Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Fatou Bensouda demande à Kabila des enquêtes véritables sur les violences en RDC

La procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda lors d’une conférence de presse à Kinshasa, RDC, 3 mai 2018. (VOA/Top Congo FM)

A l’issue d’une visite de deux jours en RDC, la procureure de la Cour pénale internationale a indiqué à avoir demandé aux autorités congolaises de véritables enquêtes sur les violences qui ont secoué le pays.

"J’ai alors demandé aux autorités congolaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour que des enquêtes véritables soient menées afin de faire la lumière sur les violences alléguées et de traduire en justice tous les acteurs impliqués dans leur perpétration. C’est en effet la responsabilité première des autorités nationales de mener des enquêtes véritables pour faire la lumière sur ces allégations, comme cela est prévu dans le statut de Rome ratifié par la RDC", a-t-elle affirmé au terme d’une rencontre avec le président Joseph Kabila.

>> Lire aussi : La procureure de la CPI à Kinshasa

Selon elle, la visite s’inscrivait dans la continuité de ses déclarations antérieures.

"J’ai fait part de mes inquiétudes quant à la situation critique et aux épisodes de violence rapportés en particulier à Kinshasa, à Beni, dans les provinces des Kasaï et dans d’autres parties du territoire. J’ai également fait part de mes préoccupations quant aux actes observés à ces occasions, dont il est allégué qu’ils pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la CPI", a indiqué Mme Bensouda.

>> Lire aussi : La procureure de la CPI à Kinshasa

Outre le président Joseph Kabila, la procureure de la CPI a rencontré d’autres membres du gouvernement, des représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), de partis politiques, de la société civile, de médias et d’autres partenaires.

Mme Bensouda effectue cette visite au moment où un rapport de l'ONU accuse les services de sécurité congolais d'obstructions à une enquête sur le meurtre de deux experts onusiens il y a plus d'un an dans le Kasaï, dans le centre du pays.

Deux experts onusiens, l'Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalan avaient été tués dans la zone où, selon l’église, 3.000 personnes ont trouvé la mort dans des violences déclenchées en août 2016 entre les forces de l’ordre et des membres d’une milice ethnique, Kamwina Nsapu. 1,4 million de personnes ont été déplacés, selon les Nations unies.

Une accalmie précaire s’est installée dans la zone depuis la tenue, fin septembre 2017, d’une conférence de paix.

Le gouvernement a ouvert des procès et condamné des membres de la milice accusés pour des crimes.

L’ONU a envoyé des investigateurs pour enquêter sur le meurtre de ces deux experts. Mais elle s’est butée au gouvernent qui lui a imposé de plutôt participer à l’enquête déjà démarrée par des magistrats congolais.

>> Lire aussi : L'ONU accuse Kinshasa d'obstructions à une enquête sur l'assassinat de ses experts

La commission de l’ONU qui opère sur place doit rendre compte de ses investigations au plus tard en juin à Genève.

Un rapport de l'ONU indique que les services de sécurité de la République démocratique du Congo ont empêché des enquêteurs onusiens travaillant sur le meurtre en 2017 de deux experts de l'ONU d'interroger des témoins et des suspects.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait envoyé dans ce pays des enquêteurs pour aider les autorités à faire la lumière sur le meurtre le 12 mars 2017 de la Suédo-Chilienne Zaida Catalan et de l'Américain Michael Sharp. Ces deux experts ont été tués au Kasaï (centre) alors qu'ils enquêtaient sur des fosses communes.

"Plusieurs arrestations importantes ont eu lieu mais les progrès de l'enquête continuent d'être entravés par l'ingérence continue de l'appareil de sécurité" congolais, note le rapport remis il y a deux semaines aux membres du Conseil de sécurité.

Les investigateurs de l’ONU doivent rendre de leur mission en juin à Genève.

Entre autres, la société civile du Nord-Kivu a dénoncé dans une lettre au président Joseph Kabila l'insécurité dans cette province où les groupes armés tuent des civils, en accusant d'"affairisme" les services de sécurité.

>> Lire aussi : Le Nord-Kivu dénonce l'insécurité et "l'affairisme" des services de sécurité en RDC

Au moins 1.343 personnes ont été tuées en deux ans dans les territoires de Beni et du Lubero, d'après cette correspondance de la société civile (ONG, avocats, Eglises...).

"Dans les grands centres, on assiste impuissamment à l'affairisme des services de sécurité", poursuit la lettre citant l'Agence nationale de renseignements (ANR) dirigée par un proche du chef de l'Etat, la police et l'armée.

"Pourquoi le gouvernement congolais et la communauté internationale hésitent-ils à saisir la Cour pénale internationale (CPI)?", ajoutent-ils.

Les auteurs dénoncent aussi des centaines de cas d'enlèvements, les viols de plusieurs centaines de femmes, la destruction d'écoles et de centres de santé.

See all News Updates of the Day

Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

Algérie: dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime

Les manifestants retournent dans les rues pour reclamer des changements démocratiques en Algérie.

Le mouvement algérien de contestation testera vendredi sa capacité à rester mobilisé lors du 10e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, sur fond de limogeages de symboles du régime Bouteflika déchu et de spectaculaires incarcérations dans des affaires de corruption présumée.

"Pas de demi-révolution", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système" dans son entier, tandis que des appels similaires continuent d'être relayés sur les réseaux sociaux.

Le sentiment d'avoir obtenu de nouvelles têtes pourrait encourager les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par de nouveaux limogeages, des convocations judiciaires et poursuites annoncées contre des caciques du régime et le placement en détention provisoire de riches hommes d'affaires.

D'autant que le pouvoir ne cède pas sur l'essentiel des revendications: départ de l'ensemble des figures de l'appareil hérité d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril après 20 ans à la tête de l'Etat, et organisation d'une transition hors du cadre institutionnel qu'il a légué.

Apparatchik ayant accompagné M. Bouteflika durant près de deux décennies, Abdelkader Bensalah est toujours président par intérim et Noureddine Bedoui, autre fidèle dévoué, toujours Premier ministre d'un "gouvernement de la honte", comme le nomment les manifestants.

- Rôle de l'armée -

Et ces dirigeants prévoient toujours, avec le soutien de l'armée, replacée au centre de la vie politique depuis le départ de M. Bouteflika, d'organiser le 4 juillet la présidentielle devant élire son successeur, ce que refuse la contestation qui estime qu'ils ne peuvent garantir un scrutin régulier.

L'incarcération en début de semaine de trois frères Kouninef, famille propriétaire d'un géant privé du BTP algérien, bénéficiaires de gigantesques contrats publics, ne peut que satisfaire la contestation qui depuis le 22 février dénonce, aux cris de "voleurs" ou "mafia", les liens troubles entre la présidence Bouteflika et les "oligarques".

Réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et conseiller abhorré du président déchu, ces trois frères Kouninef sont notamment soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics" et "trafic d'influence".

Mais le placement en détention préventive, simultanément, d'Issad Rebrab, première fortune d'Algérie et patron du conglomérat Cevital, premier employeur privé du pays, qui entretenait lui des relations notoirement tendues avec l'entourage de M. Bouteflika, a semé le doute sur les objectifs réels de ces enquêtes.

Une partie de la presse algérienne a qualifié "d'injonctions" les appels répétés à "accélérer la cadence" des enquêtes anticorruption, lancés aux autorités judiciaires par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

Ce qui a contraint l'armée à dénoncer, dans une rare "mise au point", "une lecture erronée" des déclarations du général Gaïd Salah, puis le Parquet a assurer n'avoir subi "aucune pression".

- Ministres chahutés -

Certains observateurs voient dans ces enquêtes une forme de "deal" implicite offert aux manifestants: les têtes des "corrompus" ou des symboles du pouvoir, contre un assouplissement des revendications notamment sur la présidentielle, dont le général Gaïd Salah a à nouveau réclamé dans la semaine qu'elle se tienne dans les délais constitutionnels.

Voire une tentative de diviser la contestation, dont au moins une partie a de la sympathie pour M. Rebrab, qui présente son groupe comme "une victime du +système+ (au pouvoir) et de sa mafia économique" qui entravent ses activités.

Dans la semaine, a été limogé le patron du Club des Pins, luxueuse résidence ultraprotégée réservée aux dignitaires, symbole des privilèges accordés aux personnalités du régime.

Mais aussi le PDG de Sonatrach, géant public des hydrocarbures, entreprise au centre de plusieurs scandales ces dernières années. Le lendemain, la justice annonçait enquêter à nouveau sur l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, très proche de M. Bouteflika, qui avait fui l'Algérie car recherché pour une affaire de corruption liée à Sonatrach, avant de rentrer une fois les poursuites abandonnées.

En province, les ministres du "gouvernement de la honte" continue d'être chahutés lors de leurs déplacements, malgré les récentes mises en garde du général Gaïd Salah contre ce phénomène qui se multiplie. Jeudi, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, a écourté une visite à Saïda (nord-ouest) après avoir été conspué.

Avec AFP

A la découverte de l'Institut Mohammed VI

A la découverte de l'Institut Mohammed VI
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:38 0:00

Mané dans l'équipe type de l'année en Premier League

Mané dans l'équipe type de l'année en Premier League
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:11 0:00

Un vaccin contre le palus en expérimentation dans trois pays africains

Un vaccin contre le palus en expérimentation dans trois pays africains
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:05:16 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG