Liens d'accessibilité

Incertitudes autour de l'audience de la Cour suprême sur le recours de Jammeh en Gambie


Le président Yahya Jammeh lors de l’élection présidentielle à Banjul, Gambie, 1er décembre 2016.

De nombreuses incertitudes planaient toujours vendredi sur l'audience de la Cour suprême gambienne du 10 janvier pour statuer sur le recours du parti du président Yahya Jammeh contre sa défaite électorale, a-t-on appris de sources judiciaires concordantes.

Le débat porte à la fois sur la désignation par M. Jammeh des juges manquants à la Cour suprême, qui n'a plus siégé depuis plus de 18 mois, et sur le caractère suspensif du recours, alors qu'il est censé céder le pouvoir le 19 janvier à l'opposant Adama Barrow, proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 1er décembre.

Des juges étaient attendus dans les prochaines heures en Gambie, petit Etat de moins de deux millions d'habitants qui fait souvent appel à des magistrats d'autres pays anglophones, notamment en provenance du Nigeria, a-t-on appris de sources judiciaires.

Mais aucun des juges nigérians pressentis n'a encore officiellement accepté de siéger à la Cour suprême gambienne, présidée par l'un des leurs, Emmanuel Fagbenle, alors que le chef de l'Etat nigérian Muhammadu Buhari, principal médiateur pour résoudre cette crise électorale, a exhorté Yahya Jammeh à céder le pouvoir.

"Des noms ont été présentés au Conseil national de la magistrature (nigérian) et approuvés, autour d'octobre, mais je ne sais pas si quiconque a accepté ou non", a déclaré vendredi le président de l'Ordre des avocats nigérians Abubakar Mahjmoud, joint par l'AFP à partir de Lagos.

Un autre juriste nigérian renommé, Joseph Daudu, ancien président de l'Ordre des avocats, a estimé qu'il serait "bête d'accepter pareille mission", sans au minimum s'assurer que M. Jammeh "quitte le pouvoir pendant que la procédure judiciaire se poursuit".

Bravant les pressions internationales, Yahya Jammeh, qui dirige la Gambie d'une main de fer depuis 22 ans, a assuré le 20 décembre qu'il ne s'effacerait pas le 19 janvier, à moins que la Cour suprême n'ait tranché d'ici là.

"Le précédent juridique en Gambie est que le président élu est toujours investi pendant que le recours est examiné, ce qui prend des mois, voire des années", a affirmé à l'AFP le juriste gambien Aziz Bensouda, citant l'exemple des précédentes contestations par le principal opposant, Ousainou Darboe, des élections successives de Yahya Jammeh.

"L'ajournement semble l'issue la plus probable" de l'audience du 10 janvier, a-t-il estimé.

L'avocat de M. Jammeh, Me Edward Gomez, a assuré à l'AFP que "les juges à la Cour suprême ont été désignés", mais a reconnu ne pouvoir confirmer leur présence effective dans le pays.

Outre la plainte du parti au pouvoir le 13 décembre, deux autres ont été déposées cette semaine devant la Cour suprême, dont une émanant de Yahya Jammeh lui-même.

Avec AFP

Votre avis

Voir les commentaires

XS
SM
MD
LG