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Guinée

Mohamed Béavogui, ex-haut cadre de l'ONU, nommé Premier ministre en Guinée

Le chef de la junte guinéenne Mamady Doumbouya prête serment en tant que président par intérim à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Le nouveau président de transition en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir par un putsch le 5 septembre, a nommé mercredi Mohamed Béavogui, un vétéran du développement, Premier ministre de transition.

M. Béavogui, 68 ans, "ancien sous-secrétaire général des Nations unies, est nommé Premier ministre de la transition, chef du gouvernement", selon le décret lu mercredi soir à la télévision publique, la RTG.

Le colonel Doumbouya a donc choisi une personnalité éloignée de la politique intérieure et peu suspecte de participation aux querelles intestines des dernières années.

Un outsider au profil étoffé

Depuis le putsch qui a renversé le président Alpha Condé le 5 septembre, celui qui a prêté serment comme président de transition vendredi a promis de rassembler les Guinéens, au-delà des appartenances politiques ou ethniques.

M. Béavogui est le fils d'un diplomate originaire de Macenta, en Guinée forestière (sud) et le neveu par sa mère de Diallo Telli, premier secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), mort en 1977 au camp Boiro, prison symbole du régime répressif du père de l'indépendance guinéenne, Sékou Touré.

Diplômé d'ingénierie en Russie, expert du financement du développement agricole et de la gestion des risques, M. Béavogui a occupé plusieurs postes à responsabilités, dans le secteur privé ou dans des institutions internationales, y compris dans le système onusien.

Le colonel Doumbouya, commandant des forces spéciales qui ont renversé M. Condé, tient ainsi sa promesse de nommer un Premier ministre civil.

La junte a dit qu'elle rendrait le pouvoir aux civils après des élections à la fin d'une période de transition. Durant cette période transitoire, elle dit vouloir procéder à une "refondation de l'Etat", rédiger une nouvelle Constitution, lutter contre la corruption, réformer le système électoral et organiser des élections.

Mais elle n'a toujours pas fixé la durée de cette transition, ni précisé le contenu politique de ses plans.

30 jours pour un plan d'actions

Le nouveau chef du gouvernement devra proposer des ministres au colonel Doumbouya et, "dans un délai n'excédant pas 30 jours" après la nomination des ministres, lui soumettre "le plan d'actions" du gouvernement, dispose la "charte", sorte d'acte fondamental de la transition publié le 27 septembre.

Le gouvernement et son chef répondent entièrement au colonel Doumbouya qui approuve les noms proposés comme ministres et peut les révoquer, tout comme le chef du gouvernement.

Le gouvernement "exécute et conduit la politique de la Nation définie par le président de la transition", dit la charte.

Par ailleurs, aucun membre des institutions de transition ne pourra se présenter "ni aux élections nationales ni aux élections locales qui seront organisées pour marquer la fin de la transition".

La Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), inquiète de l'instabilité et d'un effet de contagion des coups d'Etat, a réclamé des élections présidentielle et législatives sous six mois. Elle a décidé de geler les avoirs financiers des membres de la junte et de leur famille et de les interdire de voyage.

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La Cour de justice de la Cédéao suspend la Guinée et le Mali

Les chefs militaires maliens saluent l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan à son arrivée à l'aéroport de Bamako avant une rencontre entre les chefs militaires maliens et une délégation de la CEDEAO qu'il dirige le 22 août 2020.

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu toutes les procédures concernant le Mali et la Guinée, deux pays membres dirigés par des militaires.

Dans un document en date du 30 septembre consulté par l'AFP, le greffier de la Cour de justice de la Cédéao (16 pays), Tony Anene-Maidoh, explique cette décision par l'article 78 du règlement intérieur de la Cour qui dispose que "la procédure peut être suspendue dans tous les cas, par le président sauf pour les renvois préjudiciels".

"Aucun acte de procédure ne sera enregistré par le greffe dans toutes les affaires provenant de ces deux pays", précise le greffier en chef.

A la suite du putsch du 18 août 2020, la Cédéao avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le Mali de l'organisation. Ces sanctions avaient été levées à la suite de l'engagement des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta sur la voie d'une transition de 18 mois maximum.

Mais depuis, le colonel Goïta a mené en mai un nouveau coup de force en déposant le président de transition Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane. La communauté internationale exprime des inquiétudes croissantes sur le respect des échéances.

Lors d'un sommet le 16 septembre à Accra, l'organisation régionale a exigé des militaires maliens le "respect strict du calendrier de la transition" vers le rétablissement d'un pouvoir civil.

Se disant "très préoccupée par la lenteur dans la préparation des élections" prévues fin février, elle a affirmé que leur tenue dans les délais était "non négociable".

En Guinée, la Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu'elle a connue au Mali. Comme au Mali, les militaires guinéens qui ont pris le pouvoir le 5 septembre ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution.

Lors de leur sommet de septembre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont annoncé des sanctions ciblées contre les auteurs du coup d'Etat en Guinée et appelé à des élections au plus tard dans six mois, réclamant une transition "très courte".

La Cédéao a également décidé de geler les avoirs financiers des nouveaux dirigeants du pays et des membres de leurs familles, et de leur imposer des interdictions de voyager.

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique

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Portrait de Mohamed Béavogui, nouveau Premier ministre guinéen

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Nommé Premier ministre, Béavogui promet tout son soutien au colonel Doumbouya

Le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, a signé le décret de nomination de Mohamed Béavogui au poste de Premier Ministre de la Transition à Conakry, le 6 octobre 2021. (Twitter/Présidence Guinée)

Le nouveau Premier ministre guinéen de transition Mohamed Béavogui a indiqué jeudi que son futur gouvernement accomplirait les tâches assignées par la junte et son chef, le colonel Mamady Doumbouya.

Dans un entretien accordé à la radio Fim Fm au lendemain de sa désignation, Mohamed Béavogui a déclaré que les objectifs de son futur gouvernement seraient ceux de la "charte" de la transition, sorte d'acte fondamental rédigé par les militaires qui ont renversé le 5 septembre le chef de l'Etat Alpha Condé, et ceux énoncés par le colonel Doumbouya.

"Soyez certains que les grands axes qui ont été définis dans le discours programme du 2 octobre seront les 'délivrables' principaux du gouvernement", a affirmé M. Béavogui en faisant référence à un discours prononcé par le colonel Doumbouya au soir de son investiture comme président de transition le 1er octobre.

Lecture du décret de nomination de Mohamed Béavogui
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"Je voudrais vraiment appeler notre gouvernement futur un gouvernement de 'délivrables', qui seront clairs, précis", a-t-il ajouté en employant le jargon d'entreprise pour parler des objectifs à atteindre.

La junte a assuré qu'elle rendrait le pouvoir aux civils après des élections à la fin d'une période de transition. Durant cette période transitoire d'une durée inconnue, elle a dit vouloir procéder à une "refondation de l'Etat", rédiger une nouvelle Constitution, lutter contre la corruption, réformer le système électoral, organiser des élections et réconcilier des Guinéens divisés.

Le colonel Doumbouya a désigné mercredi Mohamed Béavogui, un technocrate expert du développement avec des décennies d'expérience dans le secteur privé et international, comme Premier ministre d'un gouvernement dont la tâche sera d'exécuter "la politique de la Nation définie par le président de la transition" selon les termes de la "charte".

En Mohamed Béavogui, le colonel Doumbouya a choisi un homme relativement peu connu du grand public, éloigné d'une classe politique décriée pour son clientélisme et sa corruption.

"Nous avons une communauté de vues sur ce que doit être ce pays", a ajouté M. Béavogui en parlant du colonel Doumbouya, "je suis entièrement engagé, je suis prêt et je lui apporterai tout mon soutien".

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