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Les Sénégalais suivent de près les événements en Guinée

Des membres des Forces armées guinéennes traversent le quartier central de Kaloum à Conakry le 5 septembre 2021 après que des coups de feu aient été entendus.

La situation à Conakry inquiète au-delà des frontières guinéennes, même si certains pensent que le putsch était nécessaire.

La forte communauté guinéenne vivant au Sénégal ne cache pas son inquiétude face au coup de force en Guinée. Les Sénégalais, eux, ont des avis partagés.

A Dakar, les centaines de milliers de Guinéens établis au Sénégal sont sous le choc de ce qui s’est passé dans leur pays.

Pour Amadou Diallo, c’est un lendemain incertain qui se profile.

"Nous sommes maintenant en plein processus de transition car l’armée a le pouvoir et ce n’est pas la première fois. Donc il est légitime de s’inquiéter", nous dit-il.

Amadou se pose mille et une questions: "Est-ce que les militaires vont bien gérer la situation? Et surtout, est-ce qu’il vont rendre le pouvoir aux civils? L’avenir nous édifiera en tout cas je prie pour la paix en Guinée et je souhaite que l’armée ne s’accroche pas au pouvoir. Il faut organiser des élections transparentes pour que notre pays reprenne un nouveau souffle", espère-t-il.

Les ressortissants Guinéens ne sont pas les seuls à suivre la situation de près.

Pape Samba, un Sénégalais qui s’intéresse régulièrement à l’actualité politique en Guinée, est loin d’être surpris.

"Je sais que les coups d’État sont bannis mais parfois, il est nécessaire de passer par là pour redresser politiquement un pays. Si vraiment ce putsch va permettre à la Guinée de prendre un nouveau départ, on peu dire que c’est une bonne chose", souligne-t-il.

Pape estime que le président renversé, Alpha Condé, a fait "un forcing en imposant un troisième mandat et c’est illégal. J’espère bien que les pays limitrophes vont en tirer une leçon".

Même analyse de la part d'Ahmadou Bamba Seye. Pour lui, la situation en Guinée est un signal fort pour tous autres pays du continent, notamment le Sénégal.

"Il s’agit d’un message fort adressé aux dirigeants africains. Quand un président transgresse les lois et n’écoute pas son peuple, il fera face à l’armée, l’histoire l’a démontré à maintes reprises. Le 3e mandat est à l’origine de ce chaos politique et va continuer à inciter au putsch ou une autre forme de révolte dans d’autres pays", explique-t-il.

La situation en Guinée inquiète au-delà des frontières guinéennes même si certains pensent que c’était bien nécessaire après ce troisième mandat controversé.

La Cédéao suspend la Guinée "de toutes les instances de décision"
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Grand Magal de Touba: lundi déclaré jour férié

A Touba, les fidèles arrivent par dizaines de milliers pour le Grand Magal, le 24 septembre 2021.

Le président sénégalais Macky Sall a décrété pont et fériée la journée de lundi afin de permettre aux croyants d'effectuer en toute sécurité le trajet vers et depuis la ville sainte de Touba, haut lieu de la confrérie mouride.

Comme chaque année, des pèlerins issus des quatre coins du pays et de la diaspora convergent sur cette localité située à environ 200km de Dakar pour le grand Magal.

D'ordinaire, les disciples mourides sont prêts à y aller avec ou sans l’autorisation de leur employeur.

C'est le cas de Mamadou, un jeune père de famille qui exerce la profession de vigile dans une entreprise de la place.

"En vérité le Magal ne dure pas plus d’un jour, le moment important c’est vers 10 heures du matin. Moi par exemple, j’y vais la vielle tard dans la nuit, après 10 heures, je rentre", confie-t-il.

Pour Pape Samba, le décret pris par le chef de l’État pour ajouter un jour férié est le bienvenu.

"Pour nous les natifs de Touba, on en profite pour passer quelques jours avec la famille", dit-il.

Le Magal de Touba occupe une place de choix dans le calendrier religieux du Sénégal avec un peu plus 3 millions pèlerins chaque année.

Le grand Magal de Touba a eu lieu dans le respect des consignes anti-Covid
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Les mourides sénégalais convergent sur la ville sainte de Touba pour le Grand Magal

Des pèlerins se rendent à la Grande Mosquée de Touba pendant le Grand Magal des Mourides à Touba le 26 septembre 2021.

Une foule nombreuse de fidèles ont convergé dimanche sur la ville sainte de Touba, dans le centre du Sénégal, dans le cadre des célébrations annuelles de la confrérie soufie des mourides, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le pèlerinage du Grand Magal commémore l'anniversaire de l'envoi en exil, par les autorités coloniales françaises, du fondateur des mourides, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), dit Serigne Touba.

Ce rendez-vous incontournable au Sénégal attire généralement des centaines de milliers de pèlerins qui célèbrent la mémoire de Bamba en récitant ses poèmes en priant sur sa tombe.

Les mourides, d'obédience soufie (sunnite), forment l'une des quatre principales confréries qui continuent à jouer un rôle prépondérant dans la vie quotidienne des Sénégalais, dont plus de 90% sont musulmans. Leurs chefs sont des figures éminemment respectées, écoutées des politiques, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Dimanche, malgré de monstrueux embouteillages et l'ombre du Covid-19, les pèlerins se sont dirigés en masse vers la somptueuse Grande mosquée de Touba, ville qu'ils considèrent comme sainte.

"L’année dernière, il y avait la pandémie, il n’y avait pas eu trop de monde, mais cette année (...) l’affluence est énorme”, constate Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, un responsable de l'organisation.

"Le Covid ne nous empêche pas de faire le Magal parce que c’est Serigne Touba qu’on voit dans tout ce qu’on fait", explique à l'AFP Pape Amadou Latyr Faye, un fidèle mouride, il "nous a demandé de tout faire pour être un bon musulman, d’aider son prochain".

"Nous, cette vision que nous avons, ce n’est pas d’avoir peur", ajoute-t-il.

Nettoyage de la Grande Mosquée de Touba lors du Grand Magal des Mourides à Touba le 26 septembre 2021.
Nettoyage de la Grande Mosquée de Touba lors du Grand Magal des Mourides à Touba le 26 septembre 2021.

Les confréries soufies avaient initialement annulé des rassemblements en mars 2020, quand la pandémie de Covid-19 avait touché le pays de 16 millions d'habitants.

Mais les mourides avaient maintenu le Magal en octobre suivant, tout en obligeant les fidèles à porter le masque et à respecter les distanciations physiques.

Cette année, "nous avons constaté un relâchement des gestes barrières de la part des pèlerins", déplore Pape Ndiaye, membre du comité d'organisation.

"Nombreux sont ceux qui viennent jusqu’ici sans avoir un masque avec eux. Les gens se disent que la pandémie est derrière nous, avec cette baisse des contaminations. Nous prions pour que ça soit le cas mais nous devons continuer à garder nos masques", ajoute-t-il, précisant que son port est exigé dans la mosquée et que du gel antiseptique est distribué à l'entrée.

Cheikh Amadou Bamba a fondé la ville sainte de Touba en 1888. Désormais forte de 1,5 millions d'habitants, elle est devenue la deuxième ville la plus peuplée du Sénégal après Dakar, la capitale.

Outre son caractère religieux, le Magal a aussi une dimension politique, des hommes politiques de premier plan s'y montrant, et économique.

Le Sénégal a enregistré plus de 73.000 contaminations par le Covid-19, dont 1.855 décès.

Macky Sall devant l'ONU

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Covid-19 : le Sénégal sort prudemment de la 3e vague

Les écoliers se réunissent lors de leur premier jour de retour à l'école dans le quartier populaire de Yoff, à Dakar le 12 novembre 2020.

Après une très virulente 3e vague de covid-19 marquée par des records quotidiens de cas positifs et de décès, la tendance s’inverse au Sénégal. Depuis quelques jours, les chiffres sont au plus bas passant de près d’un millier de nouveaux cas par jour à une dizaine actuellement.

"Nous avons vraiment souffert de la 3e vague, elle a occasionné beaucoup de dégâts", c’est le triste constat du jeune Baye Fall, vendeur de café Touba à Dakar. Le 18 juillet 2021, le Sénégal enregistrait un record quotidien de cas positifs avec 1722 nouvelles contaminations au Covid-19 et un taux de positivité avoisinant les 40%. Aujourd’hui, la tendance est à la baisse avec une dizaine de cas positifs par jour et moins de 2% de positivité. Un fait dont se réjouit Baye Fall. Comme tout le monde, il a constaté la baisse des cas de Covid au Sénégal.

Cependant il juge que cela ne devrait pas être un prétexte pour baisser les bras. Au contraire, les gestes barrières doivent être maintenues, notamment le port du masque. "Nous devons respecter le port du masque, et tous les gestes barrières et ne surtout pas dormir sur nos lauriers. Si l’on compare le Sénégal aux autres pays, nous sommes vraiment chanceux, la 3e vague a décimé les autres pays, donc restons vigilants!", dit-il d’un air sérieux.

MaFall Fall, natif de Saint Louis, vit à Dakar depuis quelques mois. Cet apprenti menuisier a remarqué le recul du nombre de cas, mais préfère, lui aussi, rester prudent. D’ailleurs, il compte se faire vacciner, car il estime que c’est la cause de la baisse du nombre des cas. "Il y a eu beaucoup de morts et beaucoup de malades, une situation effrayante. Les populations n’accordaient pas trop d’importance aux messages de sensibilisation et de prévention, mais maintenant ça a un peu changé. Le vaccin peut nous sauver, beaucoup plus de gens en prennent conscience et vont certainement le faire. Moi aussi, je compte le faire", affirme-t-il.

Pour arriver à inverser la tendance de la très virulente 3e vague, les autorités ont remis en place les stratégies de communication adoptées au début de la pandémie. Il y a notamment eu le retour à la télévision nationale du point Covid du jour accompagnée par des conseils quotidiens distillés par le docteur Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

"Veillez sur les conseils axés sur le port correct du masque, bien ajusté couvrant la bouche et le nez, le lavage fréquent et régulier des mains à l’eau et au savon, ou l’usage de gel de qualité pour la désinfection des mains", répète-t-il sans cesse aux Sénégalais qui ont fini par s’habituer à sa présence matinale sur le petit écran. Le directeur de la Prévention tient aussi et toujours à rappeler aux personnes non encore vaccinées d’aller "se faire vacciner et de conserver soigneusement leurs cartes de vaccination et ne pas oublier le rendez-vous pour leur seconde dose et continuer à respecter les mesures barrières comme tous. La vaccination est gratuite partout au Sénégal".

Pour stabiliser la baisse du nombre des cas, les autorités misent sur le respect des mesures barrières et la vaccination de la population. Même si plus d’un million de personnes sont déjà vaccinées, les responsables sanitaires espèrent beaucoup plus car, pour eux, la vaccination est l’un des meilleurs boucliers contre le covid-19.

La grande coalition de l'opposition sénégalaise suscite des doutes

La grande coalition de l’opposition portée par les leaders Khalifa Sall et Ousmane Sonko, le 8 septembre 2021.

Au Sénégal, une large coalition de l’opposition a été mise en place pour vaincre la mouvance présidentielle lors des prochaines élections, notamment les locales qui sont prévues en janvier 2022.

La grande coalition de l’opposition, lancée le 2 septembre, se veut très large car on y retrouve la majeure partie des courants de l’espace politique sénégalais. Mais le retrait du Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ancien président Abdoulaye Wade fait douter certains sur la fiabilité de ce projet.

"Cette alliance est loin d’être sincère et va finir par l’implosion. La preuve: des partis comme le PDS l’ont quitté avant sa naissance", estime Boubacar Samb, gérant d’une boutique de cosmétique.

Pourquoi ce pessimisme? Babacar estime que "chacun cherche à tirer profit de l’alliance, rien de plus. Elle est fondée sur des calculs politiques. Encore une fois, la réaction du PDS et d’autres partis démontre que cette coalition ne fera pas long feu".

Trouvée dans sa gargote, Soxna Ouly ne place aucune confiance à cette nouvelle coalition de l’opposition, notamment à Ousmane Sonko. Pourtant, elle avait bon espoir que cette entente entre chefs de l’opposition allait être la bonne mais les nombreuses dissensions notées bien avant le lancement ont fini par la décourager.

"La manière de faire de nos dirigeants me fend le cœur. Ils disent agir pour le bien-être des populations mais ils ne peuvent même pas s’entendre pour former une coalition. Bougane Gueye Dany se plaint du choix des couleurs, le PDS de la démarche adoptée, d’autres de ne pas avoir été associé au début du processus", fait-elle remarquer.

Pour la vendeuse, les hommes et femmes politiques donnent l’impression que "leurs égos sont plus importants que l’intérêt du peuple qu’ils doivent défendre. Bref nous sommes fatigués et nous voulons que le successeur de Macky Sall soit un bon leader, un partisan de la paix", tranche-t-elle.

"Tous les mêmes"

Arona Thiam, vendeur de ventilateurs, emboîte le pas. Pour lui, les chefs politiques sénégalais ne militent en réalité que pour leurs propres intérêts. "Cette coalition est bâtie sur des intérêts personnels. Il s’agit d’alliances de circonstance. Membre de l’opposition comme membre du pouvoir, ils sont tous les mêmes, le bien-être des citoyens est loin d’être leur préoccupation", déplore-t-il.

Conscient que les citoyens se posent des questions sur la fiabilité de ces alliances que certains jugent contre nature, les leaders de l’opposition ont voulu rassurer.

Moussa Tine, membre fondateur de la grande coalition de l’opposition se veut clair: cette alliance est celle de la rupture.

"Nous formons un bloc, pas un bloc pour l’intérêt de qui que se soit ; mais un bloc pour le Sénégal. Le Sénégal d’aujourd’hui vaut tous les sacrifices, pas parce que nous voulons arrivés au pouvoir, pas parce que nous voulons justice pour Ousmane Sonko ou pour Khalifa Sall, ce n’est pas notre problème", affirme-t-il.

Khalifa Sall, libre... ses partisans jubilent
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