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Elections européennes: victoire surprise des pro-européens aux Pays-Bas

Frans Timmermans, leader des travaillistes néerlandais.

Les partis pro-européens néerlandais ont déjoué jeudi sondages qui annonçaient une victoire des populistes aux élections européennes et sont sortis vainqueurs du scrutin, selon les premières estimations, sous la houlette de Frans Timmermans, candidat à la présidence de la Commission européenne.

Les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ouvraient le bal ce jeudi, mais rien ne devrait filtrer du Royaume uni avant que les autres Etats membres aient fini de voter, dimanche soir.

Les travaillistes néerlandais (PvdA) de M. Timmermans, qui brigue la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, ont devancé selon les estimations les libéraux (VVD) et les populistes (FvD), aui étaient censés remporter le scrutin.

Avec 18,1% des suffrages, le PvdA devrait remporter cinq des 26 sièges alloués aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, pro-européen, quatre sièges avec 15% des suffrages, et le Forum de la démocratie (FvD) du populiste eurosceptique Thierry Baudet trois sièges avec 11% des suffrages, selon les estimations Ipsos pour la télévision publique NOS.

- "Une autre Europe" -

"Je me rends compte qu'il y a partout en Europe un besoin d'une autre Europe, d'une Europe qui lutte beaucoup plus contre le changement climatique", a commenté M. Timmermans.

"Une Europe qui voit que nous devons plus collaborer ensemble au niveau social, que les grandes entreprises doivent payer plus d'impôts. Ce sont des thèmes pour lesquels oeuvre la social-démocratie", a-t-il ajouté sur NOS.

Les résultats officiels seront publiés dimanche soir, après la clôture du scrutin à travers le continent pour lequel plus de 400 millions d'électeurs voteront dans 28 pays pour élire 751 députés européens lors de ces élections qui se tiennent jusqu'à dimanche. Ce sera au tour vendredi de l'Irlande et la République tchèque, la plupart des autres pays de l'UE se prononçant dimanche.

Un envol des mouvements nationalistes et populistes était attendu lors du scrutin, qui devait selon les sondages faire perdre du terrain aux deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), groupe de la droite pro-européenne, et le Parti socialiste européen (PSE).

D'après les derniers sondages, le parti de Marine Le Pen (extrême droite) devance celui du président Emmanuel Macron en France tandis qu'en Italie, la Ligue de Matteo Salvini fait la course en tête avec un discours anti-UE.

- Brexit omniprésent -

Au Royaume-Uni, les Britanniques ont voté dans un climat plombé par le Brexit, qui monopolise les débats politiques depuis le référendum de juin 2016.

Faute d'être sorti de l'UE dans les temps, le Royaume-Uni a été contraint d'organiser ce scrutin d'autant plus surréaliste que les députés britanniques pourraient ne siéger que quelques semaines au parlement européen.

Le pays devait quitter l'UE le 29 mars mais faute d'avoir obtenu le soutien des députés, qui ont rejeté à trois reprises l'accord de sortie qu'elle avait conclu en novembre avec Bruxelles, la Première ministre Theresa May a dû repousser la date du divorce, désormais fixé au 31 octobre au plus tard.

Pour éviter une sortie sans accord, elle tente de convaincre les députés de soutenir un projet de loi qu'elle présente comme la "dernière chance" de mettre en oeuvre le Brexit. Mais elle a dû repousser à une date indéterminée le vote sur le projet, attaqué de tous côtés et qui a provoqué mercredi la démission fracassante de la ministre chargée des relations avec le Parlement, l'eurosceptique Andrea Leadsom.

Dans cette campagne insolite, le Parti du Brexit, de l'eurosceptique Nigel Farage, réclame une sortie de l'UE immédiate et sans accord. Ce nouveau parti, créé en février, caracole en tête des sondages. "On a déjà voté Brexit, ils nous ont ignoré, donc on va leur dire de nouveau", a déclaré M. Farage jeudi à l'AFP. Il espère être "le député européen au mandat le plus court de l'histoire", comptant sur un Brexit rapide.

Avec AFP

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Algérie/virus: premier ferry pour la France depuis la suspension des traversées

Une Algérienne regarde la mer en visitant une ruine romaine sur le site archéologique de Tipasa, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à environ 70 km (43 miles) à l'ouest d'Alger, le 4 mai 2012. REUTERS / Zohra Bensemra

Un ferry français a appareillé lundi d'Alger à destination de Marseille, dans le sud de la France, assurant la première liaison maritime pour le transport de passagers entre les deux pays depuis la suspension des traversées en raison de la pandémie de Covid-19.

Le "Danielle Casanova" de la compagnie privée Corsica Linea a quitté le port d'Alger à 15H10 locales (14H10 GMT), avec 970 passagers et 427 véhicules à bord, a précisé à l'AFP la capitainerie du port.

D'une capacité de 2.400 passagers et pouvant embarquer jusqu'à 700 véhicules, le ferry était arrivé vide à Alger à 07H00 locales (06H00 GMT) en provenance de Marseille.

Il est attendu dans la cité phocéenne mardi à la mi-journée.

Tout au long de la matinée, le navire a embarqué des expatriés et des Algériens résidant en France, bloqués en Algérie depuis près de trois mois par les restrictions de déplacements dues à la crise sanitaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je suis bloqué en Algérie depuis plus de trois mois. J'ai dû séjourner durant toute cette période dans un hôtel de la capitale", raconte à l'AFP Mustapha, un Franco-algérien de 49 ans établi à Lyon (sud-est de la France).

"J'attends ici dans l'espoir de pouvoir monter a bord du bateau. Les billets se vendent en sous-main", assure-t-il.

Afin de respecter les normes sanitaires et les règles de distanciation, la Corsica Linea n'a vendu que des places en cabines, dans lesquelles les passagers seront confinés pendant la traversée, selon une source portuaire.

Restaurants et bars à bord resteront fermés mais l'équipage a distribué aux passagers des sandwiches et des boissons.

Le "Danielle Casanova", mis en service en 2002, doit assurer deux dessertes similaires dimanche et mardi prochains, selon la capitainerie. D'autres liaisons sont envisagées dans la première quinzaine de juin.

L'Algérie a fermé ses frontières maritimes depuis le 19 mars, date à laquelle un ferry algérien avait assuré une ultime traversée entre la France et l'Algérie.

Le "Tariq Ibn Ziad", de la compagnie Algérie Ferries, avait alors rapatrié en Algérie depuis Marseille environ 1.700 personnes, piégées en France par la pandémie.

- Vols de retour spéciaux -

Par ailleurs, la mise en place de vols de rapatriement s'accélère depuis plusieurs jours dans les deux sens, assurés notamment par la compagnie nationale Air Algérie.

Depuis la fermeture de l'espace aérien algérien le 17 mars, Air France a organisé des vols spéciaux à partir d'Alger qui ont permis à plus de 6.000 personnes de regagner l'Hexagone, selon l'ambassade de France en Algérie.

La compagnie aérienne ASL Airlines France organise plusieurs vols retour au départ d'Alger, Annaba (nord-est de l'Algérie) et Bejaïa (est), à destination de Paris et Lyon (centre de la France), à partir de ce lundi et jusqu'au 8 juin, selon un programme affiché sur le site de la compagnie.

Et la filiale à bas coûts d'Air France-KLM, Transavia France, va proposer prochainement des vols spéciaux à partir d'Algérie, selon le consulat général de France à Alger.

Au total, au 26 mai, plus de 350 vols spéciaux ont permis de rapatrier 56.000 ressortissants français depuis l'Algérie, le Maroc, et la Tunisie, selon le ministère français des Affaires étrangères --dont 8.000 pour la seule Algérie.

Mais face au nombre important de Français toujours bloqués, Paris a décidé la semaine dernière de renforcer les liaisons aériennes et maritimes vers ces trois pays du Maghreb afin de pouvoir rapatrier 15.000 ressortissants supplémentaires.

Un ferry avait déjà rallié la France depuis Tunis à la mi-mai et un autre est prévu le 17 juin.

Deux navires passagers ont également appareillé du Maroc la semaine dernière.

J.K. Rowling met gratuitement en ligne un conte pour les enfants confinés

L'auteure britannique J.K. Rowling, créatrice de la série de livres Harry Potter, lors du lancement du site en ligne Pottermore à Londres, le 23 juin 2011. (Reuters/Suzanne Plunkett)

Joanne Rowling, auteur de la saga à succès Harry Potter, met gratuitement en ligne, sous forme de feuilleton, un roman écrit il y a dix ans, afin de distraire les "enfants confinés".

Jusqu'au vendredi 10 juin, un ou plusieurs des 34 chapitres de "The Ickabog", du nom du personnage fantasmatique au coeur de ce conte, sont révélés chaque jour sur un site internet dédié. Il traite des "thèmes intemporels" que sont "la vérité et l'abus de pouvoir", selon J.K. Rowling.

"Ecrit pour être lu à haute voix, The Ickabog est un conte de fée qui se déroule dans un pays imaginaire et qui n'a rien à voir avec le reste du travail" de J.K. Rowling, est-il indiqué dans un communiqué, qui précise qu'il est destiné aux "enfants de 7 à 9 ans mais peut être apprécié de toute la famille". L'auteure à succès l'avait initialement écrit pour le lire à ses enfants le soir.

"L'idée de The Ickabog m'est venue alors que j'étais encore en train d'écrire Harry Potter, je voulais le publier après "la fin de la série, a confié J.K.Rowling sur son site internet. Mais la Britannique avait finalement décidé de s'éloigner de la littérature pour enfants pendant un moment, laissant le brouillon de The Ickabog prendre la poussière "au grenier pendant une décennie".

Plusieurs traductions seront aussi disponibles sous peu. Dès novembre, le conte sera disponible au format livre imprimé, livre audio ou e-book. Les bénéfices de ces ventes seront entièrement reversés à "des projets d'aide aux groupes particulièrement touchés par la pandémie".

En Grèce, des milliers de réfugiés menacés d'expulsion

Des migrants font la queue pour recevoir des désinfectants devant un hôtel utilisé comme refuge pour réfugiés, après que les autorités ont trouvé plusieurs cas du nouveau coronavirus et mis la zone en quarantaine, à Kranidi, en Grèce, le 21 avril 2020.

"Comment le gouvernement grec peut-il nous jeter à la rue?". Plus de 11.200 réfugiés doivent être expulsés à partir de lundi des logements sociaux qui leur étaient attribués à travers la Grèce, selon le ministère des Migrations.

La nouvelle législation grecque sur l'asile a réduit de six mois à un mois la période pendant laquelle les réfugiés ayant obtenu l'asile peuvent rester dans ces appartements financés par l'UE dans le cadre du programme d’hébergement ESTIA géré par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Les premières dizaines de réfugiés avaient quitté leurs logements lundi, selon les autorités, au premier jour d'un processus d'un mois initialement prévu en avril.

Un report avait été accordé "jusqu’à fin mai en raison de l’épidémie de Covid-19", a déclaré le ministre des Migrations, Notis Mitarachi.

"Depuis dix ans, nous nous battons pour survivre. (...) Maintenant alors que notre situation s'est stabilisée, on nous demande de nouveau de tout recommencer à zéro…", dit à l'AFP Abdelkader Rahmoun.

Ce Syrien de 44 ans, sa femme et ses deux enfants doivent quitter fin juin le logement qui leur a été attribué par l'ONG grecque Nostos au Pirée, le port d'Athènes.

"Notre aide financière de 400 euros par mois nous sera aussi coupée. Si nous sommes expulsés, nous risquons de nous retrouver à la rue", dit-il.

L'ancien chauffeur de taxi se rappelle comment à Idlib, en Syrie, sa famille a déjà "changé plusieurs fois de logements pour se mettre à l’abri des bombardements" avant de rejoindre la Grèce via la Turquie.

Dans ce quartier populaire du Pirée, l'immeuble rose où vit la famille d'Abdelkader, héberge dix familles de nationalités différentes dont six doivent être évacuées courant juin.

Ses voisins, une famille irakienne de Bagdad, se trouvent dans une grande vulnérabilité avec un père en fauteuil roulant et une fillette de 5 ans handicapée ne pouvant s’alimenter ni boire seule.

"Malgré notre situation difficile, l’ONG nous a avertis que nous devrions quitter notre logement fin juin", soupire la mère de famille Asil Nadawi, qui s’occupe des quatre enfants.

"Avec mon père et ma sœur handicapés, comment le gouvernement grec peut nous jeter à la rue ? C’est cruel!", s’insurge le fils aîné, Mustafa.

- "Il faut laisser la place" -

Le gouvernement grec juge cependant cette politique nécessaire pour que les hébergements bénéficient aux plus de 32.500 demandeurs d’asile qui vivent dans des conditions sordides dans les camps des îles surpeuplés du nord de la mer Egée.

"Il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place. Il faut mettre une limite et que les réfugiés s'intègrent et trouvent un travail", a déclaré à l'AFP Manos Logothetis, secrétaire du service d'asile grec.

"Nous ferons le nécessaire pour assurer une transition douce pour ceux qui quittent leurs logements", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, pendant qu'une centaine de manifestants scandaient à Athènes "Non aux expulsions".

Pour le porte-parole du HCR en Grèce, Boris Cheshirkov, la décision gouvernementale est préoccupante. "Les réfugiés vont devoir quitter cette forme d’assistance sans accès efficace aux services sociaux grecs. En théorie, ils ont droit à des aides mais en réalité pour ceux qui ne parlent pas la langue, naviguer dans la bureaucratie grecque peut être extrêmement difficile".

Le gouvernement grec soutient que les réfugiés peuvent postuler au programme Helios, mis en place par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) qui leur permet de suivre des cours de grec et de bénéficier d'une allocation pour leur logement.

Mais ce programme est peu adapté, note Eva Giannakaki, de l’ONG Solidarity Now. "Les réfugiés sont censés trouver eux-mêmes un logement, or ils font face à des attitudes xénophobes des propriétaires, à des démarches administratives peu compréhensibles et au manque d'offre d'appartements bon marché".

Désespéré, Abdelkader a participé fin mai à plusieurs manifestations de réfugiés: "Il n’y a pas d’intégration en Grèce, même le gouvernement considère que nous ne sommes que de passage (...) la meilleure solution serait sans doute que d’autres pays européens nous ouvrent leurs portes".

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Dissolution d'une unité de police après un viol dans un commissariat en Ukraine

Policiers ukrainiens avant une opération de sécurisation près de l'aéroport de Kharkiv après l'évacuation de plus de 70 personnes de Chine en raison de l'épidémie de COVID-19, le 20 février 2020, (Photo AP/Igor Chekachkov)

Une unité de police ukrainienne a été entièrement dissoute et deux policiers interpellés après le viol d'une jeune femme dans un commissariat du centre du pays.

Selon le Bureau d'enquête national ukrainien (DBR), un policier a "torturé" dans la nuit de samedi à dimanche une femme de 26 ans, convoquée comme témoin dans un poste de police de la ville de Kagarlyk, à environ 80 kilomètres au sud de Kiev.

Un agent de police a mis un masque à gaz sur le visage de la victime, l'a menottée et a tiré avec un pistolet au dessus de sa tête, avant de la violer plusieurs fois, a précisé le DBU dans son communiqué.

Lors de la même nuit, un homme se trouvant dans le commissariat a été tabassé et menacé de viol par des policiers. Il souffre de fractures des côtes et du nez, selon la même source.

Deux membres des forces de l'ordre soupçonnés d'être impliqués dans ces crimes ont été limogés et arrêtés. L'unité dans laquelle ils travaillaient a par ailleurs été dissoute, a annoncé la police nationale dans un communiqué.

Une enquête pour "viol", "torture" et "abus de pouvoir" a été ouverte, selon la DBR. Les suspects risquent jusqu'à dix ans de prison.

"Cette histoire est pire que l'enfer", a réagi sur Facebook le député Andriï Osadtchouk, appelant le ministre de l'Intérieur, Arseni Avakov, à réagir et à punir les coupables.

Cet incident intervient alors qu'un réforme de la police ukrainienne, entamée avec l'aide des Occidentaux, piétine depuis plus de cinq ans.

En 2013, une jeune ukrainienne était morte après avoir été sauvagement battue et violée par des policiers dans le village de Vradiïvka (sud), une crime qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le pays.

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