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Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la "préoccupation", dit le pape

Le pape François signe le livre d'or du parc la paix à Hiroshima, dans l'ouest du Japon, le dimanche 24 novembre 2019. (Photo AP / Gregorio Borgia)

Le pape François a évoqué lundi la "préoccupation" suscitée par l'usage de l'énergie atomique, et appelé à une mobilisation renforcée pour aider les victimes du séisme, du tsunami et de la catastrophe nucléaire de 2011 au Japon.

Au troisième jour de son voyage au Japon, François a écouté à Tokyo les témoignages de victimes du séisme sous-marin de magnitude 9,0 qui le 11 mars 2011 a soulevé dans le nord-est du Japon une gigantesque vague dans laquelle plus de 18.500 personnes ont été emportées.

La vague aussi heurté de plein fouet la centrale atomique de Fukushima, provoquant le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Le pape a remercié lundi ceux qui "se sont mobilisés immédiatement" après la catastrophe.

"Une action qui ne doit pas se perdre avec le temps et disparaître après le choc initial, mais que nous devons perpétuer et soutenir", a-t-il déclaré, rappelant les "50.000 personnes évacuées qui vivent actuellement dans des logements temporaires, sans pouvoir même retourner chez elles".

- "Futures sources d'énergie" -

Environ 470.000 habitants ont dû quitter leur foyer dans les premiers jours de la catastrophe, dont quelque 160.000 dans la zone des deux centrales nucléaires de Fukushima. Aux personnes ayant péri dans le tsunami s'ajoutent plus de 3.700 décès reconnus par les autorités comme des morts résultant de la dégradation des conditions de vie des personnes évacuées.

Cette situation "implique, également, comme l'ont si bien signalé mes frères évêques du Japon, la préoccupation concernant la persistance de l'utilisation de l'énergie nucléaire", a ajouté le pape, rappelant qu'ils avaient "demandé la fermeture des centrales nucléaires".

En 2016, la Conférence des évêques du Japon avait lancé un appel au monde entier à "l'abolition" de la production d'énergie nucléaire.

"Ce que le Japon a vécu [dans les années] qui ont suivi la catastrophe de Fukushima nous persuade que nous devons informer le monde des dangers de la production d'énergie nucléaire et appeler à son abolition", avaient alors écrit les évêques nippons.

"Notre époque est tentée de faire du progrès technologique la mesure du progrès humain", a estimé lundi François. "Il est important, en des moments comme celui-ci, de marquer une pause et de réfléchir sur qui nous sommes et, peut-être de manière plus critique, sur qui nous voulons être".

François a également appelé à "la prise de décisions courageuses et importantes concernant l'exploitation des ressources naturelles, et en particulier concernant les futures sources d'énergie".

- "Physiquement et mentalement détruit" -

Matsuki Kamoshita avait 8 ans au moment du triple désastre de 2011. "J'étais harcelé à l'endroit où nous avons été évacués et chaque jour était si pénible que j'avais envie de mourir", a-t-il dit devant le pape. Son père, retourné dans la région de Fukushima, "a fini par cesser de travailler après avoir été physiquement et mentalement détruit", a-t-il ajouté.

"Il faudra beaucoup plus de temps que ma propre vie pour rétablir les terres et forêts contaminées", a souligné l'adolescent, appelant les adultes à "expliquer sans rien cacher la contamination radioactive, l'exposition à celle-ci et les possible séquelles à l'avenir".

Il a demandé au pape de "prier pour que les gens à travers le monde entier travaillent à l'élimination de la menace que représente l'exposition aux radiations pour notre avenir".

François l'a serré dans ses bras après son témoignage à la fin de cette cérémonie à laquelle ont participé 300 personnes.

Le pape a ensuite rencontré le nouvel empereur Naruhito au palais impérial. Plus tard dans la journée, il devait célébrer une messe au stade de base-ball Tokyo Dome puis s'entretenir avec le Premier ministre Shinzo Abe.

Il s'était rendu dimanche à Nagasaki puis Hiroshima, villes martyres de la bombe atomique en 1945 où, appuyé par des témoignages de rescapés, il a livré l'un de ses plus puissants plaidoyers contre l'arme atomique, contre la guerre et les fabricants d'armes.

A Nagasaki, François avait démonté la doctrine de la dissuasion nucléaire, une "fausse sécurité" qui envenime au contraire les relations entre les peuples. Cette prise de position sur la dissuasion marque une rupture avec celles de ses prédécesseurs.

Avec AFP

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Face à l'épidémie, la Chine confine des villes et ferme la Cité interdite

coronavirus

La Chine a confiné jeudi une vingtaine de millions d'habitants dans la région de Wuhan, le berceau de l'épidémie qui a commencé à se répandre dans le monde et mobilise les autorités sanitaires internationales, conduisant même Pékin à fermer la célèbre Cité interdite.

Depuis 10H00 heure locale (02H00 GMT), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter Wuhan, une métropole de 11 millions d'habitants en plein centre de la Chine. Les péages aux sorties autoroutières de la ville sont fermés.

Wuhan est au coeur de l'épidémie qui depuis décembre a contaminé près de 600 personnes et fait 17 morts. Toutes les personnes ayant péri ont succombé dans cette agglomération ou dans sa province, le Hubei.

Symbole de l'inquiétude qui s'est emparée de tout le pays, la Cité interdite de Pékin, l'ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu'à nouvel ordre pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs.

A la veille du long congé du Nouvel an chinois, la capitale a déjà décrété l'annulation des festivités, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs pour assister à la traditionnelle danse du lion et du dragon.

A Wuhan, "les habitants ne doivent pas quitter (la ville) sans raison spécifique", ont décrété les autorités, afin "d'enrayer efficacement la propagation du virus", le Nouvel an occasionnant chaque année des centaines de millions de voyages.

Huanggang, une métropole de 7,5 millions d'habitants à 70 km plus à l'est, fait l'objet de mesures similaires. Tout près, Ezhou (1,1 million d'habitants) a fermé sa gare.

A l'ouest de Wuhan, une autre localité, Xiantao, a condamné les accès à une grande voie de circulation et au sud Chibi a interrompu tous ses transports publics. Ces deux cités rassemblent plus de deux millions d'habitants.

Tous les transports sont aussi suspendus à Lichuan, une ville d'un million d'habitants à 700 km de Wuhan.

- Taxis hors de prix -

Il était encore possible en début de journée de gagner Wuhan par voie ferrée ou par les airs, même si de nombreux vols étaient supprimés. Mais trains comme avions étaient presque vides, un spectacle étrange à la veille du congé du Nouvel an, lorsqu'ils sont habituellement pris d'assaut.

Dans le centre-ville, les transports publics étaient à l'arrêt et les festivités du Nouvel an ont été annulées.

La quasi-totalité des commerces, y compris les cafés et les restaurants, étaient clos. Les livreurs à scooter, en temps normal omniprésents dans les grandes cités chinoises, étaient aux abonnés absents.

Sous la pluie, Wuhan était plongée dans un calme surréaliste pour une métropole chinoise.

Les taxis ont multiplié leurs tarifs par trois. "Il est très dangereux de sortir en ce moment mais on a besoin d'argent", a expliqué un chauffeur à l'AFP.

Interrogé sur la flambée des prix, le gouverneur de la province, Wang Xiaodong, a assuré que "les réserves et l'approvisionnement des marchés sont suffisants".

La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à mettre depuis le début de la semaine.

Le branle-bas de combat a commencé lorsqu'un scientifique chinois a admis que la transmission du virus pouvait se faire d'humain à humain et pas seulement de l'animal à l'homme.

Le président Xi Jinping a donné le signal de la mobilisation lundi en appelant à "résolument" enrayer l'épidémie, qui jusque-là ne faisait pas les gros titres des journaux.

- Mesures "très très fortes" -

A Genève, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué mercredi les mesures "très, très fortes" prises par la Chine, estimant qu'elles allaient "diminuer" les risques de propagation hors de ses frontières.

Elles sont intervenues au moment où l'OMS réunissait son comité d'urgence pour décider si le nouveau virus constitue une "urgence de santé publique de portée internationale".

Les experts n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur la question, l'OMS devait poursuivre la réunion jeudi.

Cette organisation n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Le virus de Wuhan, de la même famille que le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), a gagné plusieurs pays d'Asie et même les Etats-Unis. Le Vietnam et Singapour ont à leur tour annoncé des cas. Un autre a été enregistré en Arabie Saoudite, selon l'Inde dont c'est d'une de ses ressortissantes qu'il s'agit.

Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports, notamment à Dubaï, l'un des plus grands du monde, visant tous les passagers en provenance de Chine.

L'OMS avait à l'époque du Sras, en 2002-2003, vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie. Ce virus avait entraîné la mort de 774 personnes dans le monde, dont 648 en Chine y compris Hong Kong.

La crise a fait baisser les marchés financiers, en Asie comme en Europe, de crainte d'un ralentissement de la Chine, la deuxième économie du monde. La Bourse de Shanghaï a reculé de près de 3% et le pétrole a lui aussi perdu du terrain.

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