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Les saisies de cocaïne ont doublé en Espagne

La plus grande saisie de cocaïne jamais enregistrée en Grande-Bretagne est exposée à Londres le 3 août 2011.

Les saisies de cocaïne ont doublé en Espagne, passant de 15 tonnes en 2016 à 32 en 2017, a annoncé mardi le ministère espagnol de l'Intérieur estimant que cela représente "40% de la cocaïne sud-américaine saisie dans toute l'Europe".

L'Espagne est le principal point d'entrée de la drogue en Europe - du fait de sa proximité avec l'Afrique du Nord, région productrice de cannabis - et de ses liens avec l'Amérique du Sud d'où provient la cocaïne.

Mais le ministère affirme que l'Espagne a fait office de "mur de contention contre le narcotrafic" en saisissant l'an dernier "40% de la cocaïne interceptée dans toute l'Europe en provenance d'Amérique du sud et quasiment 70% du haschich en provenance du Maroc".

Selon son communiqué, l'efficacité de la police des "stups" obligerait les barons de la drogue à ouvrir "de nouvelles routes en Europe à travers la Belgique et la Hollande".

Par rapport à l'an dernier, les saisies de cocaïne en Espagne ont augmenté de 115%, celles d'héroïne de 88% et celle de marihuana de 55%.

La cocaïne provient principalement du Brésil, du Chili, du Panama, du Pérou, de Colombie, d'Equateur et de Costa Rica.

Elle est habituellement dissimulée dans des conteneurs qui sont acheminés par différentes sociétés d'exportations vers des ports espagnols.

Le 28 novembre, les gardes civils et douaniers avaient ainsi trouvé 5,8 tonnes de cocaïne "de grande pureté" dissimulées dans un conteneur qui devait transporter des bananes, arrivé au port d'Algesiras en Andalousie en provenance de Medellin en Colombie.

Mais un nouveau modus operandi consiste à lancer des colis munis de dispositifs de géolocalisation depuis des navires marchands puis à les faire récupérer près des côtes par des bateaux de plaisance ou de pêche.

Dans l'Union européenne, 69 tonnes de cocaïne avaient été saisies en 2015 contre 51 tonnes en 2014, selon le rapport 2017 de l'Observatoire européen des drogues et de toxicomanie.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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