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RDC

Une milice sectaire viole et tue en toute impunité dans la province de l'Ituri en RDC

Les chefs coutumiers signent un engagement contre les violences en Ituri en RDC, 16 mars 2018. (Facebook/Henri Mova)

Amputé de trois doigts à la main gauche, l'abbé Guy-Robert Mandro porte dans sa chair la marque du regain de violences en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où une cinquantaine de civils ont été tués depuis début mars, et plus de 700 depuis fin 2017.

Le bilan s'alourdit vite: une quinzaine de civils ont été tués dans le nuit de dimanche à lundi, rapportent des sources locales.

L'abbé Mandro a croisé ses bourreaux il y a une semaine après la messe. "Un groupe de jeunes gens m'a approché. Ils m'ont administré des coups de machette au niveau de la tête. Je me suis protégé, c'est comme cela que j'ai perdu les trois doigts", raconte le curé de Fataki, une localité à 80 km au nord du chef-lieu provincial Bunia.

Evacué en hélicoptère vers Bunia, opéré pendant des heures, l'homme d'église est en convalescence dans une chambre de la cure du diocèse, les deux mains bandées. Son entourage espère qu'il pourra bénéficier d'une prothèse pour continuer à célébrer la messe sans être gêné par sa main amputée.

Valérie (prénom changé pour raisons de sécurité), 44 ans, affirme s'être cachée sous la paroisse pendant l'attaque. En vain. "Trois parmi les agresseurs m'ont violée à tour de rôle", raconte-t-elle.

Réfugiée à Bunia, Valérie témoigne dans les locaux de la Sofepadi, une ONG qui "répare les femmes" victimes de violences sexuelles, sur le modèle de la clinique Panzi à Bukavu du gynécologue Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, le bloc opératoire en moins.

Parmi les victimes, Tania, 34 ans, raconte qu'elle a accouché le 16 février, une semaine après sa propre fille aînée Sofia, lycéenne de 17 ans (prénoms changés).

La mère précise que les deux bébés sont nés d'un viol collectif par des assaillants près de Bunia. Son neveu, qui conduisait la moto, a été décapité, sous leurs yeux.

"Sofia voulait se suicider quand on l'a informée qu'elle était enceinte", raconte Tania.

L'adolescente a retrouvé la force de reprendre sa dernière année de lycée, et d'accoucher d'un petit garçon dont "elle s'occupe très bien", affirme sa mère, cinq enfants au total.

Elle a oublié le jour exact de l'attaque. C'était fin mai-début juin 2019, lors d'une nouvelles flambée des violences commencées en décembre 2017.

Ces exactions ont fait au total plus de 700 morts et des milliers de déplacés, d'après les Nations unies qui dénoncent un possible "crime contre l'humanité".

- Une communauté visée -

Les violences sont attribuées à une milice, la Coopération pour le développement du Congo (Codeco).

"L'évêque a dit que c'est une secte religieuse", raconte un proche du curé amputé des trois doigts, l'abbé Eric.

"Ils ont un culte tous les lundis et les jeudis. Ils ne vont pas aux champs ces jours-là. Ils interdisent certains légumes et la viande de porc", énumère un responsable du territoire de Djugu, l'épicentre des violences.

Les miliciens agissent par petits groupes dans les territoires dominés par les Lendu, une des principales communautés de l'Ituri, des agriculteurs principalement.

Et la Codeco cible en grande majorité une communauté voisine, les Hema, éleveurs et commerçants.

Une guerre entre milices Lendu et Hema a fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

Face aux nouvelles violences, les Hema n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité de l'Etat.

Ils attendent pour l'instant avec calme l'éventuel retour en Ituri de leur ex-chef de guerre Thomas Lubanga, libéré dimanche après avoir purgé une peine de 14 ans de prison prononcée par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants lors du conflit des années 2000.

En juillet, le président congolais Félix Tshisekedi avait promis des opérations militaires pour éliminer la Codeco. Samedi, l'armée a encore affirmé avoir tué plusieurs miliciens.

Pas de quoi rassurer les déplacés qui continuent d'affluer vers Bunia. "Les miliciens se sont dispersés sur toute l'étendue du territoire. Il y a des exactions qui sont commises partout", analyse la source administrative à Djugu.

Force de dissuasion, un bataillon marocain de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) assure des patrouilles entre Bunia et Djugu, sur environ 70 km, en alternance avec les Casques bleus du Bangladesh.

Rien à signaler à l'aller, à part une noria de camions pétroliers en provenance de l'Ouganda et du Soudan du Sud qui partent ravitailler Bunia. Au retour, le commandant de la patrouille marocaine ordonne un détour du convoi, vers la région minière de l'usine d'or de Sokimo.

La Codeco a attaqué et tué deux civils à 25 km de là, lui indique la police congolaise. Que veulent-ils au juste? "On ne sait pas", soupire le policier.

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Guerre des chefs au parlement congolais: le parti de Tshisekedi dans l'impasse

Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l'UDPS en RDC

Qui succèdera au député Jean-Marc Kabund au poste de 1er vice-président de l’assemblée?

Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti du président congolais Félix Tshisekedi dont M. Kabund est président intérimaire, on se refuse pour l'instant d'avancer le nom d'un éventuel successeur.

"Tout dépend maintenant du chef de l’Etat. C'est lui qui doit nous donner le nom", a réagi à VOA Afrique le député Léon Mukayi, président du groupe parlementaire UDPS.

Le dépôt des candidatures au poste du 1er vice-président de l’Assemblée nationale aura lieu du 6 au 8 juin.

Le 28 mai, l’UDPS avait, à l’issue d’une réunion de certains de ses organes, mis en garde les députés élus sur sa liste de déposer leur candidature, sous peine de radiation du parti. Et avec, la perte de qualité de député.

M. Kabund, la trentaine, a été déchu le 25 mai lors d’un vote consécutif à une pétition signée par 62 députés.

Au départ, l’UDPS indiquait vouloir garder ce poste vacant. Mais certains du parti n’ont pas épousé cet avis, à l’instar du constitutionnaliste André Mbata qui, après une audience avec le président Tshisekedi, avait déclaré que le parti ne pouvait rester bloqué pour et par un seul individu.

D’autres aussi ont exprimé le même point de vue. C'est le cas du président de la commission électorale du parti, Jaquemain Shabani.

Pour sa part, M. Kabund a, la semaine passée, rejeté sa destitution et promis de saisir la justice. Et il pourrait marquer un point.

En effet, l’auteur de la pétition qui l’a fait tomber, le député Jean-Jacques Mamba, du Mouvement pour la Libération du Congo, parti de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, avait été arrêté pour avoir truqué la signataire d'au moins deux députés. Il a par la suite été libéré après la rétraction des deux accusateurs.

L’affaire a été suspendue au niveau de la justice et pourra reprendre après la session parlementaire.

Près de 1.300 civils ont été tués et plus d'un demi-million déplacés dans divers conflits

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COVID-19 : un centre de dépistage gratuit à Kinshasa

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Avec 1300 civils tués, l'ONU dénonce l'hécatombe et un désastre humanitaire en RDC

Des personnes ayant fui la République démocratique du Congo sont rassemblées au camp de réfugiés de Kyangwali, géré par le HCR, à Kyangwali, en Ouganda, le 19 mars 2018. (Photo Reuters)

Près de 1.300 civils ont été tués et plus d'un demi-million déplacés dans divers conflits entre groupes armés et forces de sécurité en République démocratique du Congo (RDC) en quelques mois, a alerté l'ONU vendredi, en pointant de possibles "crimes contre l'humanité ou crimes de guerre".

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a affirmé dans un communiqué que "le caractère généralisé et systématique de certaines des attaques contre des civils en Ituri et au Nord-Kivu peut constituer des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre".

Elle s'est généralement dite "consternée" par l'augmentation dans le pays d'"attaques brutales contre des civils innocents par des groupes armés, et par la réaction des forces militaires et de la police qui ont également commis de graves violations, y compris des meurtres et des violences sexuelles".

Selon le communiqué, le nombre de victimes a fortement augmenté ces dernières semaines alors que les conflits dans trois provinces de l'est du pays - Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu - se sont propagés.

Ces violences ont jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes.

Plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans le Nord-Kivu depuis septembre, tandis que 110.000 autres, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacées par la violence dans le Sud-Kivu entre janvier et fin mai, selon l'ONU.

En Ituri, la violence s'est propagée dans de nouvelles zones alors que le nombre de groupes armés s'est multiplié. Le principal groupe armé reste selon l'ONU la Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), composé principalement de combattants issus de la communauté Lendu, et dont le principal dirigeant, Justin Ngudjolo, a été tué le 25 mars.

Le Haut-Commissariat accuse la Codeco et d'autres combattants Lendu de poursuivre "une stratégie de massacres de résidents locaux, principalement Hema, mais aussi Alur, depuis 2017", afin de contrôler les ressources naturelles dans la région.

- "Plus atroces" -

Les attaques commises par des groupes armés en Ituri sont devenues de plus en plus "atroces", se caractérisant notamment par des décapitations et des mutilations de cadavres selon l'ONU. Mais "jusqu'à présent, les communautés ciblées se sont abstenues de riposter", a souligné Mme Bachelet.

Selon l'ONU, entre octobre et fin mai, au moins 531 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis mars. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC) auraient également tué 17 civils au cours de la même période.

Au Nord-Kivu, le lancement d'opérations militaires par les forces de sécurité et de défense en novembre 2019 a donné lieu à des représailles contre les populations civiles de la part du principal groupe armé, les ADF, qui ont tué d'octobre à fin mai au moins 514 civils. Les forces de sécurité ont fait près de 85 victimes.

Au Sud-Kivu, au moins 74 personnes ont été tuées depuis octobre et au moins 36 femmes et enfants violés dans une recrudescence de la violence ethnique, alimentée par des discours haineux.

Le communiqué note aussi que des dizaines de civils ont été tués au Kongo Central et à Kinshasa fin mars et avril lors d'opérations menées par les forces de sécurité contre des militants du groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK).

La procureure de la CPI Fatou Bensouda s'alarme des massacres en Ituri

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