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Grande Bretagne: Premier débat télévisé équilibré entre Johnson et Corbyn

Le leader conservateur Boris Johnson et le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn, avant leur débat télévisé à Londres, le 19 novembre 2019.

Boris Johnson et Jeremy Corbyn n'ont pas réussi à se départager mardi lors de leur premier face-à-face télévisé en vue des élections législatives du 12 décembre en Grande-Bretagne, d'après un sondage réalisé à l'issue du débat.

Selon cette enquête réalisée par l'institut YouGov, 51% des téléspectateurs ont jugé que le Premier ministre conservateur s'était montré le plus convaincant, mais 49% ont pensé la même chose de son adversaire travailliste. Ces chiffres excluent ceux qui ne se prononcent pas.

"Au final, c'est probablement mieux pour le chef du Labour. Parce qu'un match nul quand vous êtes largement derrière dans les sondages, c'est une meilleure nouvelle que quand vous êtes devant", a commenté Chris Curtis, un chercheur de l'institut.

Il a toutefois estimé que les premières réactions indiquaient que le débat ne bouleverserait pas la donne à l'approche des élections. Les conservateurs sont donnés favoris du scrutin, avec jusqu'à 18 points d'avance sur le Labour selon les enquêtes, mais le résultat reste difficile à prédire en raison des diverses alliances conclues par les deux partis sur le Brexit et du vote de plus en plus imprévisible des électeurs.

Le débat entre les deux hommes, qui avait lieu à Manchester, retransmis par la chaîne ITV, a été dominé par la question du retrait britannique de l'UE. Pour marquer sa différence, Boris Johnson a insisté sur le fait qu'il sortirait comme convenu le Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier prochain et assuré qu'il obtiendrait un traité de libre échange avec les Européens d'ici la fin 2020.

Contrairement au Premier ministre conservateur, Jeremy Corbyn s'est engagé, si son parti remporte les élections législatives du 12 décembre, à renégocier un traité de divorce avec Bruxelles et de le soumettre ensuite à référendum, avec la possibilité de voter pour un maintien dans l'UE.

A l'invitation de la présentatrice d'ITV Julie Etchingham, les deux hommes se sont serré la main en promettant d'améliorer la qualité du débat politique en Grande-Bretagne, qui s'est fortement dégradée depuis le référendum sur la sortie de l'UE en 2016.

Avec Reuters

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Face à la mobilisation des civils, les Russes prennent la route de l'exil

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Des milliers de Russes tentent de fuir leur pays pour échapper au à la mobilisation décrétée il y a une semaine par le président Poutine.

Fuites de gaz dans les pipelines sous-marins russes qui alimentent l'Europe

Les tuyaux des installations d'atterrissage du gazoduc "Nord Stream 1" à Lubmin, en Allemagne, le 8 mars 2022.

Pour la Première ministre danoise Mette Frederiksen, "il est difficile d'imaginer que c'est accidentel" et un sabotage ne doit pas être "exclu".

Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne ont été tous deux subitement touchés par des fuites aussi spectaculaires qu'inexpliquées en mer Baltique, suscitant mardi des soupçons de sabotage.

Les trois grandes fuites identifiées depuis lundi au large de l'île danoise de Bornholm sont visibles à la surface avec des bouillonnements allant de 200 jusqu'à 1 kilomètres de diamètre, a annoncé l'armée danoise, images impressionnantes à l'appui.

Le gazoduc Nord Stream 2 avait été le premier victime d'une forte chute de pression lundi, suivi quelques heures plus tard de Nord Stream 1, qui suit un tracé quasi parallèle sous la Baltique.

Le Danemark et la Suède avaient confirmé mardi matin être confrontées à trois fuites sur les deux conduites distinctes.

Une des fuites sur Nord Stream 1 s'est produite dans la zone économique exclusive du Danemark, l'autre dans celle de la Suède, selon les deux pays.

Objets de bras de fer géopolitiques ces derniers mois, les deux pipelines exploités par un consortium dépendant du géant russe Gazprom ne sont pas opérationnels à cause des conséquences de la guerre en Ukraine. Mais tous les deux étaient encore remplis de gaz.

Le Kremlin, vers qui se sont tournés nombre de regards, s'est dit "extrêmement préoccupé", estimant qu'il ne fallait exclure "aucune" hypothèse, y compris celle d'un sabotage.

Pour la Première ministre danoise Mette Frederiksen, "il est difficile d'imaginer que c'est accidentel" et un sabotage ne doit pas être "exclu", a-t-elle dit en marge d'un déplacement en Pologne.

L'exploitant des pipelines, le consortium Nord Stream, a dit ne pas avoir pu voir ni évaluer les dégâts, mais a reconnu le caractère exceptionnel de la situation.

"Un incident durant lequel trois tuyaux éprouvent simultanément des difficultés le même jour n'est pas ordinaire", a déclaré un porte-parole à l'AFP.

Des responsables militaires alertent régulièrement sur le risque de saboter des installations civiles sous-marines essentielles, comme des câbles de télécommunications, des liaisons électriques ou d'hydrocarbures

Le Danemark a dépêché sur place deux navires militaires accompagnés d'hélicoptères, tandis que le gouvernement suédois a convoqué une réunion d'urgence mardi soir.

Malgré l'incertitude sur la cause des fuites, Copenhague a immédiatement placé en état d'alerte orange ses infrastructures énergétiques, le deuxième niveau de vigilance le plus élevé.

"Extrêmement rare"

"Les fuites de gazoducs sont extrêmement rares et nous voyons donc une raison d'augmenter le niveau de vigilance à la suite des incidents auxquels nous avons assisté au cours des dernières 24 heures", a expliqué le directeur de l'Agence danoise de l'énergie, Kristoffer Böttzauw.

Des mesures concrètes pour augmenter la sécurité des usines et des installations vont devoir être mises en place par les entreprises du secteur, notamment en ce qui concerne l'accès et la surveillance des installations.

Construit en parallèle au gazoduc Nord Stream 1, le pipeline Nord Stream 2 était destiné à doubler la capacité d'importation de gaz russe en Allemagne.

Mais sa mise en service imminente a été suspendue, en représailles contre l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

Gazprom a également progressivement réduit les volumes de gaz livrés par Nord Stream 1 jusqu'à la fermeture complète du gazoduc à la fin du mois d'août, accusant les sanctions occidentales d'avoir retardé les réparations nécessaires du pipeline.

Les autorités allemandes n'ont quant à elles pas encore réagi. Mais selon une source proche du gouvernement allemand, citée par le quotidien allemand Taggesspiegel, "tout parle contre une coïncidence" et en faveur d'une "attaque ciblée".

La navigation a été interdite dans un rayon de cinq milles nautiques (environ neuf kilomètres) autour des trois fuites, ainsi que leur survol dans un rayon d'un kilomètre.

Selon les autorités, les incidents sont sans conséquences pour la sécurité ou la santé des riverains.

L'impact environnemental direct devrait lui aussi être local et limité. Mais le gaz naturel, ou plus précisément le méthane, a un fort impact sur l'effet de serre quand il est directement relâché dans l'atmosphère.

Avec son homologue polonais, la Première ministre danoise inaugurait justement mardi le Baltic Pipe, un nouveau gazoduc reliant la Norvège à la Pologne et passant à travers le Danemark.

L'Italie dans une ère d'incertitude après la victoire de la droite

L'Italie dans une ère d'incertitude après la victoire de la droite
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Italie: victoire historique de l'extrême droite aux élections législatives

Giorgia Meloni, présidente du parti Fratelli d'Italia (FDI), dans un bureau de vote le 25 septembre 2022.

Ce séisme intervient deux semaines après celui qui, en Suède, a vu la victoire d'un bloc conservateur.

Après la Suède, l'extrême droite fait une nouvelle percée en Europe avec la victoire de Giorgia Meloni aux législatives de dimanche en Italie, où pour la première fois depuis 1945 un parti post-fasciste est aux portes du pouvoir.

En restant dans l'opposition à tous les gouvernements qui se sont succédé depuis les législatives de 2018, Fratelli d'Italia (FdI) s'est imposé comme la principale alternative, passant de 4,3% à environ un quart des voix, selon les premiers sondages de sortie des urnes, devenant ainsi le premier parti du pays.

La coalition qu'elle forme avec l'autre parti eurosceptique d'extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, et Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi, récolterait jusqu'à 47% des suffrages.

Et avec le jeu complexe du système électoral, elle devrait s'assurer la majorité absolue des sièges aussi bien à la Chambre des députés qu'au Sénat.

Les Italiens aux urnes pour élire un nouveau Parlement
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Si ces résultats se confirmaient, FdI et la Ligue remporteraient ensemble "le pourcentage le plus élevé de votes jamais enregistré par des partis d'extrême droite dans l'histoire de l'Europe occidentale de 1945 à aujourd'hui", a relevé le Centre italien d'Etudes électorales (CISE).

La formation fondée fin 2012 par Giorgia Meloni avec des dissidents du berlusconisme devance le Parti démocrate (PD) d'Enrico Letta, qui n'a pas réussi à susciter un vote utile pour faire barrage à l'extrême droite et ne recueille qu'entre 17 et 21%.

Le taux de participation à la clôture des urnes chute à 64,07%, contre 73,86% en 2018.

La coalition a un "net avantage aussi bien à la Chambre qu'au Sénat", s'est réjoui sur Twitter Matteo Salvini.


Vox


Ce séisme intervient deux semaines après celui qui, en Suède, a vu la victoire d'un bloc conservateur comprenant les Démocrates de Suède (SD), parti issu de la mouvance néonazie qui a réalisé une forte percée, devenant la première formation de droite du pays nordique.

Dans ce qui a été (mal) perçu à Rome comme un avertissement sans frais, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé que l'UE disposait "d'instruments" pour sanctionner les Etats membres portant atteinte à l'Etat de droit et à ses valeurs communes.

"Les Italiens ont offert une leçon d'humilité à l'Union européenne qui, par la voix de Mme von der Leyen, prétendait leur dicter leur vote", a cinglé sur Twitter le président du Rassemblement national français Jordan Bardella.

Le Premier ministre italien sortant, Mario Draghi, au sommet du G7 en Allemagne, lundi 27 juin 2022.
Le Premier ministre italien sortant, Mario Draghi, au sommet du G7 en Allemagne, lundi 27 juin 2022.

Bêtes noire de Bruxelles, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son homologue polonais Mateusz Morawiecki ont adressé dès dimanche soir leurs "félicitations" à Mme Meloni.

M. Orban, par la voix de son directeur politique, le député Balazs Orban, a ajouté ce message: "Nous avons plus que jamais besoin d'amis partageant une vision et une approche communes de l'Europe".

Meloni "a montré la voie vers une Europe orgueilleuse et libre de nations souveraines", s'est réjoui de son côté le leader du parti espagnol d'extrême droite VOX, Santiago Abascal.

"Grande inconnue"

Fratelli d'Italia doit son succès autant aux promesses non tenues de ses adversaires et au vent de "dégagisme" qui souffle sur la péninsule qu'au charisme de sa dirigeante.

Cette Romaine de 45 ans qui, jeune militante, disait admirer Mussolini, est parvenue à dédiaboliser son image et rassembler sur son nom les peurs et les colères de millions d'Italiens face à la flambée des prix, au chômage, aux menaces de récession ou à l'incurie des services publics.

Le gouvernement devra notamment gérer la crise causée par l'inflation galopante, l'Italie croulant déjà sous une dette représentant 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce.

Dans ce pays à l'instabilité gouvernementale chronique, les experts s'accordent déjà sur la courte espérance de vie de la coalition victorieuse, un mariage de raison entre trois alliés aux ambitions concurrentes.

Pour Mme Meloni, "le défi sera de transformer son succès électoral en leadership de gouvernement qui puisse s'inscrire dans la durée, c'est cela la grande inconnue", a estimé dimanche soir Lorenzo De Sio, professeur de sciences politiques à l'université Luiss de Rome.

Mme Meloni, sans expérience gouvernementale à part un passage éphémère au ministère de la jeunesse (2008-2011), aura fort à faire pour gérer ses encombrants alliés, bien plus expérimentés: Silvio Berlusconi a été plusieurs fois chef de gouvernement et Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre.

Dans le dossier ukrainien, l'Europe et les alliés de l'Italie, membre de l'Otan, scruteront également la répartition des portefeuilles entre les trois partis.

Car si Giorgia Meloni est atlantiste et soutient les sanctions frappant Moscou, M. Salvini s'y oppose.

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