Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

RDC

Epidémie d'Ebola : le cap de mille morts franchi, l'inquiétude redouble

Personnel de la Croix-Rouge dans la zone à Beni, RDC, 2 novembre 2018.

Le cap des 1.000 morts a été franchi vendredi dans l'épidémie de la fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo, la deuxième la plus grave de l'histoire du virus, a annoncé le ministère de la Santé.

Les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont par ailleurs dénoncé des "manipulations politiques" qui attisent l'hostilité contre le personnel médical dans les régions affectées, un facteur qui tend à aggraver l'épidémie.

"Au total, il y a eu 1.008 décès (942 confirmés et 66 probables) et 422 personnes guéries", a indiqué le ministère congolais de la Santé dans son bulletin quotidien vendredi soir, neuf mois après la déclaration de l'épidémie le 1er août dans la province du Nord-Kivu (est), et très marginalement dans l'Ituri voisine.

Au 2 mai, les autorités sanitaires ont enregistré 14 nouveaux décès de cas confirmés. C'est la dixième épidémie sur le sol congolais, et la deuxième la plus grave dans l'histoire du virus après celle qui a menacé l'Afrique de l'Ouest en 2014 (plus de 11.000 morts).

"Le taux de létalité globale de l'épidémie est de 65,9%", a ajouté l'autorité sanitaire congolaise, qui orchestre la "riposte" avec l'OMS, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et quelques ONG.

Plus de 110.000 personnes ont été vaccinées depuis début août. Les deux pays frontaliers -Rwanda et Ouganda- ont aussi vacciné des membres de leur personnel de santé.

- "Transmission continue et intense" -

"Nous anticipons un scénario de transmission continue et intense", a déploré le directeur du programme pour les urgences de l'OMS, Peter Ryan, lors d'une conférence de presse à Genève.

"Pour juguler l'épidémie (...), certains parlent de six ou neuf mois, ou une année", a prudemment envisagé le ministre congolais de la Santé, le docteur Oly Ilunga, dans un entretien à l'AFPTV.

L'épidémie frappe une région touchée par l'insécurité qui s'est retournée contre les personnels soignants.

"Sur 1.008 décès, 523 (51,9%) ont été notifiés dans les zones de Butembo et Katwa", relève le ministère.

Dans ces deux localités voisines, le nombre de décès, de cas avérés et de cas suspects est reparti à la hausse après l'attaque des deux Centres de traitement d'Ebola (CTE) fin février-début mars.

Un médecin camerounais de l'OMS a été tué le 19 avril à Butembo par des hommes armés alors qu'il dirigeait une réunion d'une équipe anti-Ebola.

L'OMS a aussi pour la première fois dénoncé "la manipulation politique" visant à créer un sentiment d'hostilité contre les personnels soignants luttant contre le virus.

- Maladie "instrumentalisée" -

"A Butembo, nous étions optimistes après avoir conféré avec le patronat, la jeunesse, etc. Mais, les acteurs politiques, qui ont instrumentalisé la maladie, ont contribué à la désinformation de la population qui paie le prix fort", a aussi accusé le ministre congolais de la Santé, le docteur Oly Ilunga.

"La société civile détient des enregistrements sonores des déclarations des acteurs politiques et leaders d'opinion opposés à la riposte", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Fin décembre 2018, Ebola a servi de prétexte à la Commission électorale (Céni) pour annuler l'élection présidentielle dans la région de Beni-Butembo. Cette décision a provoqué la colère durable des électeurs.

"Suite à l'annonce de la Céni, 32 centres de santé ont été attaqués dans la ville de Beni", avait témoigné une responsable des urgences de Médecins sans frontières (MSF) au journal le Monde.

Dans cette région, la population se méfie des autorités qui n'ont pas su mettre fin aux massacres de civils attribués aux miliciens ougandais des ADF.

"La riposte dans sa conception et dans son pilotage ne tient pas compte de cette méfiance grandissante des populations", regrette le professeur Godefroid Ka Mana chercheur à Pole institute, spécialisé dans les questions de paix dans les grands lacs africains.

De même, les enterrements "dignes et sécurisés" des malades à la charge de la Croix rouge sont perçus par les populations comme une "agression culturelle en mettant les cadavres d'Ebola dans des sachets et en les enterrant dans des fosses communes", constate le philosophe.

Par ailleurs, le personnel de santé local reproche aux autorités et aux partenaires de les avoir "relégués aux seconds rôles dans les activités de riposte", a déclaré à l'AFP un médecin sous couvert d'anonymat.

"Chaque fois qu'on a laissé les équipes de la riposte travailler, on est parvenu à contrôler la maladie rapidement", explique le ministre congolais de la Santé qui veut croire en une "inversion de la tendance": les familles qui refusent d'accepter la riposte sont chassées des villages, alors qu'avant c'était la communauté qui encourageait la résistance à la riposte.

Toutes les actualités

Cinq morts à Beni, l'armée encourage la reprise des activités agricoles

Des militaires FARDC dans la foret de Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Cinq personnes ont été tuées à Beni dans l'est de la République démocratique du Congo, a indiqué vendredi l'armée, qui organise le retour des paysans sur des terres reprises au groupe armé accusé des massacres.

"Cinq civils ont été tués jeudi par ces terroristes en représailles aux revers que leur a infligés l'armée", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée dans la région, Mak Hazukai.

"Ce groupe résiduel sera très rapidement éradiqué par les Forces armées de la RDC (FARDC)", a-t-il insisté.

Les massacres sont attribués au groupe armé d'origine ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF).

Les ADF sont accusés d'avoir tué plus de 1.000 personnes dans la région de Beni depuis octobre 2014, dont 120 à 150 rien que depuis début novembre.

La dernière vague de massacres s'apparente à des opérations de représailles sur les civils aux opérations militaires annoncées par l'armée congolaises le 30 octobre, d'après l'armée et des experts.

L'armée et les Casques bleus ont annoncé des "opérations conjointes" fin novembre.

Des activités agricoles ont repris dans un fief repris aux ADF, d'après l'armée.

"Nous avons autorisé la population à reprendre normalement ses activités agricoles dans la vallée de Mwalika, un fief des ADF récupéré par l'armée, désormais nettoyé et sécurisé", a déclaré Mak Hazukay.

La presse locale a été invitée à assister à la cérémonie organisée à cette occasion, a-t-il ajouté.

L'accès à cette vallée est conditionné par la présentation d'un jeton délivré par des autorités militaires.

La population de Mwalika devait effectuer chaque mercredi des travaux forcés dans les champs appartenant aux ADF dans le parc de Virunga, a indiqué le major Hazukay.

Plusieurs cités et villages du territoire de Beni sont vidés de leurs populations, qui ont fui des massacres.

Douze morts dans deux attaques en Ituri

Des soldats des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) patrouillent le village abandonné de Kaswara, à 60 km au sud-ouest de Bunia, dans la région de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 14 juillet 2006.

Douze personnes ont été tuées en 24 heures dans deux attaques en Ituri, l'une des trois provinces de l'est de la République démocratique du Congo, en proie à des conflits, ont indiqué vendredi l'armée et des observateurs locaux.

"Nous avons enregistré trois morts dans une nouvelle attaque des miliciens très tôt vendredi matin", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri.

"J'ai vu ce matin les corps de trois personnes dont un pasteur, un agent des renseignements et une femme. Un commerçant bien connu a été enlevé par ces assaillants", a témoigné à l'AFP Daniel Tibasima, directeur de la Radio télévision communautaire Umoja de Djugu.

Dans la nuit du mercredi à jeudi, une autre attaque sur les bords du Lac Albert a fait "neuf morts dont 4 femmes, une fillette et quatre hommes", a encore témoigné le journaliste.

Un bilan confirmé par une source diplomatique, qui précise que les victimes sont des "pêcheurs" sans autre précision.

Le porte-parole de l'armée a confirmé "des échanges de tirs avec des assaillants", sans donner de bilan, tout en affirmant que la situation était "sous contrôle".

Ces attaques sont attribuées à la milice Codeco, déjà jugée responsable du massacre de civils au mois de juin.

Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants avaient été tués et des milliers d'autres avaient pris la fuite.

Un conflit entre les communautés hema (commerçants et éleveurs) et lendu (cultivateurs) avait fait en Ituri, entre 1999 et 2003, des dizaines de milliers de morts, jusqu'à l'intervention de la force européenne Artémis, sous commandement français.

L'Ituri est aussi touchée par l'épidémie d'Ebola.

Tshisekedi réfléchit à voix haute au retour à la présidentielle à deux tours

Le président Felix Antoine Tshilombo Tshisekedi devant l'ONU à New York, le 26 septembre 2019.

Le président congolais Félix Tshisekedi, élu dans la contestation il y a un an, a souhaité vendredi rétablir un scrutin présidentiel à deux tours pour apaiser les esprits en République démocratique du Congo.

"Ne nous voilons pas la face. Vous et moi, nous sommes conscients qu'il y a des choses qui ont choqué la conscience collective et que nous devons absolument corriger", a déclaré le chef de l'Etat dans son premier discours sur l'état de la Nation devant le Parlement.

Il venait d'évoquer l'élection des députés, des sénateurs et des élus provinciaux à la suite des élections générales du 30 décembre - sans faire allusion à la sienne.

Investi le 24 janvier, M. Tshisekedi a lui-même été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre. Issu de l'opposition, il gouverne depuis en coalition avec les forces de son prédécesseur Joseph Kabila, qui ont gardé une vaste majorité au Parlement et dans les provinces.

Salué par les diplomates, ce scénario d'une première transition pacifique dans l'histoire du pays a été dénoncé par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu, qui se proclame vainqueur de l'élection à un tour et dénonce un accord Kabila-Tshisekedi à ses dépens.

M. Tshisekedi n'a fait allusion à aucun fait précis dans son discours prononcé dans une salle chauffée à blanc par les "combattants" de son parti d'origine, l'UDPS.

"Ne devrions-nous pas nous interroger sur les avantages du rétablissement du second tour de l'élection présidentielle de manière à ce que le vainqueur puisse être investi de la légitimité suffisante pour appliquer sa vision", a-t-il déclaré, à la surprise d'une partie de l'assistance.

L'élection présidentielle à un tour avait été supprimé en 2011 sous Joseph Kabila.

L'élection à deux tours en 2006 n'avait pas empêché des violences post-électorales début 2007 dans les rues de Kinshasa entre l'armée du président Kabila et les milices du candidat déçu, Jean-Pierre Bemba (plusieurs centaines de morts).

Le président Tshisekedi a promis qu'il ne toucherait pas à la limitation du nombre de mandats présidentiels (deux).

Tshisekedi défend son budget en détaillant son arsenal anti-corruption

Le président de la RDC Felix Tshisekedi Tshilombo

Le président Félix Tshisekedi a défendu vendredi le projet de budget de la République démocratique du Congo, jugé "irréaliste" par le Fonds monétaire international, en détaillant ses premières mesures concrètes contre la corruption dans une ambiance survoltée au Parlement.

"Comment les gens peuvent-ils s'étonner que le gouvernement propose un budget de 10 milliards de dollars avec 80 millions de Congolais?", a déclaré le chef de l'Etat dans son premier discours sur l'Etat de la Nation devant le Parlement.

Ce projet de budget, actuellement en discussion, représente une forte hausse par rapport à celui de l'année qui s'achève (5,5 mds de dollars). "C'est très rare qu'un pays soit capable d'augmenter ses revenus de 50 à 60% d'une année sur l'autre", a réagi le représentant du FMI à Kinshasa, Philippe Egoume, cité par Bloomberg.

"Ce n'est pas en maintenant un budget à quatre milliards de dollars que nous pourrons changer ce rapport à la pauvreté dont j'ai parlé", a répondu le chef de l'Etat, qui s'est engagé à lutter contre la misère extrême qui touche les 2/3 des habitants d'un pays riche en minerais.

"Je suis au courant de la persistance des pratiques de la corruption et de l'existence des réseaux de fraude massive qui occasionnent des détournements et des manques à gagner pour le Trésor public", a-t-il dit.

"Tous ces réseaux seront démantelés. Et je serai intraitable dans la lutte contre la corruption", a-t-il répété à deux reprises à la demande des "combattants" de son parti d'origine, l'UDPS, bruyamment présents en grand nombre dans la salle du Parlement.

"Aussi, dans les prochaines semaines, souhaiterais-je voir se matérialiser l'option d'une structure judiciaire voire même d'une juridiction spécialisée dans la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment des capitaux ainsi que le détournement des deniers publics", a-t-il détaillé.

"J'envisage très prochainement la création d'une cellule du climat des affaires", a-t-il ajouté, dénonçant le "harcèlement fiscal" des PME.

La lutte anti-corruption et contre le blanchiment d'argent est au cœur d'une nouvelle mission du FMI à Kinshasa jusqu'au 20 décembre.

La RDC occupe la 161e place dans le classement de Transparency international sur la corruption publié en janvier 2019.

Vingt-trois nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola

Vingt-trois nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:09 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG