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Tikpi Atchadam, l'homme qui bouscule l'échiquier politique togolais

Atchadam Tikpi, Lomé, Togo, le 25 aout 2017 (VOA/Kayi Lawson)

Les habitants de Lomé sont habitués à voir les partisans de l'opposant historique Jean-Pierre Fabre défiler dans les rues. Mais jamais l'opposition n'avait réussi à s'unir comme elle l'a fait mercredi, déclenchant une marée humaine dans la capitale togolaise et révélant une nouvelle figure de proue, Tikpi Atchadam.

Jean-Pierre Fabre, 65 ans, l'homme "infatigable" comme on l'appelle au Togo, qui bat le pavé depuis des années, a toujours été montré du doigt par le pouvoir en place comme un homme "du Sud".

Début de la marche, en T-Shirt et casquette orange tenant sa tête, le chef de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre à Lomé, le 6 septembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)
Début de la marche, en T-Shirt et casquette orange tenant sa tête, le chef de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre à Lomé, le 6 septembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Celui qui amplifie aujourd'hui son mouvement, Tipki Atchadam, chef de file du Parti National Panafricain (PNP), ne pouvait donc venir que du Nord, tout comme le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, qui a succédé à son père après 38 ans de règne sans partage.

Les représentants du Nord se sont toujours traditionnellement rangés derrière le pouvoir, explique à l'AFP Farida Nabourema, activiste togolaise, auteure d'un essai, La Pression de l'oppression.

"On a toujours donné l'impression au Togo que ce sont les gens du Nord qui gouvernent et pourtant le Nord a toujours été négligé en terme d'infrastructures et d'investissements-", poursuit-elle. "L'opposition se devait de se mettre ensemble pour éliminer l'alibi ethnique."

A 50 ans, Tikpi Atchadam, le visage recouvert de scarifications ethniques du Nord, a réussi à bousculer un échiquier politique quasiment sclérosé après des années de lutte interminable, de dialogue stérile avec le pouvoir et d'attente pour réformer la Constitution.

"Ne regardez pas mes balafres", glisse-t-il à l'AFP en recevant dans la cour de sa maison. Il connaît les critiques qui veulent faire de lui un représentant de la minorité musulmane qui ne parle qu'à son groupe, les Tem. "Ecoutez plutôt ce que j'ai à dire."

Mercredi, à l'issue de la manifestation monstre contre le pouvoir, l'homme avait la parole claire et savait haranguer les foules.

Le leader du PNP n'est pas novice du système. Il quitte en 2007 le Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR), où il a débuté très jeune en politique, lorsque son chef se rapproche du pouvoir, puis se retire de la scène publique pour réfléchir à son retour dans l'opposition.

Le PNP a été créé en 2014, n'a aucune représentation au Parlement togolais et Tikpi Atchadam n'a jamais participé à aucun scrutin présidentiel.

Il a construit sa base populaire dans sa ville, Sokodé, et sa base financière et diplomatique au sein de la diaspora togolaise, particulièrement importante en Allemagne.

Son arrivée fulgurante dans le jeu politique, fin 2016, et le succès de ses manifestations du 19 août dernier, ont été un coup de semonce pour le pouvoir.

Mais il est devenu une véritable menace lorsqu'il a demandé du soutien à Jean-Pierre Fabre, le pilier historique de l'opposition, plutôt que de jouer seul, de son audience nordiste.

'Marchez!'

La journée de manifestation du PNP du 19 août, où deux manifestants ont été tués à Sokodé, à 300 kilomètres de Lomé, a sans aucun doute été un marqueur dans les esprits.

Jean-Pierre Fabre avait lui aussi besoin d'un nouveau souffle.

La journée "ville morte", fin août, à l'appel de plusieurs partis d'opposition, dont l'ANC (Alliance Nationale pour le Changement de Jean-Pierre Fabre) et le PNP, pour célébrer leur mémoire a déjà été une petite victoire mutuelle.

Mais si tout le monde s'attendait à une grande affluence aux manifestations du 6 septembre, personne n'aurait imaginé voir défiler des centaines de milliers de personnes (plus de 100.000 selon Amnesty International, un million selon l'opposition) à Lomé et des milliers d'autres dans les villes secondaires du Togo.

Les dizaines d'arrestations et les condamnations de 15 personnes - dont le secrétaire général du PNP - à de la prison ferme pour "rébellion, dégradation, violences volontaires ou voies de fait" après les manifestations d'août ne semble pas faire peur au charismatique Atchadam.

"Marchez! C'est vous qui allez libérer le régime", a-t-il lancé mercredi à une foule impressionnante, pour lui donner rendez-vous le lendemain. "Vous avez toujours demandé l'unité de l'opposition, elle est là. Du plus jeune, au plus vieux, on est là."

M. Atchadam a adressé son discours dans des baskets confortables, tout comme son désormais partenaire Jean-Pierre Fabre, qui attendait son tour pour s'adresser à ses supporters en colère contre "50 ans de Gnassingbé".

Assis en tailleur dans la poussière et sous une chaleur de plomb, les partisans de l'ANC restent clairs: "'Tikpi' est là, nous le soutenons, mais Fabre reste notre président", souffle l'un d'eux.

Interrogé sur son programme politique, M. Atchadam reste flou, assurant qu'il le dévoilera "en temps voulu".

"Pour l'instant, la priorité est notre unité d'action. Demain, lorsque la démocratie sera installée, chaque parti jouera sa carte", promet-il.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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