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Faire rire avec l'info, un espace réduit entre Trump et fake news

En l'absence d'humoristes identifiés comme conservateurs, ce terrain est totalement occupé par la satire progressiste.

Outrance, absurdité, les recettes habituelles de l'information satirique ne sont plus aussi efficaces à l'heure de l'administration Trump et des fake news. D'où la nécessité pour les sites parodiques ou les talk-shows télévisés d'évoluer pour continuer à faire rire.

The Onion, The Flipside, The Borowitz Report, ces sites parodiques, proches du Gorafi en France, se sont tous fait un nom aux Etats-Unis en malaxant l'information pour lui donner un tour humoristique, s'écartant ouvertement de la réalité.

La formule fonctionnait car à contrepied des vraies informations. Mais c'était avant que les tweets de Donald Trump et les titres accrocheurs des fake news ne brouillent les lignes.

"L'absurdité de la réalité a complètement dépassé tout ce que l'imagination aurait pu produire", constat Andy Borowitz, auteur et humoriste, qui tient depuis 2001 le "Borowitz Report", un blog d'informations satiriques.

"Ce serait vain pour moi de tenter de surpasser cette absurdité", dit-il. "Donc j'essaye plus ou moins de retranscrire ce qui se passe, peut-être avec une vision plus brute, moins policée".

Pour autant, le besoin de rire est bien là, "parce que la situation dans laquelle nous nous trouvons est tellement terrible", explique l'humoriste, pour qui l'exercice est moins complexe que durant l'ère Obama, plus lisse.

Son blog, désormais publié par le site du magazine "The New Yorker", a bien pris soin de mentionner "satire" dans le titre. "Il est très clair que nous n'essayons pas de piéger qui que ce soit", clame Andy Borowitz.

'Un noyau de vérité'

Ce n'est pas le cas, en revanche, de Christopher Blair, personnage mystérieux qui se cache derrière une série de sites satiriques tels The Last Line of Defense (thelastlineofdefense.online), qui ont beaucoup fait parler depuis un an.

Il affirme à l'AFP avoir "fait l'effort de montrer clairement que (ses) sites sont de la satire", mais de nombreux sites de fact-checking lui reprochent, au contraire, d'avancer masqué, notamment pour en tirer un gain financier.

Début mars, l'un de ces articles, qui inventait l'existence d'un mandat d'arrêt visant Barack Obama, a ainsi été repris par des dizaines de sites, qui l'ont présenté comme une véritable information.

Christopher Blair explique que si son positionnement est clair pour le plus grand nombre, il cherche bien à tromper "le pire de ce que la droite a à offrir", pour stigmatiser ses réactions, dit-il, et "l'humilier, parce que ça, ça fonctionne."

"Au centre de toute notre satire, il y a un noyau de vérité", expliquait pour sa part, en mai, Cole Bolton, rédacteur en chef de The Onion, qu'il a quitté en septembre, dans un entretien au site Seven Days Vt. "Et nous voulons que les gens le voient (...), cet éclairage que nous faisons. Si nous ne faisions pas ça, nous ne serions pas des satiristes, nous serions des farceurs."

'Question de perception'

C'est en cela qu'Andy Borowitz estime que son travail est proche de celui des humoristes de télévision. "Nous jouons dans le même bac à sable", dit-il.

"C'est mal comprendre Stephen Colbert (CBS), John Oliver (HBO) ou Samantha Bee (TBS)", les animateurs les plus mordants de la télévision américaine, avec Trevor Noah (Comedy Central), "que de penser qu'ils inventent des choses ou qu'ils font semblant", fait valoir Geoffrey Baym, professeur à l'université de Temple et co-auteur d'un ouvrage sur la satire.

Au contraire, "ils en appellent à un peu de vérité et de mesure dans le discours public", dit-il.

"Si vous essayez simplement de vous moquer des personnalités et des petites phrases", expliquait, en février, John Oliver, au magazine "Rolling Stone", "alors vous ne vous attaquez qu'à la forme."

"Aujourd'hui, l'argumentation directe fonctionne moins chez les gens", observe Geoffrey Baym. Or, "l'humour est justement un moyen efficace de critiquer et aussi de faire circuler de l'information".

En apparence, en l'absence d'humoristes identifiés comme conservateurs, ce terrain est totalement occupé par la satire progressiste.

Pour Andy Borowitz, cela ne veut pas dire que l'humour est, par nature, de gauche, mais que les espaces dans lesquels il s'exprime à droite ne sont pas les mêmes.

"En tant qu'auditeur progressiste", dit-il, "vous allez écouter" la vedette de la radio conservatrice Rush Limbaugh "et vous dire que ce n'est pas de l'humour, plutôt un animateur qui éructe sa haine. Mais ses auditeurs le trouvent drôle. C'est une question de perception."

Avec AFP

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Impôts de Trump: la Maison Blanche ne respecte pas le délai des démocrates

Le président Donald Trump, à la Maison-Blanche, à Washington. (AP Photo / Pablo Martinez Monsivais, Fichier)

La Maison Blanche a de nouveau raté mardi la date butoir fixée par les démocrates pour obtenir les déclarations d'impôts du président républicain Donald Trump, laissant augurer une âpre bataille judiciaire.

Le Trésor américain a repoussé au 6 mai sa "décision finale" sur cette demande "sans précédent", le temps de consulter le ministère de la Justice, a expliqué le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, dans une lettre.

C'est la deuxième fois que l'administration Trump repousse le délai imparti par les démocrates de la Chambre des représentants pour cette demande, présentée le 3 avril par la commission chargée des questions de fiscalité ("Ways and Means").

M. Trump est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de divulguer sa situation fiscale.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants, les démocrates sont dotés de l'autorité de réclamer ces documents. Jamais une telle demande, présentée par cette même commission, n'a été rejetée par le passé, ont-ils souligné.

Ils affirment vouloir ainsi étudier à quel point le fisc américain contrôle les finances d'un président, afin d'ajuster la loi si nécessaire.

Mais leur volonté est en réalité toute autre, affirme Steven Mnuchin dans sa lettre, en citant de "nombreuses" déclarations publiques de démocrates: il s'agit en fait de "publier les déclarations d'impôts du président".

"Au vu des graves questions constitutionnelles que pose cette requête et des conséquences significatives que cela pourrait avoir pour le respect de la confidentialité des données des contribuables, le Trésor est actuellement en consultation avec le ministère de la Justice", précise-t-il.

Les démocrates vont désormais consulter leurs avocats, selon des médias américains.

Réclamant les six dernières déclarations de revenus annuelles du président, ils avaient d'abord fixé un ultimatum au 10 puis au 23 avril.

La non-transmission des déclarations d'ici ce mardi serait interprétée "comme un refus", avait mis en garde le président démocrate de cette commission, Richard Neal, après le premier report.

M. Trump s'est depuis le départ montré réticent à livrer ses déclarations, affirmant qu'il faisait déjà l'objet d'un contrôle fiscal.

"Le président a été assez clair: une fois que le contrôle sera achevé, il y songera", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Hogan Gidley, mardi sur Fox News. "Il n'est pas disposé à le faire pour l'instant".

Avec AFP

Donald Trump en visite au Royaume-Uni et en France début juin

Le couple présidentiel américain et la reine d'Angleterre Elizabeth II en direction d'une entrée du château de Windsor, lors de la visite de M. Trump au Royaume-Uni.. / PHOTO AFP / PISCINE / Ben STANSALL

Donald Trump effectuera une visite de plusieurs jours au Royaume-Uni puis en France au début du mois juin, ont annoncé le palais de Buckingham et la Maison blanche mardi.

Le président américain a accepté l’invitation de la reine Elisabeth à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin. Il sera accompagné par sa femme Melania, précise Buckingham Palace.

Donald Trump est le troisième président américain, après Barack Obama en 2011 et George W. Bush en 2003, à bénéficier d’une telle invitation de la part de la souveraine britannique. Les détails de la visite seront précisés ultérieurement.

Donald Trump aura une entrevue avec la Première ministre britannique Theresa May qui n’est pas parvenue à faire approuver son projet d’accord sur le Brexit par les députés de la Chambre des communes.

“Le Royaume-Uni et les Etats-Unis entretiennent un partenariat profond et durable enraciné dans notre histoire commune et nos intérêts communs”, a déclaré Theresa May dans un communiqué.

Donald Trump a effectué en juillet 2018 une visite officielle au Royaume-Uni mais il ne s’agissait pas d’une visite d’Etat, forme la plus élevée du protocole diplomatique.

“Cette visite d’Etat est une occasion de renforcer notre coopération déjà étroite dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la sécurité et de la défense et de discuter de la manière de consolider ces liens dans les années à venir”, ajoute la chef du gouvernement britannique.

La Maison blanche a annoncé pour sa part que Donald Trump se rendrait en France pour une rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 6 juin, jour du 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie lors de la Seconde guerre mondiale.

UNE VISITE SUJETTE À CONTESTATION

Cette visite d’Etat à Londres risque à nouveau d’alimenter la contestation en raison du rejet que suscite le président américain dans une partie de l’opinion britannique.

En juillet 2018, quelque 250.000 manifestants s’étaient rassemblés à Londres pour dénoncer la venue de Donald Trump et les organisateurs de ce mouvement ont dit qu’ils préparaient une “manifestation gigantesque” contre cette visite d’Etat.

Après avoir été reçu par Trump à la Maison blanche, Theresa May avait rendu la politesse en invitant son hôte à effectuer une visite de même nature à Londres en 2017.

Une pétition avait alors été signée par près de 1,9 million de personnes pour s’opposer à la visite du chef de l’Etat américain et la Chambre des communes avait dû se saisir de la question en 2017.

Lors de sa venue l’an passé, Donald Trump avait pris la classe politique britannique à rebrousse-poil en offrant une version très peu diplomatique de l’évaluation qu’il faisait de la stratégie suivie par Theresa May dans les négociations sur le Brexit.

Il avait notamment déclaré que la chef du gouvernement n’avait pas suivi son conseil d’engager des poursuites judiciaires contre l’Union européenne. Plus tard, Donald Trump avait opéré une volte-face en affirmant que Theresa May accomplissait un travail formidable.

“C’est un président qui s’en prend systématiquement à toutes les valeurs communes qui unissent nos deux pays et à moins que Theresa May décide enfin de lui tenir tête et conteste son comportement, elle n’a aucun raison de dépenser l’argent des contribuables dans des frais de protocole et de sécurité impliqués par cette visite”, a commenté Emily Thornberry, porte-parole du Parti travailliste pour les questions de politique étrangère.

Une centaine de manifestations avaient été organisées l’an passé et les autorités avaient déployé 10.000 policiers dans une opération qui avait coûté près de 18 millions de livres sterling.

Avec Reuters

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Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"

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