samedi à la défense, qui disposera à son tour de 24 heures sur trois jours pour demander l'acquittement immédiat du locataire de la Maison Blanche. Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 élus sur 100), il est quasi certain de gagner son procès.

Les démocrates espèrent toutefois écorner son image, alors qu'il est en pleine campagne de réélection.

"Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays", par contre il fait "ce qui est bon pour Donald Trump", a lancé le procureur en chef Adam Schiff dans une conclusion tard jeudi.

"Il doit être destitué car le bien et la vérité comptent. Sinon nous sommes perdus", a ajouté l'élu démocrate dans une envolée empreinte d'émotion.

Le leader des sénateurs démocrates Chuck Schumer a reconnu jeudi que ce discours "poignant" "s'adressait au bon sens des Américains".

- "Mensonges" -

Avant de participer au rassemblement annuel des militants anti-avortements, qui lui permet de cimenter sa base électorale, Donald Trump s'est plaint d'avoir "eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies".

"Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020", a-t-il reconnu sur Twitter, avant de se plaindre du calendrier: "mes avocats vont être obligés de commencer samedi, ce qu'on appelle la Vallée de la Mort en télé!"

L'un d'eux Jordan Sekulow fils de l'avocat personnel de Donald Trump Jay Sekulow a déclaré sur la chaîne Fox qu'ils allaient "attaquer toutes les inexactitudes" des procureurs. "On va plaider que le président était totalement dans son droit, tel que garanti par la Constitution", a-t-il ajouté.

Donald Trump se retrouve en procès parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle, et qu'il a au même moment gelé une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie.

Pour les démocrates, il a utilisé les moyens de l'Etat pour faire pression sur Kiev afin de "salir" son rival "en d'autres termes, de tricher à l'élection", selon les mots d'Adam Schiff. Et une fois "démasqué", il a gêné l'enquête du Congrès, lui reprochent-ils encore.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l'a donc mis en accusation le 18 décembre pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès". Ce second chef sera au coeur des débats vendredi.

- "Du bon boulot" -

Pour ses partisans, l'impétueux président était dans son droit en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

"Quand il s'agit de l'instance du président Trump" à demander une enquête sur les Biden, "je pense qu'il a raison", a encore déclaré vendredi l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

Fair-play, il a reconnu qu'Adam Schiff "avait fait du bon boulot", mais il lui a reproché d'avoir assuré que le président servait ses intérêts plus que ceux de l'Amérique: "cette décision revient aux électeurs".

D'autres sénateurs républicains ne se sont pas montrés aussi élégants, affichant clairement leur lassitude face à des arguments qui, de l'aveu même d'Adam Schiff, "se répètent" parfois.

Ils ont été vus haussant les épaules, ricanant ou piquant du nez pendant la présentation des démocrates. L'un d'eux a même écrit un grand "SOS" sur une feuille blanche lisible depuis la tribune réservée à la presse.

D'autres se sont régulièrement échappés dans l'antichambre de l'hémicycle, en violation des règles strictes du procès qui leur interdisent de parler, sortir de la salle d'audience, ou consulter leurs portables.

Le procès contre Trump se poursuit

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Donald Trump s'affiche avec les militants anti-avortement

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Quatrième jour du procès en destitution de Donald Trump

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Trump s'affiche avec les militants anti-avortement au cœur de Washington

Le président Donald Trump participe à une manifestation "Marche pour la vie" à Washington, D.C, le 24 janvier 2020.

Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du "National Mall", l'avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette "Marche pour la vie".

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l'enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très "pro-choice" (favorable à la possibilité de choisir l'avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus "pro-life" de l'Histoire.

La démarche est loin d'être anodine: en 47 ans d'existence, la "March for Life" n'a jamais accueilli un hôte de la Maison Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de "Susan B. Anthony List", puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable "tournant".

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous: "Nous n'avions jamais vu un président des Etats-Unis venir en personne à la Marche pour la vie". "Maintenant, c'est fait! A tout à l'heure Jeanne", a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l'artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l'ancien homme d'affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d'opposer son veto à toute législation "affaiblissant la protection de la vie humaine".

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l'arrêt emblématique de la Cour suprême "Roe v. Wade", rendu en 1973, et légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les Etats-Unis.

- Le test de la Louisiane -

A l'approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n'a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu'il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 81% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l'institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve? Remettre en cause l'arrêt "Roe v. Wade". Ou, à défaut, autoriser les Etats à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, Etat conservateur du Sud.

Le texte prévoit d'imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d'avoir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'opération.

Selon les défenseurs du droit à l'avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l'Etat. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10.000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d'évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l'arrivée du magnat de l'immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

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