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La chute des marchés n'est pas encore un danger pour la croissance aux Etats-Unis

Wall Street , le 7 février 2018.

La chute de Wall Street et la volatilité en cours sur les marchés financiers ne semblent pas jusqu'ici présenter de danger pour la croissance américaine selon de nombreux économistes, qui saluent même parfois les bienfaits de ce délestage.

"Ce n'était pas une secousse aussi forte que cela", a déclaré, en se voulant rassurant, le patron de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, mercredi. La correction des marchés n'a "virtuellement aucune conséquence pour les perspectives économiques" vu la montée des prix des actions depuis des mois, a-t-il assuré.

L'indice Dow Jones a connu un lundi noir, perdant en début de semaine 4,60%, sa plus forte chute depuis juin 2016, et entraînant les bourses mondiales dans son sillage.

Il a rebondi mardi pour terminer mercredi légèrement dans le rouge. Mais, comme le relève le banquier central de New York, le marché boursier "reste encore très haut par rapport à ce qu'il était il y a un an".

Une forte correction du prix des actions peut néanmoins faire peur.

Selon les économistes d'Oxford Economics, une chute de 10% en moyenne du prix des actions sur les marchés mondiaux, ôterait, sur deux ans, 0,3 point de croissance au Produit intérieur brut des pays du G7.

Les retombées seraient inquiétantes pour la confiance des consommateurs comme celles des entreprises. L'effet "richesse" des plans de retraite des Américains placés en bourse a en effet fortement dopé les dépenses de consommation qui sont la locomotive de la croissance américaine.

Avec une poussée de 37% depuis l'élection de Donald Trump, même après la correction de cette semaine, l'indice Dow Jones fait miroiter des retraites de millionnaires à plus d'un baby-boomer.

Le président républicain, qui avait mercredi dernier revendiqué les records de Wall Street, est sorti de son silence mercredi.

Pour lui le dévissage de la bourse américaine, provoqué par la crainte d'une résurgence de l'inflation vu les premiers signes d'augmentation de salaires, est "une grosse erreur". "Par le passé, quand de bonnes nouvelles étaient annoncées, le marché des actions montait. Aujourd'hui, quand de bonnes nouvelles sont annoncées, le marché recule. Grosse erreur, on a tellement de bonnes (excellentes) nouvelles sur l'économie!", a-t-il affirmé.

Dans sa neuvième année de reprise, la première économie mondiale a affiché 2,6% de croissance en rythme annuel au 4e trimestre 2017. Donald Trump assure que l'expansion peut accélérer au-delà de 3% cette année même si la Fed, souvent conservatrice en la matière, projette 2,5% de croissance.

- Quelle voie pour la Fed ? -

Mais la question qui agite les économistes est aussi de savoir si le faux pas de Wall Street ne va pas modifier les intentions de la banque centrale américaine (Fed), qui entend relever ses taux d'intérêt par trois fois au moins cette année, pour éviter une surchauffe.

En 2016, lorsque la Chine avait marqué des signes d'essoufflement de sa croissance et que la planète financière s'inquiétait du vote du Brexit, les marchés avaient dévissé et la Fed avait mis ses projets de hausses des taux sous l'éteignoir.

Sa première hausse des taux de l'année n'était finalement intervenue qu'en décembre alors qu'au début de 2016, la banque centrale envisageait trois hausses des taux avant de réviser ses projections à la baisse.

"La Fed réagit-elle au marché des actions ? Oui, même si elle ne veut pas l'admettre ouvertement", affirme à l'AFP Anna Cieslak, professeure d'économie à l'université Duke et qui a fait une étude sur ce sujet.

"Les faits suggèrent que par le passé la Fed a répondu aux chocs négatifs de la Bourse en émettant de façon inattendue des commentaires positifs qui ont rassuré les marchés", note encore l'économiste.

William Dudley de la Fed de New York n'a pas agi différemment mercredi en assurant que si ce lundi noir était "une grosse histoire pour la presse et pour les acteurs financiers", il ne l'était pas "pour les banquiers centraux". Les contrats à terme montraient mercredi que les acteurs financiers, un temps déstabilisés dans leurs prévisions de hausses des taux lundi, croient de nouveau à 77% à une première hausse des taux en mars.

"Cela dit, si le marché boursier était descendu précipitamment pour rester à ce niveau, alors, cela aurait pu altérer les perspectives économiques et mon opinion sur les conséquences en terme de politique monétaire", a averti M. Dudley.

Pour les économistes de Capital Economics, le plongeon des prix des actions "n'est peut-être rien de plus qu'une saine correction".

Avec AFP

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La chef des démocrates repousse l'idée d'une destitution de Trump

La démocrate Nancy Pelosi donne un discours pour la journée sans femmes à Washington D.C., le 8 mars 2017.

La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs des élus favorables à une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump après les conclusions de l'enquête russe, mettant en garde contre toute action qui pourrait apparaître trop partisane.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu, dans son rapport publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente lors de la présidentielle américaine de 2016 entre l'équipe du républicain et Moscou.

Mais, si M. Trump se proclame depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a ainsi montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

Depuis, le débat agite les démocrates : ces conclusions justifient-elles d'ouvrir une procédure de destitution, appelée en anglais "impeachment", contre le président républicain ? Oui, affirment plusieurs parlementaires de l'aile gauche du parti, dont la sénatrice et candidate à l'élection présidentielle Elizabeth Warren.

Pour débattre de la marche à suivre, Nancy Pelosi devait organiser, à 17H00 (21H00 GMT), une conférence téléphonique avec les élus démocrates de la Chambre des représentants, où ils contrôlent la majorité.

C'est la Chambre qui serait chargée de voter une mise en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution, puis il reviendrait au Sénat, à majorité républicaine, de faire le procès de Donald Trump.

Présidente de la Chambre, Mme Pelosi dénonce le comportement "sans scrupules" du président, dans une lettre adressée lundi aux parlementaires démocrates.

"Bien que nos opinions varient entre l'opportunité d'enquêter sur les conclusions du rapport Mueller ou de procéder directement à la destitution, nous sommes tous fermement d'accord sur le fait que nous devions avancer pour découvrir la vérité", précise-t-elle.

"Il est également important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", prend-elle soin de souligner.

Elle conclut que "nous devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits".

Les chefs démocrates craignent en effet de brouiller leur message électoral à l'horizon des élections présidentielles et parlementaires de 2020 avec une procédure explosive de destitution qui serait vouée à l'échec avec un Sénat républicain.

Donald Trump lui, en est convaincu : les démocrates n'ont aucune raison pour le destituer.

Trump assure que le Congrès "n'est pas en mesure" de le destituer

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Donald Trump à l’occasion de sa commémoration du Jour de l’armistice, cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, à l’Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018.

Le président américain Donald Trump a assuré lundi que le Congrès n'était "pas en mesure" de le destituer, une hypothèse avancée par des élus démocrates se fondant sur le rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

"Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", a écrit Donald Trump sur Twitter.

"Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction) donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, dans son rapport publié jeudi.

Mais, si M. Trump a crié victoire, s'estimant totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a notamment montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, candidate à la Maison Blanche, a appelé vendredi à lancer une procédure de destitution visant le président pour entrave à la justice, un délit qu'elle estime prouver par le rapport du procureur spécial Robert Mueller.

D'autres démocrates, estimant cette bataille perdue d'avance, sont réticents. Ils redoutent d'en payer le prix dans les urnes à l'élection présidentielle 2020.

Selon la majorité des experts en droit constitutionnel, l'hypothèse d'une destitution de M. Trump reste une éventualité très lointaine en l'état actuel des choses.

Cette procédure de mise en accusation, connue en anglais sous le nom d'"impeachment", prend la forme d'un procès devant le corps législatif. Or le Sénat américain a conservé sa majorité républicaine aux élections parlementaires de novembre.

Destituer Trump? Le dilemme des démocrates

De la gauche vers la droite, les députées democrates Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib, à Capitol Hill à Washington, le 26 février 2019.

Les démocrates américains restaient divisés dimanche sur les risques politiques d'une procédure de destitution du président Donald Trump pour entrave à la justice, un délit qu'ils estiment prouvé par le rapport du procureur spécial Robert Mueller.

Mais, dans l'optique de la réélection en 2020, le camp républicain et le président profitaient du fait que Robert Mueller n'avait lui-même pas recommandé de poursuites pénales pour serrer les rangs et tenter de tourner la page russe.

"C'est une décision très difficile", a dit dimanche le démocrate Adam Schiff, chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès que les démocrates contrôlent depuis janvier.

"Peut-être que nous irons jusque-là, peut-être pas", a dit le président de cette commission qui serait chargée de lancer les hostilités, Jerry Nadler. D'abord, il faut "évaluer toutes les preuves", a-t-il dit sur NBC.

Selon la Constitution, la procédure d'"impeachment" commence à la Chambre: ses élus peuvent voter une mise en accusation, auquel cas il reviendrait au Sénat de juger le président afin de le destituer ou de l'acquitter. Mais le Sénat est à majorité républicaine...

"Il est certain qu'une destitution échouerait si le parti républicain continuait à faire passer le parti avant le pays et à soutenir le président quels que soient ses manquements éthiques et sa malhonnêteté", a reconnu Adam Schiff.

A quoi bon plonger le pays dans une bataille perdue d'avance, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle? s'interrogent de nombreux démocrates.

A ce jour, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate aux primaires présidentielles, est la principale figure démocrate à avoir appelé au lancement de cette procédure, mais elle est isolée. Un seul des 17 autres candidats, Julian Castro, l'a aussi fait.

Le sénateur Cory Booker, par exemple, a dit dimanche que l'heure n'était pas venue, et qu'il voulait d'abord avoir entendu Robert Mueller en audition parlementaire. Les autres évitaient le sujet.

- Moral? -

Le rapport Mueller est un extraordinaire document, élaboré grâce à plus de 2.800 requêtes judiciaires de documents, plus de 500 mandats de perquisition et environ 500 témoins interrogés, dont de nombreux membres de l'entourage du président (Donald Trump n'a répondu aux questions des enquêteurs que par écrit).

Le grand paradoxe est que le procureur Mueller détaille sur des dizaines de pages dix tentatives d'entrave à ses investigations, dont quantité de mensonges et de manigances pour induire en erreur la presse et le grand public... Mais il n'a pas recommandé de poursuites, puisqu'un président en exercice ne peut être inculpé, laissant donc au Congrès la responsabilité de tirer les conclusions du rapport.

"Quand est-ce que Mueller est devenu Dieu?" a demandé sur Fox News l'avocat du président, Rudy Giuliani, qui a fait une tournée de victoire dans plusieurs émissions politiques dominicales.

Comme lui, le camp Trump effectue une analyse sélective du rapport Mueller. Il rejette d'une part comme fantaisistes les multiples éléments à charge découverts par les enquêteurs, mais fait valoir d'autre part que le procureur spécial n'a pas conclu qu'un délit avait été commis.

L'unité républicaine n'est toutefois pas totale. Le sénateur Mitt Romney, critique régulier de Donald Trump, s'est dit vendredi "écoeuré par l'étendue et l'ampleur de la malhonnêteté et des errements d'individus occupant la plus haute fonction du pays, y compris le président".

L'ancien candidat à la Maison Blanche faisait notamment référence au fait que l'entourage du président, dont l'un de ses fils, ait accepté de rencontrer des Russes disant disposer d'informations compromettantes sur Hillary Clinton.

"Il n'y a rien de mal à recevoir des informations des Russes. Cela dépend d'où elles viennent", a dit Rudy Giuliani sur CNN. "Il n'y pas de délit".

Mais est-ce moral?, lui a demandé le journaliste.

"Les procureurs ne s'intéressent pas à la moralité", a répondu l'avocat, ancien maire de New York.

Une conseillère du président, Kellyanne Conway, affichait le même pragmatisme: "Les gens se souviendront de cette semaine comme de celle où il a été réélu", a-t-elle affirmé sur ABC.

Avec AFP

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