Liens d'accessibilité

Une étude relativise le rôle des fausses informations dans l'élection américaine


Cette photographie prise à Paris le vendredi 2 décembre 2016 montre des sujets de USA Daily News 24, un faux site d'informations enregistré à Veles, en Macédoine.

Une étude publiée par deux économistes et universitaires américains tend à relativiser le rôle joué par les fausses informations, diffusées sur internet, dans l'issue du scrutin présidentiel de novembre aux Etats-Unis.

Les deux chercheurs s'appuient notamment sur la faible confiance qu'accordent, en moyenne, les internautes aux informations recueillies sur les réseaux sociaux, et sur la diffusion assez limitée de ces fausses informations.

Les fausses informations ou "fake news" en anglais sont des articles fabriqués de toutes pièces, souvent pour nuire à une personnalité mais surtout pour attirer l'attention et générer du trafic et des revenus publicitaires.

Hunt Allcott, de l'université de New York, et Matthew Gentzkow, de l'université de Stanford, ont adopté une approche très prudente quant à leurs hypothèses, dans cette étude publiée mercredi.

Ils commencent ainsi par souligner que si, selon une étude du Pew Research Center publiée en 2016, 62% des adultes américains indiquent s'informer via les réseaux sociaux, leur propre enquête, effectuée auprès de 1.208 adultes, montre que seuls 14% considèrent cette source comme la "plus importante".

Les deux auteurs citent également une autre étude de Pew (juillet 2016), qui indique que 34% seulement des adultes américains jugent crédible l'information consultée sur les réseaux sociaux, contre 76% dans les médias nationaux et 82% dans les médias locaux.

Lors de leur propre enquête, les deux économistes ont soumis les personnes interrogées à des vraies informations, de fausses informations ayant effectivement circulé, mais aussi à de fausses informations fabriquées spécifiquement pour l'étude.

Or, la proportion des sondés qui disent avoir vu ces fausses informations ayant circulé et de ceux qui affirment y avoir cru, est quasiment la même que pour celles inventées par les auteurs de l'étude.

Ce parallèle relativise nettement, selon eux, l'influence réelle des fausses informations.

En outre, "même les fausses informations qui ont le plus circulé n'ont été vues que par une fraction des Américains", expliquent les auteurs de l'étude.

Au passage, les données confirment que les fausses informations favorables à Donald Trump ont été beaucoup plus nombreuses sur internet (115 contre 41) que celles favorables à sa rivale à la présidentielle, Hillary Clinton.

Elles ont aussi été beaucoup plus partagées sur les réseaux sociaux, 30,3 millions de fois contre 7,6 millions pour les faux articles avantageant Hillary Clinton.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG