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République du Congo

Coupure massive d’électricité à Brazzaville: les commerçants broient du noir

Le marché Total, l'un des plus grands de Brazzaville, est resté sans électricité, le 30 août 2021. (VOA/Arsène Séverin)

"Le Premier ministre est allé chercher les entrepreneurs en France, mais avec quelle électricité on va travailler ?", s'interroge un entrepreneur.

La fourniture de l’électricité a brutalement été interrompue sur la capitale congolaise depuis dimanche matin. La situation n’était toujours pas rétablie lundi. Les solutions alternatives comme les groupes électrogènes sont presque impossibles, puisque Brazzaville connaît une crise de carburant depuis deux semaines.

Dans un message laconique publié sur sa page Facebook, la société de production et de distribution du courant, E2C, explique que ce désagrément est causé suite à la chute d’un pylône dans la région de Pointe-Noire. "Les travaux sont en cours", assure la société E2C.

Cette situation a impacté le quotidien des Congolais. Les hommes d’affaires sont aux abois. Le patron des patrons, président de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo, El Hadji Djibril Bopaka, décrit une situation "difficile".

"C’est un grand manque à gagner pour les entreprises. Dans les restaurants, tout est en stand-by. Les grandes entreprises industrielles, dans les grandes menuiseries rien ne marche, dans les boulangeries, ça pose problème. Cela fait que le secteur privé subit", déplore-t-il.

Une grosse coupure d'électricité a frappé Brazzaville
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Les commerçants voient leurs affaires chuter en si peu de temps.

"Dans toute la ville, il n’y a pas de carburant pour pouvoir alimenter notre groupe électrogène. Tout cela, parce que nous voulons garder l’essentiel de nos vivres à une température normale, mais aussi faut accueillir les clients. Donc, vraiment ce sont des dépenses inattendues, surtout en ce temps de crise", témoigne Alphonse Ndongo, patron d’un restaurant.

De son côté, Patrick Mampouya est propriétaire d’un centre de formation en informatique où tout ne marche qu’avec du courant. Il tente des solutions à sa façon.

"Là où j’ai mon centre de formation, dès que j’ai démarré mon groupe électrogène, tout le quartier est venu pour charger les téléphones. Vraiment, c’est du gros n’importe quoi", indique M. Mampouya.

"On se demande: le Congo veut se développer, mais avec quelle électricité on va monter ces entreprises? Le Premier ministre est allé chercher les entrepreneurs en France, mais avec quelle électricité on va travailler ?", se demande-t-il éperdument.

"C’est vraiment invivable"

Dans les rues de Brazzaville les usagers du courant électrique grincent les dents. "C’est difficile, c’est dur de vivre comme ça sans électricité et donc du coup, mon téléphone je n’ai pas pu le charger", affirme un habitant de Massengo-Trois-Poteaux.

Un autre Brazzavillois du quartier Ngamakosso ajoute : "Tout ce qui nous reste, c’est d’aller charger les téléphones dans les différents marchés de Brazzaville où les jeunes ont des groupes électrogènes. On peut payer 200 voire 300 francs CFA, et donc c’est une situation très triste".

"C’est vraiment invivable. Pour continuer de rester connecter, j’ai utilisé le power-bank pour recharger le téléphone", déclare un habitant de Batignolles, dans la commune de Moungali.

La société EC2 a présenté ses excuses aux consommateurs. Mais, le problème peut également venir de la baisse des eaux qui impacte la production du courant électrique. Le mois de septembre est celui de la sécheresse au Congo.

Les Brazzavillois sont certes habitués aux coupures intempestives de courant. Mais cette fois-ci, la panne laisse pantois de nombreux usagers.

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Au Congo, des accouchements sous une lampe torche

Le CSI de Mindouli dans le Pool manque de matériel d'accouchement, faute de financements, Mindouli, le 10 septmebre 2021.

Selon une enquête, seuls 37% de ces projets de construction, de réhabilitation ou d’équipement ont abouti. 

Un collectif d’organisations locales de la société civile dénonce la mauvaise gestion des financements alloués à la réhabilitation ou à l’équipement des centres de santé au Congo-Brazzaville.

Plusieurs structures sanitaires, dans les zones rurales, manquent du personnel et du matériel.

Au centre de santé de Lekana, dans les Plateaux, la maternité ressemble à un musée où tout le dispositif est vieillissant. Le personnel travaille dans des conditions insoupçonnables. Les accoucheuses affirment manquer même de l'électricité.

"Faire des accouchements avec une lampe torche ou une lampe luciole, c’est compliqué. A l’accouchement, on cherche et la maman et l’enfant. Le faire avec la torche du téléphone, ce n’est pas une mince affaire", témoigne Denise Nzama, sage-femme à l’hôpital de Lekana.

A Moungoundou Sud, dans le Niari, le centre de santé dont dépendent quelque 5. 000 âmes est entre les mains des deux jeunes diplômés qui doivent partager toutes les tâches sanitaires.

Albin Moungueti est devenu, par la force des choses, chef de centre.

"La petite chirurgie, les accouchements, la vaccination des enfants et des femmes enceintes, les maladies comme le palu, se reposent sur nous deux ", indiquent-il. Le jeune infirmé diplômé d’Etat ajoute également que sa collègue est une puéricultrice de formation. " On est des vacataires ", dit-il.

Et pourtant, depuis 2018, le budget alloué au ministère de la santé est resté important, malgré la crise. Plus de 19 milliards au titre d’investissements de l’année 2019.

Selon une enquête du collectif Publiez Ce Que Vous Payez, seulement 37% des projets de construction, de réhabilitation ou d’équipement ont pu aboutir.

Selon Christian Mounzéo, le coordonnateur national de Publiez Ce Que Vous Payez, beaucoup de projets sont à l’abandon et les gouvernants ne suivent pas.

"Il y a des projets abandonnés, des plateaux techniques vétustes et inadéquats", dénonce-t-il, déplorant par ailleurs "le refus de collaborer des agents de la santé, malgré notre partenariat avec le ministère".

Brice Makosso, un autre membre de ce Collectif, estime que les parlementaires devraient pleinement jouer leur rôle de contrôle pour empêcher cette mauvaise utilisation des investissements. "Les parlementaires ont affecté des crédits pour l’équipements du centre de dialyse à l’hôpital de Loandjili de Pointe-Noire, alors qu’à Pointe-Noire il n’existe pas de centre de dialyse à l’hôpital de Loandjili. Donc nous demandons de la vigilance de la part des parlementaires, lorsqu’ils allouent les crédits", souligne, par exemple, l’activiste de la société civile.

Sur les 77 projets de santé lancés et financés par le gouvernement, nombreux peinent à être achevés, le cas des 12 hôpitaux généraux. Pour l’analyste social Gakosso Obame, il faut que la transparence soit renforcée.

" Il ne s’agit pas seulement de renforcer le contrôle par l’inspection générale des finances et autres, mais il y a question de traçabilité des finances. Chaque citoyen doit savoir ce qui est fait de chaque centime qui rentre au Trésor public", estime-t-il.

La coordination nationale Publiez Ce que Vous Payez est déjà à son 3e rapport sur le suivi des investissements dans le secteur de la santé, mais elle n’a jusque-là récolté que le vent.

La République du Congo est au 149e rang mondial dans l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement.

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