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Procès du massacre de Conakry: la CPI presse la Guinée d'accélérer le mouvement

Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir, le 2 octobre 2009 à Conakry. CRÉDITS : REUTERS

La Cour pénale internationale a salué jeudi le début des travaux du tribunal censé juger les auteurs présumés du massacre de 2009 à Conakry, et pressé la Guinée d'accélérer le mouvement pour que ce procès tant attendu ait bien lieu en juin.

Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes dans le stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à la présidentielle du chef de la junte de l'époque, Moussa Dadis Camara, selon une commission internationale d'enquête de l'ONU.

L'instruction judiciaire est close depuis fin 2017. Treize militaires et un civil sont inculpés, selon un avocat des victimes, Me Alpha Amadou Bah. Mais plus de dix ans après, le procès se fait toujours attendre au grand dam des proches et des défenseurs des droits humains.

Le gouvernement guinéen se dit résolu à juger les responsables. Il a jusqu'alors invoqué les procédures en cours et les arrangements matériels nécessaires à la tenue du procès. Mais il a posé le 13 janvier la première pierre de la future salle d'audience à Conakry.

Le ministre de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, avait indiqué en octobre à des représentants de la Cour pénale internationale que le procès "devrait s'ouvrir au plus tard en juin 2020", avait rapporté la CPI. Il a redit cette semaine, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui examinait la situation en Guinée, que le procès était "estimé pour se tenir en juin", selon le texte de son intervention.

Dans un communiqué, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, rappelle que le massacre de 2009 est au cœur de l'examen préliminaire mené par ses services sur la situation en Guinée.

Elle qualifie de "pas important" la pose de la première pierre de la salle d'audience. Mais l'échéance de juin "approchant rapidement, il est crucial que les autorités locales et toutes les autres parties prenantes mènent promptement les préparatifs nécessaires restants et accélèrent les efforts pour que le procès commence dans les délais impartis", dit-elle.

"La Guinée peut et doit faire la démonstration de sa volonté et de sa capacité à mener à bien les efforts pour que les horribles évènements de septembre 2009 ne restent pas impunis", dit-elle.

L'ONG Human Rights Watch a elle aussi salué dans un communiqué la pose de cette première pierre. Mais la tenue du procès pourrait rencontrer de "nouveaux obstacles", dit-elle en invoquant l'intense contestation en cours en Guinée contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, et la répression à laquelle elle donne lieu.

"Par le passé, des épisodes d'instabilité politique ont significativement ralenti l'enquête" sur le massacre, souligne-t-elle.

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Début de la vaccination anti-Ebola en Guinée

Des agents de la santé, vêtus d’équipement de protection contre le virus Ebola, transportent sur une civière les restes d'un enfant nouveau-né suspecté mort après avoir contracté l’épidémie, à Dubreka, Guinée, le 19 juin 2015

Plus de 11.000 doses de vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola sont arrivées lundi soir par avion en Guinée pour commencer mardi la vaccination après la réapparition de la maladie dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Les 11.300 doses de vaccin Merck fournies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) devaient initialement atterrir dimanche, mais l'avion en provenance de Genève a été empêché de se poser par d'épais nuages saisonniers de poussière et a été dérouté sur le Sénégal et Dakar.

Un avion de United Mining Supply, entreprise de transport et de logistique spécialisée dans l'activité minière en Guinée, a été dépêché au Sénégal pour assurer le transbordement et convoyer les vaccins.

Les lourds cartons frappés du sigle OMS ont été débarqués en Guinée après 20H00 (locales et GMT), a rapporté un correspondant de l'AFP.

Une partie d'entre eux doit continuer son chemin vers Gouecké et Nzérékoré (sud-est), en Guinée forestière, région voisine de la Sierra Leone, du Liberia et de la Côte d'Ivoire où Ebola a récemment fait cinq morts.

C'est la première résurgence d'Ebola en Afrique de l'Ouest depuis l'épidémie de 2013-2016 qui a causé plus de 11.300 décès, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Ebola est également réapparu récemment en République démocratique du Congo.

La vaccination est prévue à partir de mardi à Conakry et en Guinée forestière.

Mercredi, 8.700 doses supplémentaires sont attendues en Guinée en provenance des Etats-Unis.

Le virus Ebola se transmet à l'homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements, diarrhées.

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