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Etats-Unis: deux évadés dangereux capturés après une vaste traque

Ricky Dubose, à gauche, et Donnie Russell Rowe des prisonniers dangereux évadés de la prison de Géorgie,deux photos fournies par le département de l’Etat, 13 juin 2017.

Une chasse à l'homme sur tout le territoire américain s'est soldée jeudi par la capture de deux prisonniers évadés, à la "dangerosité indescriptible" selon les mots d'un shérif.

Donnie Rowe et Ricky Dubose avaient abattu froidement deux agents pénitentiaires chargés de leur transport.

"Vous devez vous rendre ! Vous serez appréhendés !", a lancé dans une conférence de presse à mi-journée le shérif du comté de Putnam, Howard Sills, qui coordonnait la traque.

L'évasion entourée de mystère s'est produite mardi au petit matin. Rowe et Dubose étaient membres d'un groupe de 33 détenus faisant l'objet d'un transfert de prison dans l'Etat de Géorgie.

Ils avaient été placés dans un autocar doté d'une cellule grillagée, le véhicule étant conduit par deux employés armés. Les autorités n'ont pas précisé si les prisonniers avaient leurs membres entravés par des chaînes, comme c'est couramment le cas en Amérique.

Comment Rowe et Dubose sont-ils parvenus à forcer la porte de la cellule blindée pour faire irruption dans la cabine de conduite du bus ? Comment ont-ils pris le dessus sur les deux agents pour s'emparer de leurs armes ? Qui a fait feu ? Les enquêteurs refusent pour l'instant de le dire, même si une vidéo existe.

Toujours est-il que Christopher Monica, un solide gaillard de 42 ans, et Curtis Billue, un employé bien noté de 58 ans, ont en quelques secondes perdu la vie.

- Sociopathe -

Les deux évadés ont ensuite volé sous la menace une Honda Civic verte, dans laquelle ils ont disparu, abandonnant les 31 autres prisonniers restés dans le car.

Mais en soirée jeudi, le bureau des enquêtes de la Georgie a fait savoir dans un tweet que les deux malfrats avaient été capturés, tandis que le gouverneur de l'Etat indiquait qu'ils étaient détenus dans l'Etat voisin du Tennessee.

"CAPTURES: Fugitifs en prison après course-poursuite dans le TN (pour Tennessee, ndlr). Plus d'info prochainement", a tweeté le gouverneur Nathan Deal, qui avait prévenu les habitants de cet Etat du sud-est d'être sur leurs gardes face à ces deux individus "extrêmement dangereux".

"Ils sont armés de pistolets de calibre 9 mm pris aux agents pénitentiaires. Leur dangerosité est indescriptible", avait abondé le shérif Sills.

Le duo n'avait pas grand chose à perdre. Donnie Rowe, un Blanc de 43 ans, est un criminel multirécidiviste condamné à la réclusion à perpétuité, notamment pour des vols à main armée et des agressions. L'homme est décrit comme un sociopathe que rien n'arrête.

Avec un casier judiciaire extrêmement chargé malgré son jeune âge de 24 ans, Ricky Dubose est lui membre d'un gang de sinistre réputation, les Ghostface Gangsters, qui prône la suprématie de la race blanche. Il purgeait une sentence de 20 ans de prison, après avoir déjà fait plusieurs passages derrière les barreaux.

Ricky Dubose aurait eu du mal à se fondre dans une foule en raison de ses tatouages, sous la forme de couronnes surmontant ses sourcils, d'une étoile sous l'oreille droite et d'une large inscription couvrant son cou.

Son père, interrogé par les médias, l'a supplié de se rendre. "Ricky, mon gars, je t'en prie arrête. Ils vont te tuer", a plaidé Rocky Dubose.

- Pickup Ford blanc -

Les deux évadés ont partagé la même cellule. Après leur évasion sanglante, ils avaient été aperçus dans la ville de Madison. Ils sont entrés par effraction dans une maison, où ils ont troqué leur combinaison de prisonnier contre des vêtements moins repérables.

Ils ont attendu le soir et ont réussi à voler sur un site industriel un pickup Ford de couleur blanche, dont l'absence n'a été remarquée que le lendemain matin. La Honda Civic a elle été retrouvée mercredi, bien cachée dans une zone boisée.

"Ils ont certainement eu le temps de sortir de l'Etat", soulignait mercredi le shérif Sills, en précisant que la traque se déroulait désormais sur tout le territoire, avec la collaboration de toutes les polices d'Etat et agences fédérales, du FBI aux U.S. Marshals.

La prime pour toute information susceptible d'aider les enquêteurs a été relevée à plusieurs reprises, pour atteindre 130.000 dollars jeudi.

Avec AFP

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Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

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