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Entretien de Greta Van Susteren avec le président Donald Trump à Singapour

Greta Van Susteren et Donald Trump à Singapour le 12 juin 2018.

Peu après son sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, à Singapour, le président Donald Trump s'est entretenu avec Greta Van Susteren, collaboratrice de la VOA, au sujet de ses discussions avec son homologue nord-coréen et ce qu’il faut en attendre.

Van Susteren : Qu'est-ce qui vous a surpris à propos de Kim Jong Un ?

Donald Trump : "Il a une grande personnalité. C'est une personne marrante, il est très intelligent, un excellent négociateur. Il aime son peuple, pas que cela m'étonne. Et je pense que nous avons débuté quelque chose d’incroyable. Nous allons dénucléariser la Corée du Nord. Cela va commencer immédiatement et beaucoup d'autres choses suivront, y compris le retour des restes [des soldats américains de la Guerre de Corée]. Récupérer les restes, Greta, est si important pour tant de gens. Ils m'ont appelé, ils m'ont écrit des lettres, "S'il vous plaît, pouvez-vous le faire ?" Et il [le dirigeant nord-coréen] a accepté de le faire, des milliers de personnes - qui sont mortes dans la guerre - alors c'est un gros développement. "

>> Lire aussi : Washington et Pyongyang ont surmonté des obstacles pour aboutir au sommet

Van Susteren : Alors vous avez mis la question des droits de l'Homme sur la table aujourd'hui, comment a-t-il réagi ?

Donald Trump : "Très bien. Nous avons parlé évidemment de la dénucléarisation 90% du temps, mais nous avons abordé beaucoup d'autres points, y compris les droits de l'Homme. Récupérer les restes [des soldats] était un facteur important, en fait nous l’avons mis dans le document. Nous avons eu beaucoup de bonnes choses dans ce document, ce qui était bien au-delà des attentes.

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.
Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.



Van Susteren : Parlez-moi de l’interaction en coulisse, lui avez-vous lancé un ultimatum ? Vous a-t-il lancé un ultimatum ?

Donald Trump : "Non, pas d’ultimatum. Nous discutions vraiment depuis trois mois à travers nos différents représentants, y compris le secrétaire d'État Mike Pompeo, qui a fait un travail fantastique. Nous avons donc négocié pendant une bonne période de temps, et lorsque nous nous sommes rencontrés aujourd'hui, nous nous sommes entendus dès le début. Vous savez pour moi c'est la 25e heure. Je n'ai pas dormi depuis 25 heures, ça a été une longue négociation et j'en suis très fier. Cela lance un processus. Vous savez que cela aurait pu se terminer par une guerre - vous connaissez très bien la Corée du Nord, Séoul compte 28 millions de personnes, qui auraient pu se retrouver avec des millions de morts mais nous finirons avec un accord. "

Van Susteren : Qu'en est-il de nos troupes? Restent-elles en Corée du Sud?

Donald Trump : "oui, elles vont rester. Nous n'en avons même pas discuté, cela n'a pas été discuté. Nous allons sortir des exercices militaires, qui coûtent tellement d'argent. Vous savez - parce que je pense que, premièrement, c'est très provocateur, et je veux les interrompre. Et je pense qu'ils en sont très heureux parce que c'est tellement provocateur. Cela coûte une fortune. Et nous n’aurons pas de telles manœuvres tant que nous négocions de bonne foi. "

Le président américain Donald Trump tend la main au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à la station balnéaire de Capella sur l'île de Sentosa le mardi 12 juin 2018 à Singapour.
Le président américain Donald Trump tend la main au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à la station balnéaire de Capella sur l'île de Sentosa le mardi 12 juin 2018 à Singapour.



Van Susteren : Qu'est-ce qui a amené Kim à la table cette fois après des décennies de menaces?

Donald Trump : "Eh bien, en fait, je ne pense pas qu'il y ait eu trop de menaces. Les gouvernements, avant moi, avaient fondamentalement une attitude silencieuse, ils ne voulaient pas en parler, et vous ne pouvez pas faire ça. Et je pense que la rhétorique initiale était très importante. Franchement, autant je détestais de le faire, autant certaines personnes pensaient que je faisais une mauvaise chose. Mais je pense que sans cela, nous ne serions pas ici. Je pense aussi qu'il [le leader nord-coréen] veut vraiment parvenir à un accord, il veut faire quelque chose. "

Van Susteren : Mais pourquoi?

Donald Trump : "Parce qu'il sait que nous sommes sérieux. Je ne pense pas qu'il l'ait ressenti par le passé. Je pense que par le passé, c'était différent, ça n'a pas marché. Mais il sait que nous sommes sérieux, nous devions agir. Et nous l'avons fait – il n’y a pas longtemps de cela - bien que vous puissiez dire que dès le premier jour, nous avons parlé de la Corée du Nord avec fermeté. Mais je pense que nous avons signé aujourd'hui un document beaucoup plus vaste et plus complet que ce que les gens pensaient. Personne n'avait pensé que ce serait possible. "

Van Susteren : Quelle opinion pensez-vous qu’il s’est faite de vous après son départ?

Donald Trump : "Je pense qu'il m'apprécie et je l'apprécie. Et je comprends le passé et, vous savez, personne ne doit me le dire, c'est un gars dur. Il doit être dur, ou il l’a été. Mais nous nous sommes bien entendus. Il est intelligent, il aime son pays. Il veut beaucoup de bonnes choses et c'est pourquoi il agit ainsi. "​

Le texte entre les Etats-Unis et la Corée du Nord signé à Singapore, le 12 juin 2018.
Le texte entre les Etats-Unis et la Corée du Nord signé à Singapore, le 12 juin 2018.

>> Lire aussi : Le texte de l'accord commun entre Trump et Kim

Van Susteren : "Mais il a affamé son peuple. Il a été brutal avec eux. Et il aime tout de même son peuple ? "

Donald Trump : "Il fait ce qu'il a vu faire, si vous voyez bien. Mais, je dois considérer ce qui s’est passé aujourd’hui, ce qui s’est passé hier, et il y a quelques semaines, parce que c'est vraiment à ce moment-là que tout a commencé. Encore une fois, sans la rhétorique et sans les sanctions - les sanctions étaient très importantes - les sanctions resteront en vigueur jusqu’au moment opportun, et cela arrivera. Et nous le voyons à peu près maintenant, mais les sanctions resteront en vigueur jusqu'à ce que nous commencions vraiment à démanteler les armes nucléaires. "

Van Susteren : "Parce que c'est la Voix de l'Amérique, cet entretien sera entendu en Corée du Nord par les citoyens nord-coréens. Que voulez-vous dire directement aux citoyens de la Corée du Nord ? "

Donald Trump : "Eh bien, je pense que vous avez quelqu'un qui a un bon sentiment pour eux. Il veut bien faire et nous nous entendons très bien. Nous avons eu une bonne connexion - vous comprenez ce que je ressens est très important. Je veux dire, je connais des gens avec qui il n’a pas de connexion. Peu importe ce que vous faites, vous ne l'avez pas. Nous l'avons eu dès le début, j'en ai parlé et je pense que de grandes choses vont se passer pour la Corée du Nord. "

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Nouvel abandon d'un candidat démocrate dans la course à la Maison Blanche

Le gouverneur démocrate de Washington, lors du premier débat Premier débat des démocrates, à Miami, le 26 juin 2019

Il n'en reste plus que 22: le candidat à la primaire démocrate Jay Inslee a annoncé mercredi qu'il se retirait de la course à la Maison Blanche.

C'est le troisième abandon dans cette primaire après ceux d'Eric Swalwell et John Hickenlooper.

Jay Inslee, gouverneur progressiste de l'Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis, plafonnait à moins de 0,5% dans les sondages pour l'investiture démocrate.

"Cela devient maintenant clair que je ne vais pas être le choix principal, je ne vais pas être président, donc je me retire de la course", a-t-il déclaré lors d'une interview avec la présentatrice Rachel Maddow sur la chaîne MSNBC mercredi soir.

Depuis son entrée dans la course à la Maison Blanche en mars, Jay Inslee, 68 ans, avait fait de l'écologie son cheval de bataille.

"Le changement climatique, c'est le gros morceau et nous devons tout faire pour lutter contre", avait-il déclaré lors d'une interview à l'AFP la semaine dernière dans l'Iowa.

Jay Inslee voulait réduire à zéro les émissions de CO2 d'ici 25 ans, en passant à un parc de nouveaux véhicules -bus et automobiles- 100% électrique d'ici 2030.

Un programme particulièrement ambitieux aux Etats-Unis.

Les démocrates ne sont maintenant plus que 22 à vouloir remplacer le républicain Donald Trump à la Maison Blanche.

Selon les derniers sondages, l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, est en tête avec 28,8% devant le sénateur socialiste Bernie Sanders (16%) et la sénatrice Elizabeth Warren (15,4%).

Avec AFP

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Trump affirme qu'"aucun président" américain n'a autant aidé Israël que lui

Le président américain Donald Trump rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse Sara en présence de la première dame Melania Trump à la Maison Blanche le 5 mars 2018 à Washington, DC.

Donald Trump a affirmé mercredi qu'"aucun président" des Etats-Unis n'avait fait autant que lui pour Israël, alors qu'il était interrogé sur ses déclarations sur la "grande déloyauté" des électeurs juifs américains votant démocrates, dénoncées par certains comme étant antisémites.

"Je suis responsable de choses formidables pour Israël", a répondu le républicain à un journaliste qui l'interrogeait sur ses propos concernant la "loyauté" des électeurs juifs américains, en précisant dans sa question qu'il s'agissait d'un "célèbre cliché antisémite".

Sans répondre aux accusations d'antisémitisme, Donald Trump a insisté: "Aucun président n'est proche d'en avoir fait autant que moi" pour Israël.

Citant notamment sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, ainsi que de la souveraineté israélienne sur la partie du Golan syrien annexée par Israël en 1981, le milliardaire a alors de nouveau accusé des parlementaires dont l'Américano-palestinienne Rashida Tlaib, d'être "antisémites".

"Elles sont anti-Israël", a-t-il ajouté lors d'une longue conférence de presse improvisée devant la Maison Blanche.

"Selon moi, si vous votez pour un démocrate, vous êtes déloyaux envers le peuple juif et très déloyaux envers Israël", a-t-il réitéré. "Les démocrates se sont vraiment éloignés d'Israël. Je ne peux pas comprendre comment ils peuvent faire ça".

Ses déclarations mardi soir sur la "grande déloyauté" des électeurs juifs votant démocrate lui ont valu une volée de critiques de la part d'associations de lutte contre l'antisémitisme et de parlementaires démocrates.

Selon eux, elles rappellent le stéréotype sur la "double allégeance" supposée des juifs, qui ne seraient pas "loyaux" envers le pays où ils vivent.

Le candidat à la Maison Blanche Bernie Sanders a tweeté: "Je suis fier d'être juif et je n'ai aucune inquiétude sur le fait de voter démocrate".

En pleine controverse, Donald Trump a consacré trois tweets mercredi matin à rapporter les propos d'un commentateur de radio conservateur, qui aurait déclaré: "Le président Trump est le meilleur président pour les juifs et pour Israël de l'histoire de l'humanité (...) Et les juifs en Israël l'adorent comme si c'était le roi d'Israël".

"Merci Wayne Allyn Root pour ces mots très gentils", a écrit le président des Etats-Unis.

Le "hashtag" #kingofIsrael ("roi d'Israël") figurait parmi les sujets les plus commentés sur Twitter aux Etats-Unis mercredi après-midi.

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