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Grèce : des efforts insuffisants pour éviter le risque de quarantaine

Des migrants arrivant en Grece.

La Grèce a beau avoir récemment accentué ses efforts dans le contrôle des migrants, elle risque fort une mise en quarantaine de la part de ses pairs de l'espace Schengen, même si elle-même et les experts soulignent que les responsabilités sont partagées.

Un projet de rapport adopté mercredi par la Commission européenne et relevant que "la Grèce a sérieusement négligé ses obligations" dans la gestion de ses frontières, lui impose de prendre des mesures draconiennes sous trois mois. Sinon, des contrôles aux frontières nationales des pays de l'espace Schengen pourraient être rétablis pour deux ans.

Cela isolerait la Grèce à l'extrémité du continent européen, face à la Turquie qui a déjà laissé quelque 850.000 personnes traverser la mer Egée en 2015. Avec cette fois le risque que les arrivants, au lieu de filer en quasi-totalité vers le nord comme actuellement, lui restent sur les bras.

Athènes a jugé dans la soirée "non constructive" cette mise en cause, fondée sur des observations réalisées en novembre, alors que la réalité est aujourd'hui "bien différente", a assuré la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili, soulignant que ce problème de "dimension historique" réclame au contraire "une action commune".

Aujourd'hui, on reproche principalement à la Grèce -qui a vu encore arriver quelque 47.000 migrants ce mois-ci, éligibles à 92% au droit d'asile (les Syriens, les Irakiens, les Afghans), selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR)- de mal les enregistrer.

Les Grecs ont pris du retard dans l'ouverture des cinq "hotspots" d'enregistrement prévus sur les principales îles d'arrivée, permettant notamment de recueillir d'emblée de manière informatique les empreintes digitales. Ils ouvriront "fin février-début mars", selon le ministre chargé de la politique migratoire, Yannis Mouzalas.

Outre la fermeture très politique des camps de rétention l'hiver précédent, dans la foulée de l'arrivée de la gauche radicale d'Alexis Tsipras au pouvoir, la Grèce est aussi mal vue pour avoir longtemps laissé passer en vrac réfugiés et migrants (notamment pakistanais et maghrébins).

Philippe Leclerc, le représentant dans ce pays du HCR, estime ainsi qu'il est "nécessaire d'organiser le plus rapidement possible des retours volontaires, ou forcés, vers les pays d'origine de ces migrants, pour que le système de protection des réfugiés ne soit pas atteint".

Aujourd'hui, les centres de rétention en Grèce, rouverts, abritent quelque 800 personnes, dont beaucoup de Marocains.

- "Appeler un chat un chat" -

Athènes a aussi eu du mal à collaborer avec l'agence de surveillance des frontières extérieures Frontex, dont une quinzaine de bateaux patrouillent maintenant avec les garde-côtes en mer Egée, essentiellement pour des opération de sauvetage, car le refoulement en mer n'est pas autorisé, a souligné lundi la porte-parole de Frontex.

Beaucoup d'experts au contact direct de la réalité sont plus indulgents envers la Grèce. M. Leclerc souligne les "progrès considérables" récemment accomplis, certes en association avec Frontex, le HCR ou les nombreuses ONG présentes sur place.

Un expert européen de la sécurité note aussi la difficulté à convaincre la Turquie ou les pays d'origine des migrants économiques à réadmettre ces derniers.

Tout en estimant que "la Grèce n'est pas à la hauteur de ses obligations et depuis longtemps", Henri Labayle, le directeur du Centre de Documentation et de Recherches européennes (CDRE), constate aussi qu'"il faut appeler un chat un chat et que c'est la Turquie qui est en train d'inonder l'UE d'un flux migratoire qu'elle pourrait parfaitement réguler si elle le voulait".

M. Leclerc déplore que sur les 64.400 places de relocalisation de réfugiés promises à Athènes par l'UE, seules 646 aient été offertes.

La Grèce est à présent menacée de devenir un camp de migrants géant. D'autant que l'UE a aussi l'intention d'aider la Macédoine, premier pays à sa sortie nord, qui n'est membre ni de l'UE ni de l'espace Schengen, à mieux protéger ses frontières.

Quelque 2.000 personnes, désormais uniquement des réfugiés éligibles au droit d'asile, passent encore quotidiennement la frontière à Idomeni.

M. Leclerc estime qu'un tel isolement "serait très grave pour la Grèce", confrontée à la gestion de "milliers voire (de) dizaines de milliers de personnes ayant besoin d'un abri". Il faudrait alors que "les mécanismes de solidarité des Etats de l'UE jouent à fond, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio

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