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Huit soldats tués dans une attaque "terroriste" dans le nord du Togo


Des policiers anti-émeute montent la garde alors qu'ils tentent d'empêcher les manifestants de se rassembler devant le Collège Saint Joseph à Lomé, au Togo, le 28 février 2020.

Au moins huit soldats togolais ont été tués et treize blessés dans la nuit de mardi à mercredi au cours d'une attaque "terroriste" dans le nord du Togo, une première dans le pays jusque-là épargné par les violences, a annoncé le gouvernement.

"Dans la nuit de mardi à mercredi aux environs de 3 heures, un poste avancé du dispositif de l’opération Kondjouaré, situé dans la localité de Kpinkankandi a fait l’objet d’une violente attaque terroriste menée par un groupe d’individus lourdement armés non encore identifiés.

Cette attaque a fait malheureusement 8 morts et 13 blessés du côté des forces de défense et de sécurité", souligne le gouvernement dans un communiqué lu à la télévision d’Etat.

Il s'agit de la première attaque "terroriste" meurtrière au Togo, où l'armée est déployée dans le nord pour faire face à la menace d'un débordement de la violence des groupes jihadistes présents au Burkina Faso voisin. Le Togo n'avait enregistré qu'une seule attaque en novembre 2021.

Le gouvernement a dit "condamner fermement cette attaque lâche et barbare", disant tout faire pour "rechercher et mettre hors d’état de nuire ces groupes armés terroristes".

Selon un haut responsable militaire ayant requis l'anonymat, les soldats ont été attaqués par une soixantaine d’hommes à moto.

"Les échanges de tirs ont duré plus de deux heures. Et c’est l’une des équipes en renfort qui a sauté sur un engin explosif improvisé", a-t-il précisé à l'AFP.

En novembre 2021, des hommes armés avaient lancé une attaque contre les forces de sécurité dans le village de Sanloaga (extrême nord), sans faire de victime.

Une récente série de raids frontaliers dans les pays situés au sud du Sahel a confirmé les craintes que des groupes jihadistes de la région cherchent à progresser vers la côte.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aux prises avec des insurrections jihadistes et les États voisins comme le Ghana, le Togo et la Côte d'Ivoire s'inquiètent de débordements à leurs frontières.

En février, le Bénin en a déjà fait les frais après la mort dans le nord de 9 personnes, dont un Français, dans trois attaques à la bombe artisanale, les plus meurtrières dans le pays.

Les groupes jihadistes constituent des bases arrières au Burkina Faso et au Mali pour "s'étendre au Bénin, en Côte d’Ivoire, et dans une moindre mesure au Togo, au Ghana, au Sénégal et en Guinée", estime le chercheur Mathieu Pellerin, spécialiste des dynamiques politiques et sécuritaires au Sahel.

"Cette excroissance territoriale jihadiste va progressivement donner naissance à des foyers jihadistes de plus en plus endogènes dans ces États, composés de recrues locales et qui se nourrissent des fragilités" sur place, ajoute-t-il dans un rapport publié en février par l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Face à la menace grandissante, les Etats côtiers s'organisent, notamment avec l'initiative d'Accra lancée en 2017 par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Togo, pour renforcer leur coopération sécuritaire.

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