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Erdogan veut priver de leur nationalité turque les partisans de la rébellion kurde

Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 2 avril 2016. (AP/ Sait Serkan Gurbuz)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a encore durci le ton mardi contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en proposant de priver leurs "partisans" de leur nationalité, malgré les critiques qui dénoncent une répression déjà excessive.

Neuf mois après la reprise du conflit kurde, M. Erdogan a sans surprise écarté toute idée de discussion avec le PKK et même spectaculairement suggéré, pour la première fois, de déchoir de leur citoyenneté turque tous ceux qu'ils considèrent comme ses "complices", avocats, intellectuels, journalistes ou élus.

"Pour les mettre hors d'état de nuire, nous devons prendre toutes les mesures, y compris déchoir de leur nationalité les sympathisants de l'organisation terroriste", a-t-il lancé lors d'un discours devant des avocats à Ankara.

"Ces gens ne méritent pas d'être nos concitoyens (...) nous ne sommes pas obligés de porter sur notre dos quiconque est engagé dans une trahison à l'égard de son Etat et de son peuple", a martelé l'homme fort du pays.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, le conflit kurde a repris l'été dernier et sonné le glas des pourparlers de paix engagés à l'automne 2012 par le gouvernement avec le PKK pour mettre un terme à une rébellion qui a fait 40.000 morts depuis 1984.

Un groupe radical dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a revendiqué deux attentats à la voiture piégée qui ont fait plus d'une soixantaine de victimes en février et en mars en plein coeur d'Ankara.

Depuis l'été, M. Erdogan a ordonné de nombreuses arrestations et poursuites judiciaires contre les partisans de la cause kurde, notamment pour "propagande terroriste".

Plusieurs universitaires qui avaient signé en janvier une pétition pour dénoncer les "massacres" commis par l'armée contre les civils dans le sud-est ont été placés en garde à vue et renvoyés devant la justice. Trois d'entre eux ont même été incarcérés jusqu'à leur procès et risquent jusqu'à sept ans et demi de prison.

- "Terroristes" -

Le gouvernement a également lancé une procédure de levée de l'immunité de plusieurs élus du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) qui avaient prôné une forme d'autonomie par la minorité kurde du pays (20% de la population).

Ces mesures ont suscité de vives critiques chez ses détracteurs, qui dénoncent sa dérive autoritaire et l'accusent de vouloir museler toute opposition.

La semaine dernière, le président américain Barack Obama avait dénoncé le "chemin très inquiétant" pris par la Turquie en matière de respect de la liberté de la presse. M. Erdogan a vivement réagi en rejetant "toute leçon de démocratie".

Mardi, il a récidivé en prenant à nouveau pour cible les soutiens de la cause kurde. "Les partisans (du PKK) qui se présentent comme des universitaires, des espions qui s'identifient comme journalistes, un activiste déguisé en homme politique (...) ne sont pas bien différents des terroristes qui jettent des bombes", a-t-il dit.

M. Erdogan, dont le parti a remporté haut-la-main les législatives de novembre sur sa promesse "d'éradiquer" le PKK, a encore écarté mardi tout dialogue avec eux, suggéré la semaine dernière par son Premier ministre Ahmet Davutoglu.

"Notre Etat n'a rien à gagner à parler avec les terroristes", a tranché le chef de l'Etat, "cette histoire est terminée".

Le sud-est à majorité kurde de la Turquie revit depuis des mois au rythme des combats meurtriers et quotidiens entre les forces de sécurité turques et les rebelles. Plus de 350 soldats ou policiers en ont été victimes, selon les autorités, qui évoquent un chiffre invérifiable de plus de 5.000 tués dans les rangs du PKK.

Mardi encore, l'aviation turque a lancé un nouveau raid contre les bases arrières de l'organisation situées dans le nord de l'Irak, selon l'armée.

Les opérations lancées par l'armée pour neutraliser les militants du PKK, qui ont dressé des barricades dans plusieurs villes du sud-est, ont tué des dizaines de civils et provoqué l'exode de dizaines de milliers d'autres.

Avec AFP

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Roland-Garros: un possible 8e de finale entre Azarenka et S. Williams

La Biélorusse Victoria Azarenka (D) et l'Américaine Serena Williams (G) après leur match de demi-finales en simple féminin du tournoi de tennis américain 2020 à l'USTA Billie Jean King National Tennis Center, le sept 2020; New York/Danielle Parhizkaran-USA TODAY Sports

L'Américaine Serena Williams, en quête d'un 24e titre du Grand Chelem à Roland-Garros, et la Biélorusse Victoria Azarenka, de retour au premier plan, pourraient se retrouver en huitièmes de finale à Paris, où le tirage au sort a été effectué jeudi.

Placées dans le même quart de tableau, les deux trentenaires (38 ans pour Williams, 31 pour Azarenka) auront trois tours à franchir pour s'offrir une revanche de la dernière demi-finale de l'US Open, remportée par Azarenka (1-6, 6-3, 6-3). Sa première victoire en Grand Chelem, après 10 échecs, face à l'ancienne reine incontestée du circuit, moins dominatrice depuis 2018.

Dans la moitié de tableau la plus relevée, la rescapée pourrait être opposée à l'Ukrainienne Elina Svitolina, tête de série N.3, en quarts de finale. Si la logique est respectée, l'élue de ce quart de tableau affrontera pour une place en finale la Roumaine Simona Halep, tête de série N.1 en l'absence de l'Australienne Ashleigh Barty, lauréate de l'édition 2019 qui a préféré ne pas faire le déplacement dans le contexte sanitaire actuel.

Sans Naomi Osaka, N.3 mondiale et vainqueur début septembre à l'US Open, l'autre moitié de tableau semble très ouverte. Surtout si Karolina Pliskova, tête de série N.2, ne se remet pas correctement de sa blessure à la cuisse gauche qui l'a obligée à déclarer forfait en finale à Rome.

L'Afrique demande davantage de solidarité financière internationale face au coronavirus

Négociations à la Bourse du Zimbabwe à Harare, le 24 avril 2008 sur les prix des produits de base, la croissance économique, les initiatives d'allégement de la dette, les politiques économiques favorables au marché et les marchés boursiers d'Afrique. (AP/Tsvangirayi Mukwazhi)

Plusieurs chefs d'Etat africains ont réclamé jeudi à l'ONU une plus grande solidarité internationale face à la pandémie de Covid-19, dont l'annulation de leur dette publique et un soutien du Fonds monétaire international.

"Face à l’urgence actuelle, nos États ont besoin d'un soutien financier à la hauteur de la crise économique qu’ils connaissent", a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou, intervenant à distance à la 75e Assemblée générale de l'ONU pour cause de Covid.

"Un simple moratoire sur la dette ne suffira pas au regard des défis qui doivent être relevés. Il faut annuler purement et simplement la dette", a-t-il souligné, reprenant une demande formulée dès mardi par son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

Mi-avril, les pays du G20 ont suspendu jusqu'à la fin 2020 les remboursements de la dette des pays les plus pauvres, confrontés à une fuite de capitaux et des chutes de recettes fiscales en raison de la pandémie.

L'Union africaine appelle à étendre ce moratoire sur l'année 2021 afin d'aider à relancer l'économie du continent.

L'Afrique est l'un des continents les moins touchés par le virus, avec quelque 1,8 million de cas recensés et 34.500 décès, mais elle subit comme les autres les effets de la récession mondiale provoquée par la pandémie.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a déploré "le soutien insuffisant" des grandes économies et "sans commune mesure avec les montants dégagés individuellement" par ces pays. "La pandémie pourrait effacer plus d’une décennie de croissance économique et de progrès sociaux réalisés par le continent africain", a-t-il averti.

Alasssane Ouattara a plaidé pour le recours aux droits de tirage spéciaux (DTS), sorte de monnaie créée par le FMI, qui permettent de rembourser des obligations auprès du Fonds ou d'ajuster des réserves monétaires.

- "Choc inédit" -

"Il faut aller plus loin et agir sans plus tarder", a-t-il insisté en virtuel à la tribune de l'ONU en rappelant que le mécanisme des DTS a "fait preuve d'efficacité lors de la crise financière mondiale de 2008-2009".

"Les pays africains ont besoin de solutions pérennes, notamment de liquidités et d'investissements, afin de résister au choc inédit subi par nos populations", a-t-il martelé.

Les besoins financiers de l'Afrique sont évaluées à 100 milliards de dollars par an sur trois ans, soit 300 milliards de dollars, a noté le président ivoirien.

La procédure des DTS a été utilisée trois fois depuis leur création en 1969. Au total, ces "distributions" de DTS ont représenté 204 milliards de dollars.

Nombre d'économistes, dont l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Khan, plaident aussi pour le recours aux DTS. Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a aussi soutenu en avril "l'idée de DTS à hauteur de 500 milliards de dollars".

"Le monde doit enfin entendre l'appel des Africains à l'annulation de la dette publique de leur pays", a également souligné Alassane Ouattara.

Le président du Burkina Faso Marc Christian Kaboré, dont le pays est l'un des plus touchés par la menace jihadiste au Sahel, a aussi lancé un appel pour "une annulation pure et simple" de la dette.

"La pandémie de Covid-19 est une crise mulidimensionnelle qui risque d'anéantir tous les efforts de développement dans de nombreux pays, surtout ceux touchés par les conflits", a-t-il souligné.

Même tonalité chez le président de la République du Congo:"il importe d'intensifier la solidarité internationale (..) afin d'éradiquer cette pandémie", a lancé Denis Sassou Nguesso.

VOA Correspondant: 75e assemblée générale de l’ONU

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La 75ème édition de l’Assemblée générale de l’ONU se poursuit

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