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L'inflation accélère aux Etats-Unis

Wall Street, le 8 février 2018

L'inflation a confirmé son retour aux Etats-Unis en janvier, affichant son rythme le plus rapide en quatre mois, ce qui a immédiatement relancé la volatilité à Wall Street.

Une résurgence de l'inflation pourrait encourager la Banque centrale américaine (Fed) à relever plus rapidement ses taux d'intérêt susceptibles de plomber les prix des actions, de tendre le marché obligataire et de faire remonter le billet vert.

Jusqu'ici, la Fed prévoit cette année trois modestes relèvements des taux d'intérêt au jour le jour comme en 2017.

Selon les chiffres du ministère du Travail, l'indice des prix à la consommation CPI a avancé de 0,5% par rapport à décembre en données corrigées des variations saisonnières. C'est sa plus forte augmentation depuis septembre.

Sur un an, l'indice a progressé de 2,1%, un chiffre légèrement supérieur, comme en décembre, à la cible de 2% la Fed.

La Banque centrale prend toutefois davantage en compte l'autre indice PCE basé sur les dépenses réelles des consommateurs, dont l'évolution est généralement plus faible que celle du CPI.

Après la publication de ces chiffres, Wall Street a ouvert en baisse, l'indice vedette DJIA perdant environ 0,4% en début de séance alors que les principaux indices boursiers européens s'affichaient également en recul. Le Dow Jones s'est ensuite repris en milieu de matinée pour s'inscrire modestement dans le vert.

"Alors que le risque d'une inflation plus forte commence à émerger, le rêve d'une hausse éternelle du marché boursier a pris du plomb dans l'aile", a résumé Jason Schenker, de Prestige economics. "Espérons que l'économie peut encaisser ces nouveaux accès de volatilité", a ajouté cet économiste.

Les Bourses mondiales ont subi la semaine dernière des fortes baisses après la publication de chiffres montrant une hausse des salaires aux Etats-Unis ce qui avait attisé les craintes d'une accélération de l'inflation.

- Alimentation, vêtements, loyers en hausse -

Le secteur de l'énergie a affiché en janvier une hausse des prix de 3% dont 5,7% pour l'essence. Les prix alimentaires ont accéléré de 0,5%, leur plus forte avancée depuis septembre. Ceux des vêtements, dopés par un mois de janvier froid dans l'Est du pays, ont grimpé de 1,7%, du jamais vu depuis février 1990.

Les loyers ont poursuivi leur hausse (+0,2%) en janvier.

"Une inflation plus soutenue est déjà là et la Fed va être obligée d'y répondre", a réagi Michael Pearce, de Capital Economics, prédisant désormais quatre hausses des taux, la première intervenant dès la réunion monétaire des 20 et 21 mars.

La veille de la publication de ces chiffres et après que la Bourse américaine a connu sa pire semaine depuis deux ans, le nouveau président de la Fed, Jerome Powell a évité de faire des vagues dans une déclaration lors d'une cérémonie de prestation de serment.

"Nous sommes en train de normaliser graduellement notre politique" monétaire, a-t-il dit répétant le principe de hausses progressives prôné par sa prédécesseure Janet Yellen, non reconduite par Donald Trump.

L'ancien banquier, qui a déjà passé 5 ans à la Fed, a assuré que la Banque centrale resterait "vigilante face à tout risque qui pourrait menacer la stabilité financière".

La remontée des chiffres de l'inflation, même si elle agite les marchés, n'est pas vraiment une surprise.

L'inflation a été muette pendant des années au point que les économistes se sont demandés si un changement structurel dans l'économie expliquait ce silence. Mais Janet Yellen a toujours estimé que ce n'était que temporaire.

Au chiffre de l'inflation, s'est ajouté mercredi celui décevant des ventes au détail (-0,3%). A la surprise des analystes, les consommateurs américains ont été frileux en janvier.

Le chiffre de décembre, traditionnellement fort du fait des ventes de fin d'année, a aussi été mauvais avec des ventes stagnantes alors qu'elles étaient censées progresser de 0,4%, selon la précédente estimation.

"Ce sont clairement des chiffres épouvantables", a estimé Chris Low, économiste pour FTN Financial.

La clé résidera dans l'accélération du pouvoir d'achat des Américains. "Pour maintenir une demande solide, les ménages ont besoin de revenus à dépenser. Et ils n'en ont pas", a relevé Joel Naroff, économiste indépendant.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a, lui, assuré mercredi devant le Congrès que "les salaires allaient augmenter dans les mois à venir" et que les Américains allaient "sentir l'effet des baisses d'impôts".

Avec AFP

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Trump rejette la menace d'une destitution, les démocrates débattent

Le président américain, Donald Trump, à la maison blanche, le lundi 22 avril 2019. REUTERS/Al Drago

Sûr de lui, le président américain Donald Trump affirme que le Congrès n'est "pas en mesure" de le destituer, un débat qui divise les démocrates après la publication du rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Est-il inquiet face à la menace d'une procédure de destitution? "Pas du tout", a répondu lundi le républicain aux journalistes à la Maison Blanche.

"Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", avait-il affirmé plus tôt sur Twitter. "Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction), donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".

Pourtant, l'idée fait son chemin chez les démocrates avec trois candidats à la Maison Blanche désormais favorables à une destitution, même si les chefs du parti et le premier dans les sondages, Bernie Sanders, repoussent encore cette éventualité potentiellement explosive.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport, publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne du républicain et Moscou.

Mais si M. Trump s'estime depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, M. Mueller ayant montré que le président avait essayé de torpiller son enquête.

Les démocrates affirment qu'avec son rapport long de plus de 440 pages, le discret procureur spécial Robert Mueller leur a en fait laissé une feuille de route afin qu'ils poursuivent l'enquête au Congrès.

Mais si tous sont d'accord sur ce point, les opinions divergent autour de la possibilité de lancer contre Donald Trump une procédure de destitution, appelée "impeachment" aux Etats-Unis.

- Démocrates divisés -

Promettant d'agir face aux actes "sans scrupules" du milliardaire, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs de ceux qui souhaiteraient lancer une telle procédure.

Il est "important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", a-t-elle pris soin de souligner dans une lettre aux élus démocrates de la Chambre.

Sa voix a un énorme poids: c'est à la Chambre, où les démocrates détiennent la majorité, que reviendrait de lancer le mécanisme en vue d'une destitution.

Mais c'est ensuite au Sénat, contrôlé par des républicains qui restent en grande majorité farouchement fidèles au président Trump, que se déroulerait le procès.

En l'état, il y a donc très peu de chances pour qu'une procédure de destitution aboutisse.

Mieux vaut donc que les électeurs se prononcent contre Donald Trump dans les urnes en novembre 2020, après une campagne portant avant tout sur les grands sujets qui les préoccupent, comme la santé, affirment les chefs démocrates.

Se disant "réaliste" sur cette situation, la sénatrice et candidate démocrate à la Maison Blanche Kamala Harris a pourtant annoncé lundi soir qu'elle soutenait la voie de la destitution, sur CNN.

Elle rejoint la sénatrice progressiste Elizabeth Warren qui, la première parmi les candidats, s'y était déclarée favorable dès vendredi.

Le petit candidat et ex-ministre Julian Castro soutient également cette voie.

Mais le sénateur Bernie Sanders, qui arrive en tête des sondages parmi les 19 candidats démocrates déclarés, a lui repoussé cette option lundi soir. "Au final, ce qui m'importe le plus c'est que Donald Trump ne soit pas réélu président", a-t-il expliqué sur CNN.

"Et si pendant toute l'année prochaine la seule chose dont le Congrès parle c'est +Trump Trump Trump et Mueller Mueller Mueller+ et nous ne parlons pas (...) des sujets qui concernent les citoyens ordinaires, j'ai peur que cela ne joue à l'avantage de Trump", a-t-il ajouté.

D'autres candidats démocrates ont esquivé le débat, ou affirmé, comme lui, préférer que la Chambre mène son enquête hors du cadre d'une procédure de destitution.

L'opposition n'a en tout cas pas attendu les conclusions du rapport Mueller pour multiplier les enquêtes parlementaires contre le président républicain.

Le président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre, Jerry Nadler, a ainsi annoncé lundi vouloir entendre publiquement Don McGahn, ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, "un témoin clé des nombreux cas présumés d'entrave à la justice".

Avec AFP

La chef des démocrates repousse l'idée d'une destitution de Trump

La démocrate Nancy Pelosi donne un discours pour la journée sans femmes à Washington D.C., le 8 mars 2017.

La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs des élus favorables à une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump après les conclusions de l'enquête russe, mettant en garde contre toute action qui pourrait apparaître trop partisane.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu, dans son rapport publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente lors de la présidentielle américaine de 2016 entre l'équipe du républicain et Moscou.

Mais, si M. Trump se proclame depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a ainsi montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

Depuis, le débat agite les démocrates : ces conclusions justifient-elles d'ouvrir une procédure de destitution, appelée en anglais "impeachment", contre le président républicain ? Oui, affirment plusieurs parlementaires de l'aile gauche du parti, dont la sénatrice et candidate à l'élection présidentielle Elizabeth Warren.

Pour débattre de la marche à suivre, Nancy Pelosi devait organiser, à 17H00 (21H00 GMT), une conférence téléphonique avec les élus démocrates de la Chambre des représentants, où ils contrôlent la majorité.

C'est la Chambre qui serait chargée de voter une mise en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution, puis il reviendrait au Sénat, à majorité républicaine, de faire le procès de Donald Trump.

Présidente de la Chambre, Mme Pelosi dénonce le comportement "sans scrupules" du président, dans une lettre adressée lundi aux parlementaires démocrates.

"Bien que nos opinions varient entre l'opportunité d'enquêter sur les conclusions du rapport Mueller ou de procéder directement à la destitution, nous sommes tous fermement d'accord sur le fait que nous devions avancer pour découvrir la vérité", précise-t-elle.

"Il est également important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", prend-elle soin de souligner.

Elle conclut que "nous devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits".

Les chefs démocrates craignent en effet de brouiller leur message électoral à l'horizon des élections présidentielles et parlementaires de 2020 avec une procédure explosive de destitution qui serait vouée à l'échec avec un Sénat républicain.

Donald Trump lui, en est convaincu : les démocrates n'ont aucune raison pour le destituer.

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