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Entretien avec VOA: Trump parle économie, sécurité, climat

Greta Van Susteren, une collaboratrice de VOA, s'entretient avec le président Donald Trump, le 1er décembre 2018.

Le président Donald Trump s'est entretenu avec la contributrice de VOA, Greta Van Susteren, à Buenos Aires, en Argentine, où il participe au sommet du G20.

Greta Van Susteren: M. Monsieur le Président, nous sommes en Argentine et aux États-Unis. Le Canada et le Mexique ont signé un nouvel accord commercial mettant à jour l'ALENA.

Président Donald Trump: "C’est vrai"

L’une des parties de l'accord parle des travailleurs et les travailleuses de l’automobile, et de l'industrie automobile. Est-ce que cela va répondre spécifiquement à l'un des problèmes des États-Unis avec la fermeture d'usines de GM et la perte de 14 000 emplois?

"Et bien c’est ça et ce n’est pas que ça. Cela va empêcher les constructeurs automobiles de bouger. Une des choses que je voulais vraiment, c’est les usines et les constructeurs automobiles, en général - je veux dire les emplois, les usines - je ne veux pas qu’ils quittent les États-Unis. C’était très important pour moi et nous ne quittons pas les États-Unis. Donc, je pense que l’un des éléments les plus forts de la nouvelle - et je l’appelle l’USMCA - est l’une des choses vraiment importantes, c’est que vous ne verrez pas les entreprises partir une fois qu’elles seront signées. Nous devons le faire passer par le Congrès et s’il réussit, ce que je pense, ce sera formidable, et si ce n’est pas le cas, nous sommes très heureux de la situation actuelle".

Alors que vous dénoncez la Chine, l’un des pays en train d'escroquer les États-Unis, son empreinte mondiale se développe: ils sont déjà en Afrique du Nord, ils construisent un énorme port au Pakistan, ils font de bonnes affaires - des investissements au Panama et en Amérique latine. En quelque sorte très proche des États-Unis, géographiquement. Avez-vous confiance dans les objectifs stratégiques de la Chine? Êtes-vous un peu inquiet?

"Je pense qu’ils auront moins d’argent qu’aujourd’hui, parce que l’accord que je passe et si vous regardez nous avons 250 milliards de dollars actuellement, à 25%. Cela signifie que nous allons gagner des milliards et des milliards de dollars. En plus, je peux doubler ce montant et ensuite le doubler encore une fois. Ils ne pourraient jamais faire ce qu'ils ont fait dans le passé avec d'autres présidents, car - et vous voir ce qui se passe avec la Chine. Je ne veux pas faire cela, mais ils ne vont pas très bien maintenant comparés à ce qu’ils faisaient, et - encore une fois, je pense que nous allons bien."

Mais en tant que centre de sécurité nationale, vous savez, grâce à leurs investissements en Amérique latine et dans le monde entier, il semble bien qu'ils s'implantent davantage dans le monde entier.

"Je sais, mais ils ont un problème de dette et ils doivent payer pour cette dette. C’est une énorme somme d’argent qu’ils dépensent. Est-ce que j'aime la situation? Probablement pas, mais je sais aussi que c’est très cher pour eux, et beaucoup d’entre eux ne vont pas marcher".

Vous alliez - ou du moins, vous aviez envisagé de rencontrer le président Poutine et vous avez refusé. Si vous l'aviez rencontré quel aurait été votre ordre du jour avec le président?

"Avec ce qui s’est passé avec l’Ukraine avec les navires et les marins, ce ne serait tout simplement pas le bon moment, mais je le rencontrerai. Je pense que nous avons de très bonnes relations et que nous allons entretenir de très bonnes relations avec la Russie, la Chine et tous les autres. Je veux dire, je pense que c'est important. Je vais donc le rencontrer au moment opportun. "

Que pense-t-il faire avec l’Ukraine? Pourquoi a-t-il saisi les voiles et les navires?

"Je ne peux pas lire dans ses pensées, et personne ne le peut, et il sait ce qu’il veut faire, mais nous ne pouvons pas permettre que certaines choses se produisent, vous savez, c’est arrivé, et je ne peux tout simplement pas être partisans de cela."

Le changement climatique est l’un des problèmes de l’économie mondiale. C’est une discussion ici. Quelle est votre position sur le changement climatique et comment il a affecté l’économie mondiale?

Très simple, je veux l’air le plus pur et l’eau la plus pure de la planète. Je veux une eau cristalline et c’est ce que nous avons. Nous nous débrouillons très bien en matière d’environnement et c’est ce que je veux. Mais je ne vais pas mettre le pays en faillite en essayant de maintenir certaines normes qui ne comptent probablement pas. En Chine, et dans les autres pays où il y a de l'air vicié, il n'y a pas de bonne qualité d'air aux États-Unis. Les gens ne veulent pas en parler, mais ça passe. Nous allons donc être propres, mais ce n’est pas le cas, et cela coûte très cher. Le fait est que nous sommes absolument propres, mais nous n'allons pas dépenser des milliards de dollars et rendre cela bénéfique pour les autres, mais pas pour notre… Vous savez, ma politique est très simple, elle s'appelle America First. En même temps, nous allons être un grand voisin du monde. Mais nous devons nous traiter équitablement, alors c’est comme ça.

Allez-vous parler au président Xi du changement climatique?

"Nous en parlerons. L’important était de parler du commerce, c’est ce que les gens veulent entendre et vous savez, il doit faire quelque chose avec son climat. Mais, et je suis sûr qu’il le fera. Je pense que c’est un de mes amis et un homme bon mais vous savez, nous avons un petit différend. Et encore une fois, notre pays a été exploité pendant de nombreuses années et cela ne se produira plus."

La semaine prochaine, un vote pourrait éventuellement avoir lieu à la fermeture du gouvernement. Tout d’abord, pensez-vous que le gouvernement américain va fermer ses portes et cela aura-t-il un impact économique mondial?

"Je ne peux pas vous dire s’il y aura une fermeture, car personne ne le sait, mais je vous dirai que nous allons avoir davantage de sécurité des frontières. Nous allons avoir beaucoup de sécurité à la frontière - vous avez vu ce que nous avons fait avec toutes les caravanes qui montent et maintenant elles commencent à sortir, elles commencent à repartir. Nous n'allons pas laisser les gens entrer illégalement dans notre pays. Nous allons avoir des gens qui viennent sur le mérite. Nous avons besoin de gens, vous savez? Nous avons le taux de chômage le plus bas depuis 51 ans. Nous avons besoin de gens dans ce pays. Le Premier ministre Abe, du Japon, vient de me dire qu'ils déménageaient deux constructeurs automobiles. Ils vont ouvrir deux usines gigantesques. C'est un événement. Vous avez entendu parler de General Motors et je ne sais pas ce qui s’est passé avec General Motors, mais la tendance est tout à fait opposée. Et je dirai ceci: notre économie n’a jamais été aussi bonne. Nous avons des chiffres incroyables, vous voyez ça. Et beaucoup de bonnes choses se produisent."

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Affaire ukrainienne : l’ambassadeur William Taylor contredit le président Trump

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Trump a lié aide à l'Ukraine et enquête sur Biden, témoigne un diplomate

Bill Taylor, chargé d'affaires américain en Ukraine, à son arrivée au Congrès à Washington, États-Unis, le 22 octobre 2019. REUTERS / Tom Brenner

Donald Trump a conditionné le déblocage d'une aide financière pour l'Ukraine à l'ouverture par Kiev d'enquêtes aux motivations politiques qu'il réclamait, a déclaré le plus haut diplomate américain en Ukraine mardi devant le Congrès, selon le Washington Post.

William Taylor, chargé d'affaires à l'ambassade des Etats-Unis en Ukraine, témoignait à huis clos devant les trois commissions de la Chambre des représentants qui mènent l'enquête dans le cadre de la procédure de destitution ("impeachment") lancée contre Donald Trump. L'ancien officier de l'armée a déclaré avoir été informé par Gordon Sondland, l'émissaire américain auprès de l'Union européenne, que Donald Trump avait lié le déblocage d'une aide financière à l'annonce publique par son homologue ukrainien Volodimir Zelenski de l'ouverture d'une enquête contre Joe Biden et son fils Hunter Biden. Zelenski a répondu favorablement à la demande du chef de la Maison blanche, et l'aide américaine a par la suite été débloquée.

Ce témoignage vient contredire les propos de Donald Trump selon lequel il n'y a eu aucune contrepartie demandée pour le versement des 391 millions de dollars destinés à aider Kiev à faire face aux séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine - une aide que le président républicain avait bloquée après qu'elle fut approuvée par le Congrès.

"Il n'y a pas eu de quid pro quo. C'était encore aujourd'hui des ouï-dire et des fuites sélectives dans le cadre d'auditions aux motivations politiques, à huis clos et opaques de la part des démocrates", a déclaré la porte-parole de la Maison blanche, Stephanie Grisham.

Les démocrates estiment que Donald Trump est passible d'une destitution pour avoir demandé à un dirigeant étranger d'enquêter sur Joe Biden, ex-vice-président de Barack Obama et candidat à l'investiture démocrate que Trump pourrait donc affronter lors de l'élection présidentielle de novembre 2020.

L'enquête a été ouverte après qu'un membre des services du renseignement américain a lancé l'alerte sur une conversation téléphonique en juillet dernier entre Trump et Zelenski, accusant le président républicain d'avoir fait pression pour que l'Ukraine enquête sur Biden.

Durant son audition, William Taylor a souligné que l'idée de bloquer une aide militaire au profit d'une campagne politique domestique était selon lui une "folie". Il a dit que Trump avait aussi demandé à Zelenski d'annoncer l'ouverture d'une enquête sur une interférence présumée de l'Ukraine dans l'élection présidentielle américaine de 2016 - quand bien même les services du renseignement américains et l'enquête du procureur spécial Robert Mueller ont conclu à une ingérence de la Russie destinée à nuire à la candidate démocrate Hillary Clinton au profit de Trump.

Celui qui fut ambassadeur des Etats-Unis à Kiev de 2006 à 2009 a indiqué que l'administration Trump avait établi un "canal clandestin et informel pour l'élaboration de la politique américaine" qui allait à l'encontre des objectifs diplomatiques énoncés. Taylor a précisé que ce canal alternatif était composé notamment de l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani, de l'ex-émissaire spécial pour l'Ukraine, Kurt Volker, et de Gordon Sondland.

Avec Reuters

Des troupes américaines entrent en Irak depuis la Syrie

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L'enquête antitrust des Etats américains contre Facebook prend de l'ampleur

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, le 19 septembre 2019 à Capitol Hill, Washington, DC, USA.

Ils n'étaient même pas 10 ; ils sont désormais 45 Etats américains à enquêter sur la gestion des données personnelles et les pratiques commerciales de Facebook, déjà sous le coup de plusieurs investigations des autorités aux Etats-Unis.

"Après des entretiens avec des procureurs des deux bords politiques dans tous le pays, j'annonce aujourd'hui que nous avons largement étendu la liste d'Etats, districts et territoires qui enquêtent sur de potentielles infractions au droit de la concurrence par Facebook", a déclaré mardi Letitia James, procureure générale de l'Etat de New York.

La coalition qui a lancé cette vaste enquête début septembre compte désormais 47 procureurs généraux, "tous inquiets que Facebook ait pu mettre en danger les données des consommateurs, ait réduit la qualité des choix s'offrant à eux, et augmenté le prix de la publicité", a-t-elle ajouté.

"Facebook a joué un rôle majeur dans le façonnement de l'économie numérique mondiale (...)", argumente Dana Nessel, procureure général du Michigan. "Aujourd'hui nos données personnelles constituent la principale matière première de cette économie, (...) et il est de mon devoir de m'assurer que les résidents du Michigan ne continuent pas à voir leurs données personnelles pillées par un acteur monopolistique en quête de contrôle des plateformes sociales et des marchés publicitaires".

Le géant américain des réseaux sociaux a vu les fronts judiciaires se multiplier aux Etats-Unis cet été, comme d'autres entreprises de la Silicon Valley (Google et Apple notamment).

Début juin, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a annoncé l'ouverture d'une enquête, soutenue par des élus des deux partis, sur "la concurrence sur le marché numérique".

Au niveau fédéral, une vaste enquête sur d'éventuelles pratiques anti-concurrentielles des grands groupes technologiques a été lancée fin juillet par le ministère de la Justice.

A la même période, Facebook écopait d'une amende record de 5 milliards de dollars, infligée par la FTC, l'autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

La firme de Menlo Park est aussi très présente dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2020. La sénatrice américaine Elizabeth Warren, candidate à l'investiture démocrate, prône un démantèlement des géants technologiques.

Mais pour Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, diviser son entreprise ne résoudrait pas les problèmes évoqués. "Si elle est élue présidente, je parie que nous aurons un combat judiciaire, et je parie que nous le gagnerons", a-t-il dit à ses employés lors d'une session de questions-réponses interne, diffusée ensuite sur son réseau.

L'action du groupe perdait 3% à Wall Street.

Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

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