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L'ancien directeur de cabinet du président écarté du gouvernement

Ali Bongo à Libreville au gabon le 16 août 2019.

L'ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, Brice Laccruche Alihanga, a perdu son poste de ministre lors d'un remaniement annoncé par le Premier ministre lundi soir.

"Le chef de l'Etat a décidé d'agir vite", a précisé le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekale, dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, alors qu'une vague d'arrestations dans le cadre d'une opération contre la corruption a touché des proches de M. Laccruche Alihanga en novembre.

Ce dernier avait déjà perdu son poste de directeur de cabinet début novembre, qu'il occupait depuis deux ans et qui était devenu crucial après l'accident vasculaire cérébral (AVC) du président Bongo en octobre 2018.

L'opposition, mais aussi certaines voix au sein de la majorité présidentielle, avaient alors critiqué l'ascension fulgurante de M. Laccruche, ainsi que le placement de ses proches à des postes clefs.

Mais le 7 novembre, le directeur de cabinet était redevenu simple ministre, "chargé du suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable".

Il n'aura tenu ce poste que quelques semaines, gardant le silence alors qu'une opération anticorruption s'intéresse à plusieurs de ses proches.

Le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni, considéré comme le bras droit de M. Laccruche Alihanga, a ainsi été placé sous mandat de dépôt vendredi, selon son avocate, Carole Moussavou.

"On parle de complicité de détournement de fonds, mais qui est l'auteur principal ?", interrogeait-t-elle dimanche. "Selon eux, ce serait Brice Laccruche, nous ne sommes aujourd'hui qu'au début de l'instruction".

Le remplacement de M. Ngouoni par Edgard Anicet Mboumbou Miyakou a été annoncé en même temps que le départ de M. Laccruche du gouvernement.

Autre proche de l'ancien directeur de cabinet, Patrichi Tanasa, a été incarcéré jeudi pour son rôle d'administrateur-directeur général de la Gabon Oil Company (GOC), dont la gestion se trouve au coeur de l'opération anticorruption.

Enfin, le frère de Brice Laccruche, Gregory Laccruche, a été interpellé mercredi.

Plusieurs avocats des personnes interpellées ont dénoncé une "vendetta politique" et la presse d'opposition parle, elle, d'"une chasse aux sorcières".

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L'ex-directeur du cabinet du président Bongo incarcéré

Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, accusé de corruption, a été renvoyé du gouvernement gabonais.

Encore directeur du cabinet du président du Gabon Ali Bongo Ondimba début novembre, Brice Laccruche Alihanga a été placé vendredi en détention provisoire, dans le cadre d'une opération anti-corruption qui a redistribué les cartes du pouvoir à Libreville.

M. Laccruche Alihanga, également ex-ministre, "a été placé sous mandat de dépôt" pour "détournement de fonds publics et blanchiment" dix jours après avoir été interpellé, a déclaré son avocat Anges Kevin Nzigou à l'AFP, dénonçant une "affaire politique".

Une vingtaine d'autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'opération anti-corruption Scorpion, et trois autres ex-ministres, tous proches de M. Laccruche, devaient passer devant le juge d'instruction vendredi, selon le quotidien pro-gouvernement l'Union.

Contacté par l'AFP, le bureau du procureur n'était pas en mesure de répondre dans l'immédiat.

Nommé directeur du cabinet présidentiel en 2017, M. Laccruche, 39 ans, était considéré comme l'homme fort de la politique gabonaise depuis l'accident vasculaire cérébral (AVC) du président Bongo en octobre 2018, qui avait laissé le président très affaibli.

Tandis qu'Ali Bongo Ondimba, élu il y a dix ans à la mort de son père Omar Bongo, était souvent en convalescence à l'étranger et restait discret quand il résidait à Libreville, le directeur de cabinet avait vu son influence croître, notamment avec une tournée politique à travers le pays durant l'été.

Mais en novembre, au moment où Ali Bongo entamait un retour sur la scène médiatique, M. Laccruche avait été écarté de la présidence, marquant le coup d'envoi d'une opération anti-corruption visant plusieurs hauts responsables de l'administration gabonaise, tous proches de M. Laccruche.

Ce dernier a finalement été interpellé mardi 3 décembre, le lendemain de son éviction du gouvernement, où il avait été placé peu de temps auparavant à la tête d'un ministère sans pouvoir.

- "Guerre des gangs" -

"On ne nous a pas dit ce qu'on lui reproche", affirme son avocat, pour qui l'affaire "n'a rien de judiciaire".

La justice s'intéresse notamment à la Dupont Consulting Company, une société privée administrée par Grégory Laccruche, frère de l'ancien directeur de cabinet, la soupçonnant d'avoir détourné de l'argent public à l'occasion de contrats avec l'entreprise publique Gabon Oil Company (GOC), dont le directeur général, Patrichi Tanasa, incarcéré jeudi, est lui aussi un proche de Brice Laccruche Alihanga.

Selon L'Union, en deux ans, 85 milliards de francs CFA (129 millions d'euros) se sont ainsi "volatilisés" au sein de la GOC, et 350 millions de francs CFA ont été retrouvés dans une des résidences de M. Laccruche.

En parallèle de la vague d'arrestation, la présidence a réalisé de nombreux changements au sein de l'appareil judiciaire, comme dans les services de sécurité.

Dans un pays riche en pétrole mais souvent pointé du doigt par les ONG de lutte contre la corruption, cette opération "mains propres" ne convainc pas l'opposition.

Jean Ping, qui était arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, a ainsi évoqué une "guerre des gangs" dans un discours mardi où il a mis dos à dos le réseau de M. Laccruche et la famille présidentielle, faisant notamment état de la nomination du fils du président, Noureddin Bongo Valentin, 27 ans, au poste de "coordinateur des affaires présidentielles" le 5 décembre.

Après avoir concentré ses critiques sur M. Laccruche, depuis son arrestation, l'opposition dénonce désormais l'influence du fils aîné, mais également de la femme du président, Sylvia Bongo.

Pour la présidence, Noureddin Bongo Valentin "a toutes les compétences requises", "l'expérience" ainsi que "la confiance absolue du chef de l'Etat qui est libre de choisir, sans exclusive, les personnes avec lesquelles il souhaite travailler", avait répondu le porte-parole du président, Jessye Ella Ekogha, à un journaliste lors d'une conférence de presse le 6 décembre.

Les agents publics gabonais sont en grève

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Les marchés publics au cœur de la lutte contre la corruption

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Polémique autour de la nomination de Nourredine Bongo Valentin

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L'opposant Jean Ping dénonce la "monarchisation" du pays

L’opposant Jean Ping, au centre, au milieu de ses partisans et gardes du corps à Libreville, Gabon, 5 juillet 2017.

L'opposant gabonais Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle de 2016, a dénoncé mardi dans un discours à Libreville une "monarchisation de la République" après la nomination au sein de la présidence du fils aîné du chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba.

Noureddin Bongo Valentin, âgé de 27 ans, a été nommé "coordinateur des affaires présidentielles" lors d'un conseil des ministres jeudi, poste où il sera chargé "d'assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l'Etat".

Une partie de l'opposition y voit une tentative de préparer l'après Ali Bongo, qui a été fortement affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre 2018.

Le chef de l'Etat - qui est longtemps resté en retrait de la scène politique mais s'affiche manifestement en meilleure forme depuis quelques semaines - avait lui-même succédé au terme d'une élection en 2009 à son père, Omar Bongo, qui dirigeait le pays depuis 42 ans.

"Cette nomination confirme, une fois de plus, la monarchisation de la République", a affirmé Jean Ping lors d'une conférence organisée dans sa résidence à Libreville.

M. Ping se présente comme "le président élu du Gabon" depuis l'élection présidentielle d'août 2016 qui a conduit à la réélection controversée d'Ali Bongo.

Alors que le pouvoir gabonais a orchestré en novembre une opération mains propres au cours de laquelle l'ex-chef de cabinet de la présidence, Brice Laccruche Alihanga et trois autres anciens ministres ont été mis sous les verrous, M. Ping a déclaré n'y voir qu'une "guerre ouverte entre les clans" qui se battent pour le pouvoir.

Après avoir concentré ses critiques sur M. Laccruche, dont l'influence avait grandi après l'accident du président, l'opposition dénonce désormais l'influence du fils aîné, mais également de la femme du président, Sylvia Bongo.

Le collectif Appel à Agir, qui a notamment réclamé sans succès un examen médical du président pour établir s'il était apte à diriger le pays, a affirmé dans un communiqué que la nomination de son fils était la preuve qu'il avait fait "le choix de la succession par la voie la plus détestable et la plus abjecte qui soit: le droit du sang, consacrant ainsi la dévolution monarchique".

Pour la présidence, Noureddin Bongo Valentin "a toutes les compétences requises", "l'expérience" ainsi que "la confiance absolue du chef de l'Etat qui est libre de choisir, sans exclusive, les personnes avec lesquelles il souhaite travailler", avait répondu le porte-parole du président, Jessye Ella Ekogha, à un journaliste lors d'une conférence de presse vendredi.

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