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Facebook empêtré dans le scandale des données

Le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, intervient sur scène lors de la conférence annuelle des développeurs Facebook F8 à San Jose, Californie, États-Unis, le 18 avril 2017.

Des réponses tardives, des explications peu convaincantes, et un patron hyper exposé: la façon dont Facebook et son créateur Mark Zuckerberg gèrent le scandale des données laisse beaucoup à désirer, selon des spécialistes en communication de crise.

Alors que les premières révélations sur l'utilisation à des fins politiques des données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook ont éclaté le 17 mars, il aura fallu attendre le 22 pour que Mark Zuckerberg tente d'éteindre l'incendie, en présentant des excuses d'abord sur Facebook puis sur CNN.

Une éternité à l'heure du numérique, aux yeux de plusieurs experts interrogés par l'AFP, qui y voient une faute majeure.

"C'est le B-A BA en cas de crise: chaque heure qui passe sans réagir, c'est un peu plus de bruit et de fureur", rappelle Marie Muzard, spécialiste de la crise digitale, et fondatrice de la société de conseil MMC.

"Parce que Facebook est une plateforme de communication, cela fait tout particulièrement partie de ses responsabilités de réagir rapidement et de manière proactive. C'est l'une des marques les plus influentes du monde, ce qui rend l'absence d'une réaction rapide encore plus dommageable", abonde Seth Linden, président et associé du cabinet new-yorkais Dukas Linden Public Relations.

>> Lire aussi : Le patron de Facebook s'excuse et reconnaît des "erreurs"

Sur le fond, les explications et le mea culpa de Mark Zuckerberg laissent en outre les spécialistes de la gestion de crise sur leur faim.

"On voit bien la volonté qu'il a de +réparer+ la confiance, mais aujourd'hui cette posture est vraiment fragilisée parce qu'en période calme, Facebook n'a pas assez expliqué et donné à voir son fonctionnement, n'a pas assez rendu visible ses équipes et ses engagements. La crise met en valeur une sorte d'écran de fumée", estime Laure Boulay, fondatrice de L'Atelier de l'opinion.

>> Lire aussi : Ouverture d'une enquête aux Etats-Unis contre Facebook

"S'il s'est montré habile en plaidant coupable, tout en pointant la responsabilité implicite du chercheur Kogan et de Cambridge Analytica, le fait qu'il ait dit ne pas avoir imaginé qu'on puisse utiliser les données à des fins de manipulation électorale, pose problème. Ce n'est pas crédible de la part de Facebook qui concentre autant d'intelligence. Cela donne l'impression que Zuckerberg a créé un monstre qu'il ne contrôle pas, comme Frankenstein", estime Marie Muzard.

En outre, faire reposer la parole du groupe quasi-exclusivement sur son patron emblématique, seul visage connu du réseau social, avec sa directrice générale Sheryl Sandberg, absente jusqu'ici dans ce scandale, le place sur la sellette.

Audition à haut risque

"Le noeud de la crise réside dans le statut de quasi-idole de Zuckerberg et Sandberg. Ils sont fragilisés et on est pratiquement dans la chronique annoncée de la chute d'une idole. L'identification totale de l'entreprise à son fondateur et porte-parole sans valoriser tous ceux qui la font tourner, c'est toute la fragilité de leur posture", analyse Laure Boulay.

"Mark Zuckerberg est vulnérable et si cette crise de confiance perdure, il pourrait avoir du mal à résister notamment si les actionnaires se désengagent. Cela peut aller très vite. Son homologue chez Uber (Travis Kalanick, ndlr) n’a pas survécu à la répétition de crises, et au sein de Facebook, il n'y a pas de +fusible+", renchérit la fondatrice de MMC.

Dans ces conditions, Mark Zuckerberg joue très gros avec sa prochaine audition devant le Congrès américain annoncée par des médias américains.

"Il y a une pression extraordinaire sur lui", résume Seth Linden, qui estime qu'il aurait besoin idéalement d'un mois de préparation.

"Il devra avoir la patience, les connaissances et la capacité à s'exprimer, et comprendre les nuances de style et les besoins spécifiques à chacun des principaux membres des commissions parlementaires, et fournir des informations sans donner l'impression d'être condescendant, ni se montrer imprécis. En plus de tout cela, il devra adopter la bonne posture physique et un ton adapté. Et même avec la meilleure préparation du monde, ce sera une expérience physiquement et psychologiquement épuisante", prévient-il.

Avec AFP

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Le Rapport Mueller finalement livré au public

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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

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Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

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Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

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