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Guinée: trois civils tués dans de nouveaux affrontements

Des policiers et des manifestants lors d'une manifestation à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018. (VOA/Zakaria Camara)

Trois civils ont été tués jeudi au cours d'affrontements entre habitants et forces de sécurité à Labé (centre), l'un des foyers de la protestation en cours depuis trois mois en Guinée, a indiqué le maire de la ville.

Le collectif qui mène le mouvement n'avait pas appelé à la mobilisation jeudi. Mais les tensions sont demeurées fortes à Labé, livrée aux affrontements selon son maire.

"La ville est en ébullition depuis ce matin, les populations se sont révoltées", a déclaré Mamadou Aliou Laly Diallo, joint au téléphone par l'AFP.

"Il y a deux morts par balle", a-t-il ajouté, estimant le nombre des blessés à au moins une dizaine et imputant les tirs aux forces de sécurité. Aucun commentaire n'a été obtenu de ces dernières.

Une troisième personne a ensuite été tuée par balle, selon la même source. Les forces de l'ordre ont tiré sur une ambulance et tué son conducteur qui partait dans une mosquée de Labé pour transporter le corps d'une des deux précédentes victimes, a précisé le maire Diallo.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent un usage excessif de la force de leur part et une impunité quasiment totale.

La personne d'Alpha Condé est au coeur de l'agitation. Opposant historique qui connut l'exil et la prison, il a été le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015. Son avènement a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires.

Mais, depuis mi-octobre, un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile a fait descendre à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de personnes dans la rue.

Il réclame que M. Condé renonce au projet qu'elle lui attribue de se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

M. Condé, 81 ans, se garde depuis des mois de se prononcer clairement.

L'opposition proclame que le mouvement est pacifique. Mais il a donné lieu à des heurts à plusieurs reprises. Les tensions sont montées d'un cran mi-janvier avec l'appel du collectif à une mobilisation "illimitée".

Les protestataires ont depuis attaqué des gendarmeries, des postes de police et des bâtiments publics. Des scènes de saccage ont été rapportées, et des officiels évacués pour échapper aux violences.

La situation est suivie attentivement par la communauté internationale, inquiète de l'évolution tant la Guinée est coutumière des protestations et des répressions violentes.

Ce petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis mi-octobre à une vive contestation contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat fin 2020. Avant jeudi, au moins 23 civils et un gendarme avaient trouvé la mort dans les violences.

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Très large majorité parlementaire pour Alpha Condé

Le président Alpha Condé devant ses militants à Conakry, le 29 février 2020. (VOA/Zakaria Camara)

Le parti du président guinéen Alpha Condé, dont le projet de nouvelle Constitution est au coeur d'une grave crise politique, a remporté plus des deux tiers des sièges lors des législatives du 22 mars, boycottées par les principaux partis d'opposition, a annoncé mercredi la commission électorale.

Le pouvoir avait déjà proclamé la semaine dernière la victoire du "oui" à plus de 90% lors du référendum organisé le même jour sur le projet de nouvelle Constitution proposée par le chef de l'Etat, considérée par l'opposition comme un stratagème pour se maintenir au pouvoir.

Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), parti au pouvoir, a remporté 79 sièges sur les 114 que compte l'Assemblée nationale, a indiqué mercredi soir la commission électorale.

Le parti d'Alpha Condé a remporté 42 des 76 sièges mis en jeu sur des listes nationales et 37 des 38 circonscriptions, selon un mode de scrutin mêlant vote à la proportionnelle et scrutin uninominal à un tour.

Avec une majorité dépassant les deux-tiers, le président Condé aura les coudées franches pour mener à bien ses projets. Il n'a pas dit s'il se porterait candidat à un troisième mandat fin 2020 mais ses opposants n'en ont aucun doute.

En l'absence des principaux partis de l'opposition, dont l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDC) de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, qui avaient décidé de boycotter les législatives et le référendum, les 35 sièges restants se répartissent entre 24 petits partis, selon la commission électorale.

Le projet prêté au président Condé de briguer, à 82 ans, un troisième mandat fin 2020 et la nouvelle Constitution qui doit l'y aider, selon l'opposition, sont au coeur d'une crise politique qui a fait des dizaines de morts depuis mi-octobre.

Le vote lui-même a été entaché de violences qui ont fait à nouveau des dizaines de morts le jour de sa tenue et les jours suivants à Conakry et en province, selon l'opposition.

Les opposants au chef de l'Etat ont rejeté le résultat annoncé du référendum et réclamé une enquête sous l'égide des Nations unies sur les violences attribuées aux forces de l'ordre.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et la France ont quant à eux remis en question la crédibilité du référendum et des législatives.

Ces résultats sont annoncés alors que la Guinée est sous le régime de l'état d'urgence, interdisant les rassemblements de plus de 20 personnes, assorti d'un couvre-feu, pour répondre à l'épidémie de coronavirus.

Beaucoup de Guinéens dans le doute malgré 30 cas confirmés de coronavirus

Kits de lavage des mains devant des maisons à Conakry, le 1er avril 2020. (VOA/Zakaria Camara)

La Guinée a enregistré mercredi 8 nouveaux cas d’infection par le nouveau coronavirus. Au total 30 personnes ont été testées positives au COVID19 depuis le 12 mars 2020.

Selon l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), 3 des 8 cas sont des personnes qui ont voyagé à l’étranger, deux contacts confirmés positifs et trois cas en cours de clarification.

"Le ministère de la santé à travers l’ANSS saisit cette occasion pour inviter la population à ne pas céder à la panique et à appliquer rigoureusement les mesures édictées dans l’état d’urgence sanitaire décrété par le président de la république", a indiqué le colonel Remy LAMAH, ministre guinéen de la santé.

Les autorités guinéennes, en plus des gestes barrière, ont interdit les voyages entre Conakry la capitale et le reste du pays. Cet isolement n’est pas sans conséquences sur les usagers de la route. "On ne fait rien, y a pas où aller. On va attendre la fin du confinement", s’exclame Mohamed Bailo Bah, chauffeur de taxi.

Le gouvernement guinéen interdit aussi tout rassemblement de plus de 20 personnes. Les lieux public tels que les écoles, les bars, les salles de jeu, salles de spectacle et salle de cinéma ou encore les lieux de culte sont fermés pour une durée de 14 jours.

Mais dans certains quartiers de la capitale, la distanciation recommandée est loin d’être une réalité. "Dans mon quartier on ne prend pas au sérieux cette pandémie. Y en a d’autres qui considèrent cela comme de la politique. Il faut une sensibilisation", témoigne Mariam, habitante de la Cité de l’air, un quartier de la banlieue de Conakry.

Un couvre-feu est instauré de 21h à 5h, des mesures prises par les autorités guinéennes qui s’ajoutent à la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes.

Parmi les 30 cas confirmés, il y a le ministre guinéen des travaux publics et la présidente du conseil économique et social.

Le nombre de cas positifs au coronavirus passe à 30

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Référendum constitutionnel: sans surprise pour les Guinéens

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L'opposition guinéenne rejette le résultat du referendum

Une affiche de Cellou Dalein Diallo, lors d'un rassemblement politique dans la ville de Conakry, en Guinée, le 8 octobre 2015. (Photo: AP/Youssouf Bah)

L'opposition guinéenne a rejeté samedi la victoire massive du "oui" au référendum constitutionnel proclamée par la commission électorale et réclamé une enquête sous l'égide des Nations unies sur les violences qui ont fait selon elle des dizaines de morts en marge du scrutin.

La nouvelle Constitution proposée lors du référendum du 22 mars par le président Alpha Condé a recueilli 91,59% de "oui", pour un taux de participation estimé à 61%, a affirmé vendredi la Céni, la commission électorale, alors que l'opposition avait appelé au boycott du scrutin.

"Ces résultats ne concernent pas le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ni le peuple de Guinée", a déclaré à l'AFP l'un des responsables de ce collectif qui mène la contestation depuis des mois, Ibrahima Diallo.

"Evitez-nous les scores à la soviétique d'un autre temps", a ironisé sur Twitter un des leaders de l'opposition politique, l'ex-Premier ministre Sidya Touré.

Samedi, après l'annonce de ce résultat, des manifestants en colère ont brûlé des pneus et dressé des barricades dans le centre de Labé, principale ville de Moyenne Guinée (nord), selon des témoins interrogés par l'AFP.

Le projet prêté au président Condé de briguer, à 82 ans, un troisième mandat fin 2020 et la nouvelle Constitution qui doit l'y aider, selon l'opposition, sont au coeur d'une crise politique qui a fait des dizaines de morts depuis mi-octobre.

Le référendum constitutionnel a été entaché de violences qui ont fait des dizaines de morts le jour de sa tenue dimanche dernier et les jours suivants à Conakry et en province, selon l'opposition.

N'Zérékoré (sud), l'une des plus grandes villes du pays, a en particulier été le théâtre d'affrontements intercommunautaires meurtriers, d'attaques d'églises chrétiennes et de mosquées et de saccages.

Le FNDC s'est dit samedi "horrifié par l'ampleur des tueries". Dans un communiqué, il évoque un "bilan provisoire de 66 personnes tuées à N'Zérékoré" et "exige la mise en place d'une commission d'enquête internationale, sous l'égide des Nations Unies".

Le gouverneur de la région de N'Zérékoré, Mohamed Ismaël Traoré, a affirmé samedi à l'AFP que ces violences ont fait "10 morts et de nombreux blessés". Des sources médicales, de la société civile ou proche des autorités locales avaient auparavant fait état de bilans variant de 15 à 23 morts.

Les conditions dans lesquelles se sont déroulés le référendum et les législatives qui ont eu lieu simultanément ont été critiquées par les Etats-Unis, la France et la diplomatie européenne.

Pour Moscou, "le double scrutin s'est déroulé d'une manière organisée, bien que, malheureusement, des provocations aient causé nombre de pertes en vies humaines", indique un communiqué de l'ambassade de Russie à Conakry reçu samedi.

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