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Human Rights Watch appelle à la fin de l'impunité après un nombre record d'atrocités

Dioncounda Traoré, Haut représentant du Président de la République pour les régions du centre, et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)

Human Rights Watch a appelé lundi le gouvernement malien à mettre fin à la quasi impunité des groupes armés islamistes et d'autodéfense communautaires, responsables l'an dernier d'un nombre record d'atrocités qui ont coûté la vie à plus de 450 civils dans le centre du Mali selon l'ONG.

"Combien de sang doit encore couler?", s'interroge l'organisation de défense des droits humains dans un rapport fondé sur des interviews avec près de 150 victimes et témoins d'exactions, des leaders des communautés peule et dogon, des responsables des services sécuritaires et judiciaires et des experts.

"A travers la région centrale du Mali, des groupes armés tuent, mutilent et terrorisent des communautés, apparemment sans craindre de devoir rendre des comptes", a déclaré Corinne Dufka, directrice de Human Rights Watch pour l'Afrique de l'Ouest, citée dans un communiqué. "Le bilan humain en vies détruites s'alourdit à mesure que se répètent les cycles mortels de violence et de vengeance", a-t-elle ajouté.

Depuis leur apparition dans le nord du Mali en 2012, les violences djihadistes se sont propagées vers le centre du pays et au Burkina et au Niger voisins, malgré la présence des forces françaises, régionales ou de l'Onu.

Des attaques de grande ampleur visent régulièrement des camps de l'armée malienne, où les victimes se comptent souvent par dizaines, provoquant des réactions d'incrédulité et de colère au sein d'une population qui ne voit pas venir la fin du conflit, ainsi qu'un rejet croissant des interventions étrangères.

Après l'apparition en 2015 du groupe du prédicateur radical Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi des Peuls, généralement des éleveurs, les affrontements se sont en outre multipliés entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l'agriculture. Ces dernières ont créé des groupes d'autodéfense en s'appuyant sur les chasseurs traditionnels dozos.

- Accélérer les poursuites -

Comme l'AFP l'a rapporté au fil des mois, le rapport de HRW fait état en 2019 d'exécutions de villageois forcés de descendre de leur véhicule en raison de leur appartenance ethnique, de civils brûlés vifs dans leurs maisons ou encore tués par des engins explosifs improvisés, qui frappent également les militaires maliens et étrangers. Ces violences se poursuivent en 2020.

"Au moins 456 civils ont été tués, et des centaines d'autres blessés" dans le centre du Mali, "épicentre" de la violence, ce qui fait de 2019 "l'année la plus mortelle pour les civils depuis le début de la crise politique et militaire dans ce pays en 2012", selon le rapport de 97 pages.

Human Rights Watch fustige la quasi impunité dont jouissent les responsables des différents groupes armés, estimant que "les autorités maliennes devraient de toute urgence accélérer les enquêtes et les poursuites".

Si les tribunaux ont ouvert l'an dernier plusieurs enquêtes et condamné "environ 45 personnes au motif d'incidents moins graves de violences communautaires", "les autoritaires judiciaires n'ont toujours pas interrogé, et encore moins poursuivi en justice, les puissants leaders de groupes armés impliqués dans de nombreux massacres".

"Les groupes armés tuent, mutilent et terrorisent des communautés, apparemment sans craindre de devoir rendre des comptes. L'échec du gouvernement malien à punir les groupes armés, tous bords confondus, encourage ces derniers à commettre d'autres atrocités", affirme Mme Dufka.

Avec AFP

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Neuf soldats tués et des dizaines blessés dans le centre du Mali

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Neuf militaires maliens tués dans le centre du pays

Un engin blindé est garé devant la base militaire française à l'aéroport malien de Gao, le 9 mars 2013.

Au moins neuf militaires maliens ont été tués jeudi soir dans une attaque contre la gendarmerie dans le centre du Mali, où sévissent des groupes jihadistes, a indiqué vendredi une source militaire, alors que de premiers bilans faisaient état de huit gendarmes tués.

"Le nouveau bilan est de neuf morts dans nos rangs", a dit à l'AFP cette source militaire ayant requis l'anonymat.

Une source militaire avait indiqué auparavant qu'il y avait "eu une attaque contre le détachement de la gendarmerie de Bandiagara par les individus armés non identifiés" entre 21H00 et 22H00 jeudi. "Le bilan provisoire est de huit morts et neuf blessés, dont cinq graves", avait-elle précisé.

L'attaque a visé un petit bâtiment abritant l'escadron de la gendarmerie à la sortie de la ville, sur la route de Bankass, selon cette source. Un autre responsable sécuritaire a pour sa part évoqué une attaque "simultanée" contre trois positions de la gendarmerie à Bandiagara.

"Les coups de feu ont duré (une partie) de la nuit", a déclaré à l'AFP un élu de Bandiagara.

Selon le porte-parole d'un collectif d'associations du pays dogon, Adama Dionko, "les échanges de tirs ont duré parce que les assaillants étaient en nombre important". Il a aussi évoqué des "dégâts matériels considérables".

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions, indépendantiste puis jihadiste, dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale et l'intervention de forces de l'ONU, africaines et françaises.

Les violences se sont propagées vers le centre du pays, qui en est devenu un des principaux foyers, et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les groupes armés apparus en 2015 dans le centre du Mali ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs et entre ethnies peul, bambara et dogon. Ils attaquent tout ce qui reste de représentation de l'Etat et fomentent ou attisent ces tensions. Des "groupes d'autodéfense" communautaires sont également accusés d'exactions.

L'ONU accuse des Maliens d'avoir violé ses sanctions

Cérémonie de signature du cessez-le-feu entre l'ex-rébellion à dominante touareg dans le nord du Mali et les groupes armés soutenant le gouvernement à Bamako, Mali, 20 septembre 2017. (Facebppk/Azawad)

Des sanctions individuelles imposées par l'ONU à des Maliens accusés d'entraver le processus de paix au Mali ont fait l'objet de violations en 2020, indiquent dans un rapport publié jeudi les experts indépendants chargés de leur application, en regrettant des entraves onusiennes à leur travail.

"Le groupe d'experts a reçu des informations selon lesquelles des personnes inscrites sur la liste relative aux sanctions imposées par la résolution 2374 auraient continué de se déplacer pendant la période considérée, en violation de l'interdiction de voyager", indique leur document.

Les experts évoquent notamment un voyage en octobre en Mauritanie de Mohamed Ould Mataly, qui figure parmi les personnes sanctionnées par l'ONU. Ils précisent avoir rappelé aux autorités mauritaniennes qu'elles sont tenues de demander une dérogation avant d'accepter de telles personnes sur leur sol.

Le groupe d'experts a aussi demandé des éclaircissements aux autorités maliennes sur des fonds versés par l'Etat malien à huit personnes, frappées de gels d'avoirs suite à leur inscription sur la liste des sanctions, qui "sont restés sans réponse".

Le rapport cite notamment le cas de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, secrétaire général de la Coalition du peuple de l'Azawad, qui a été nommé membre du Conseil national de transition au Mali début décembre. Ce responsable avait été placé sur la liste de sanctions de l'ONU en décembre 2018 pour avoir pris des mesures faisant obstacle à la mise en oeuvre de l'accord de paix au Mali de 2015.

Les experts disent par ailleurs regretter les obstacles qui ont été opposés à leur travail par l'ONU. Depuis leur nomination en octobre 2020, ils indiquent n'avoir pas été en mesure de se rendre au Mali ni ailleurs.

En particulier, ils précisent n'avoir pu se rendre dans plusieurs capitales européennes "en raison de (leur) nomination tardive par le secrétaire général" de l'ONU, Antonio Guterres. Ils ajoutent que la mission de paix onusienne Minusma "a refusé" aux experts de réduire de 14 à 7 jours la quarantaine qu'elle s'est imposée elle-même au Mali ou de leur accorder une exemption.

Entre octobre et décembre, leur voyage au Mali a dû être reporté à trois reprises pour finalement être annulé au dernier moment, précise leur rapport.

VOA60 Afrique du 25 février 2021

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