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Nouvelle manifestation de masse à Lomé à l'appel de l'opposition

  • VOA Afrique

Une foule massive a de nouveau répondu à l'appel de l'opposition dans les rues de Lomé jeudi, deuxième journée de mobilisation pour réclamer une alternance politique et des réformes, après 50 ans de pouvoir de la même famille au Togo.

Les manifestants ont commencé à marcher dans le calme avec des sifflets et des drapeaux du Togo en fin de matinée, protestant contre le régime du président Faure Gnassingbé, qui a succédé il y a douze ans à son père, lui-même resté au pouvoir près de quarante ans.

D'importantes forces de sécurité ont été déployées aux carrefours stratégiques de la capitale.

"Nous allons rester dans la rue jusqu'à ce qu'il nous écoute. Nous voulons que Faure rétablisse la Constitution de 92 et qu'il s'en aille", a affirmé un manifestant, Jonas Badagbon, 29 ans, à l'AFP.

"Je connais la même famille depuis que j'ai 14 ans, libérons le Togo pour que ces enfants voient autre chose. Nous sommes fatigués. Trop c'est trop", a renchérit une autre manifestante, Agnès, 64 ans.

L'opposant historique Jean-Pierre Fabre défilait à pied au milieu du cortège, encerclé par une chaine humaine.

Début de la marche, en T-Shirt et casquette orange tenant sa tête, le chef de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre à Lomé, le 6 septembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)
Début de la marche, en T-Shirt et casquette orange tenant sa tête, le chef de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre à Lomé, le 6 septembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

"Nous n'écoutons pas assez la population. Aujourd'hui nous demandons de l'écouter et d'écouter ses souffrances", a-t-il déclaré durant la marche.

Internet toujours coupé

"Bring back our internet #Togo", réclamaient des internautes togolais sur les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, qui restaient accessibles par intermittence via wifi à Lomé.

L'organisation Internet Sans Frontières, dans un communiqué publié mercredi, a condamné "avec la plus grande fermeté cette atteinte à la liberté d'expression en ligne des citoyens togolais", demandant aux autorités "d'user des voies conformes au droit international pour assurer un équilibre entre la protection des libertés, notamment la liberté d'expression, et la préservation de l'ordre public".

Selon le directeur d'Amnesty international au Togo, Aimé Adi, joint par l'AFP, Internet et les réseaux de téléphonie mobile étaient par ailleurs totalement coupés jeudi dans plusieurs villes du nord du pays.

Le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, Gilbert Bawara, avait confirmé la veille sur plusieurs radios locales que le gouvernement se réservait le droit d'imposer des restrictions à l'accès à internet.

Mercredi, une marée humaine de partisans de l'opposition (plus de 100.000 selon Amnesty International, un million selon des opposants) ont défilé à Lomé et dans plusieurs villes du Togo pour réclamer une alternance politique et des réformes.

Avec AFP

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