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Theresa May annonce sa démission, effective le 7 juin

Mme May a précisé qu'elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur -- et donc de cheffe du gouvernement-- le 7 juin.

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé vendredi sa démission, suite à son échec à faire adopter son plan de retrait de l'Union Européenne.

La voix étranglée par l'émotion, Mme May a précisé qu'elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur -- et donc de cheffe du gouvernement-- le 7 juin, dans une allocution prononcée devant le 10, Downing Street. Elle a exprimé, au bord des larmes, "un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit" .

Theresa May, 62 ans, effectue ainsi une sortie sans gloire, après avoir échoué à mettre en oeuvre un Brexit pour lequel elle n'avait pas voté mais qui a phagocyté son mandat.

Son arrivée comme cheffe du gouvernement en juillet 2016, au lendemain du référendum qui a décidé de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, avait pourtant rassuré les Britanniques.

La tâche de détricoter plus de 40 ans de liens avec l'UE n'avait rien de facile, souligne Simon Usherwood, politologue de l'Université de Surrey. "Quiconque dans sa position aurait rencontré de grandes difficultés", ajoute-t-il, estimant cependant que Mme May "n'a pas vraiment eu la meilleure approche" en choisissant de ne s'appuyer que sur son Parti conservateur, en particulier sa branche la plus déterminée à couper tout lien avec l'UE.

Pour son confrère Tim Bale, professeur de sciences politiques à l'université Queen Mary de Londres, elle a péché "par refus de réalisme", en refusant une "approche transpartisane", en particulier après son échec aux élections générales de 2017, qu'elle a convoquées galvanisée par de bons sondages mais qui lui ont coûté sa majorité absolue. Elle a été dès lors contrainte de s'allier avec le petit parti unioniste ultra-conservateur nord-irlandais DUP, qui a dicté ses exigences sur le Brexit.

Depuis, ballotée de crise en crise, elle a assisté à la décomposition progressive de son gouvernement avec plus de trente démissions, deux motions de défiance dont l'une de son propre parti, et trois rejets par les députés de l'accord de divorce qu'elle a fini par conclure avec Bruxelles en novembre.

- "Maybot" -

"C'est elle qui a rendu le job impossible", tranche Tim Bale. "Difficile d'imaginer quelqu'un qui aurait faire pire qu'elle".

Les éditorialistes ne sont guère plus tendres avec celle qu'ils surnomment "Maybot", une contraction de "May le robot", pour sa froideur lors de ses interventions publiques, au cours desquelles elle répète souvent mécaniquement le même discours.

Début avril, la dirigeante a fini par tendre la main au principal parti d'opposition, le Parti travailliste, pour trouver un consensus. Mais le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a rompu les discussions la semaine dernière, mettant en avant son autorité affaiblie, outre leurs divergences.

Comble du reniement pour celle dont le Brexit a constitué l'agenda presque unique, elle a dû organiser des élections européennes.

"L'Histoire ne retiendra pas d'elle une image favorable", estime Simon Usherwood, soulignant le "peu de résultat à son actif".

Ce n'est pas faute d'ambition pour cette femme qui derrière sa timidité apparente rêvait dès l'adolescence de faire de la politique et de devenir la première femme chef de gouvernement du Royaume-Uni.

Margaret Thatcher lui souffle ce titre, mais elle devient la première femme secrétaire générale du Parti conservateur de 2002 à 2003. A ce poste, elle s'illustre lors d'un discours en appelant les Tories, alors marqués très à droite, à se débarrasser de leur image de "nasty party" ("parti des méchants").

Après avoir soutenu David Cameron dans sa conquête du parti en 2005, elle hérite du portefeuille de l'Intérieur lorsqu'il arrive à Downing Street en 2010. Elle reste six ans à ce poste exposé, dans lequel elle s'illustre par sa gestion ferme de l'immigration.

En 2016, elle lui succède. Après s'être prononcée du bout des lèvres pour le maintien dans l'UE, elle épouse immédiatement le résultat du référendum et affirme: "Désormais nous sommes tous des Brexiters".

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Obsèques à Paris de la féministe franco-tunisienne Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, le 14 september 2008 à la Fête de l'Humanité à Paris. L'avocate féministe franco-tunisienne est décédée le 28 juillet 2020 à l'âge de 93 ans. (Wikipedia-Oliver Tetard)

Les obsèques de l'avocate féministe Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet à 93 ans, ont été célébrées jeudi à Paris en présence de centaines de personnes, au son de "l'Hymne des femmes". Une place sera baptisée de son nom à Tunis et à la Goulette, son lieu de naissance.

Un grand portrait souriant de la défunte a été exposé devant son cercueil, lors de cette cérémonie laïque organisé au crématorium du Père-Lachaise, où ses cendres reposeront aux côtés de celles de son mari.

Gisèle Halimi "fait partie de ces personnes assez rares qui nous réveillent", lui a rendu hommage l'écrivain Régis Debray, confiant avoir "compris grâce à elle" que le combat pour l'émancipation des femmes et celui pour l'émancipation des peuples ne faisaient qu'un. "Elle mérite de rester parmi nous comme un défi à toutes les convenances, les défis et les paresses", a-t-il estimé.

Outre deux de ses trois fils, plusieurs personnalités se sont succédé pour évoquer la mémoire de cette inlassable combattante pour les droits des femmes, avocate engagée et figure de la cause anticoloniale, ancienne députée et autrice. Parmi elles, l'ambassadeur d'Algérie Salah Lebdioui et des militantes de l'association "Choisir la cause des femmes" qu'elle a fondée avec Simone de Beauvoir en 1971.

Née Gisèle Taïeb le 27 juillet 1927 dans une famille modeste à La Goulette, banlieue cosmopolite de la capitale tunisienne où elle a grandi, elle sera témoin, enfant, le 9 avril 1938, de la répression sanglante à Tunis d'une manifestation favorable à l'émancipation des Tunisiens, un épisode qui la marquera durablement. Elle deviendra ainsi plus tard une des avocates de la cause anticoloniale.

Gisèle Halimi est aussi connue pour avoir défendu en 1960 Djamila Boupacha, militante du Front algérien de libération nationale (FLN, indépendantiste) accusée d'avoir déposé une bombe à Alger, qui a été violée et torturée par des militaires français pour lui arracher des aveux.

La petite-fille de Djamila Boupacha a lu jeudi un message émouvant de sa grand-mère: "tu n'as pas seulement été mon avocate, mais une grande soeur".

Le président tunisien Kais Saied a transmis un message de sympathie, dans lequel il a évoqué notamment le lien "ombilical" de Gisèle Halimi avec son pays natal. Une place sera baptisée de son nom à Tunis ou à la Goulette, a précisé une diplomate tunisienne, présente à la cérémonie.

Le cercueil est sorti du crématorium sous les acclamations des proches et des anonymes, qui ont crié "merci" et même "Gisèle Halimi au Panthéon!".

Emmanuel Macron est arrivé à Beyrouth

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Les pays membres de l'OIT ratifient une convention sur le travail des enfants

Un membre du personnel de l'OIT debout à côté d'un panneau montrant le logo de l'OIT, avant l'ouverture de la 95e Assemblée de l'Organisation internationale du travail (OIT) au siège européen des Nations Unies à Genève , Suisse, mercredi 30 mai 2007. (KEYSTONE / Salvatore Di Nolf

Vingt-et-un ans après son élaboration, une convention visant à éradiquer les pires formes de travail des enfants a été adoptée par l'ensemble des 187 États membres de l'Organisation internationale du travail, avec la ratification mardi de Tonga.

"Pour la première fois dans l'histoire de l'OIT, une convention internationale du travail a été ratifiée par tous les États membres, la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants, après sa ratification par le royaume de Tonga", un État polynésien (Pacifique Sud), a annoncé Guy Ryder, le directeur général de l'OIT lors d'une conférence de presse en ligne.

Pour Guy Ryder, cela "reflète un engagement mondial selon lequel les pires formes de travail des enfants, telles que l'esclavage, l'exploitation sexuelle, l'utilisation des enfants dans les conflits armés ou d'autres travaux dangereux ou illicites qui compromettent la santé, la moralité et le bien-être psychologique des enfants, n'ont pas leur place dans notre société".

Si théoriquement, désormais "tous les enfants du monde entier bénéficient d'une protection juridique essentielle contre les pires formes de travail des enfants", le directeur général de l'OIT a reconnu qu'il restait "d'énormes défis" à surmonter.

Selon une étude conjointe de l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et de l'OIT, institution spécialisée de l'ONU, le nombre d'enfants qui travaillent dans le monde a diminué de 94 millions depuis 2000.

Cependant, 152 millions d'enfants restaient contraints au labeur, dont 73 millions accomplissaient des travaux dangereux, selon les dernières estimations de l'OIT portant sur la période 2012-2016.

Et les progrès dans la réduction de ce nombre "ralentissent" aujourd'hui, voire pourraient être anéantis par la pandémie de Covid-19.

La crise découlant de la pandémie risque de conduire pour la première fois en vingt ans à une hausse globale du travail des enfants, avec des millions supplémentaires forcés de travailler quand leurs familles plongent dans la pauvreté, a déjà averti l'ONU.

Soixante-dix pour cent de l’ensemble du travail des enfants concernent l’agriculture et sont essentiellement liés à la pauvreté et aux difficultés de leurs parents à trouver un travail décent.

Selon le texte de la convention, "tout pays qui (la) ratifie doit prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants et ce, de toute urgence".

Parmi ces pires formes, sont compris notamment, l'esclavage, la servitude pour dettes, le travail forcé ou obligatoire, y compris en vue de leur utilisation dans des conflits armés, toute activité illicite (prostitution, pornographie, production et trafic de stupéfiants) ou nuisible à la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant.

"Lorsqu'un pays s'engage légalement à agir d'une certaine manière, cela nous donne un véritable levier pour progresser", a estimé M. Ryder.

"Cela fait une différence mais ce n'est pas une solution miracle", a-t-il reconnu.

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

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