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Égypte

Projet d'amendements pour permettre à Sissi de se représenter

Abdel-Fattah el-Sissi, Charm el-Cheikh, Egypte, le 5 novembre 2018.

Une centaine de députés égyptiens ont déposé un projet d'amendements constitutionnels pour permettre au président Abdel Fattah al-Sissi de se représenter à la présidentielle au terme de son deuxième mandat, en 2022, a-t-on appris dimanche de sources parlementaires.

Le texte, déposé auprès du président de la Chambre Ali Abdel Aal, demande plusieurs modifications de la Constitution, dont l'une portant sur la durée du mandat présidentiel, actuellement limité à deux fois quatre ans.

Les élus souhaitent qu'il soit désormais de deux fois six ans, ce qui permettrait, selon eux, à M. Sissi de se représenter à la présidentielle encore deux fois après 2022.

La durée actuelle du mandat "n'est pas vraiment appropriée étant donné la réalité et la conjoncture du pays et de la région", d'après un communiqué publié sur le site internet du Parlement.

M. Abdel Aal a reçu "une demande d'un cinquième des élus (120 députés sur un total de 596) pour modifier certains articles de la Constitution", soit le quorum nécessaire pour une telle requête, selon la même source.

"La demande a été soumise par la coalition 'Soutien à l'Egypte' (majoritaire au Parlement) et quelques parlementaires indépendants", a indiqué à l'AFP Moustapha Bakri, l'un des élus favorables à la révision constitutionnelle.

Selon Jean Talaat, un autre élu de la vaste majorité, "les amendements concernent moins de dix articles de la Constitution, y compris celui sur la durée du mandat présidentiel, pour l'étendre à six ans".

"Cela pourra être appliqué une fois approuvé par référendum, et ainsi le président Sissi pourra être éligible pour se présenter de nouveau", a ajouté M. Talaat.

Les amendements comptent aussi un retour au bicamérisme, avec l'établissement d'une chambre basse. Cette institution avait été écartée par la Constitution de 2012, après la révolte de 2011 qui avait précipité la chute du régime de Hosni Moubarak.

L'un des amendements présentés prévoit également le rétablissement d'un ministère de l'Information, un portefeuille supprimé par la Constitution de 2014.

"Les modifications sont destinées à soutenir la représentation parlementaire des femmes, des jeunes, des chrétiens, des personnes aux besoins particuliers et des Egyptiens de la diaspora", selon le communiqué du Parlement.

M. Sissi, ancien chef de l'armée, a été élu une première fois en 2014, après la destitution de son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi l'année précédente. Il a été réélu en mars 2018 avec plus de 97% des voix.

La très grande majorité du Parlement actuel soutient le gouvernement de M. Sissi. Seul un groupe d'une dizaine de parlementaires se présente comme étant d'opposition, mais leur poids n'est pas suffisant pour se faire entendre.

Avec AFP

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Barrage du Nil : après des progrès, l'Egypte dit vouloir "poursuivre ses efforts"

Vue générale sur le Nil Bleu.

Le Caire a exprimé jeudi son souhait de "poursuivre ses efforts" en vue d'un "accord final", après les progrès enregistrés dans les négociations entre l'Egypte, l'Ethiopie et le Soudan au sujet du grand barrage éthiopien sur le Nil Bleu.

"L'Egypte souhaite poursuivre ses efforts en vue de conclure un accord final équilibré, juste et qui préservera les intérêts communs des trois pays", a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères, recourant à une rhétorique plus conciliante qu'à l'accoutumée sur ce dossier brûlant.

Mercredi, Le Caire, Addis Abeba et Khartoum ont esquissé un compromis et se sont à nouveau donné rendez-vous fin janvier à Washington pour surmonter les dernières divergences.

Cet accord préliminaire représente en lui-même "un progrès majeur pour cette crise qui dure depuis une décennie", a commenté auprès de l'AFP Hani Raslan, un analyste du Centre Al-Ahram d'études politiques et stratégiques.

Il "est proche des exigences égyptiennes mais beaucoup de questions techniques doivent encore être aplanies", a-t-il ajouté.

Les progrès enregistrés mercredi témoignent toutefois du chemin parcouru depuis l'an dernier, époque à laquelle l'International Crisis Group (ICG) mettait en garde dans un rapport contre un "conflit violent" entre les trois pays du bassin du Nil.

Long de 1,8 km et haut de 145 m, le Grand barrage éthiopien de la renaissance (GERD), dont les travaux ont débuté en 2011, doit devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique, et ce projet inquiète vivement l'Egypte, située en aval.

L'Egypte, dont 97% des besoins en eau sont fournis par le Nil, a régulièrement fait part de ces inquiétudes, évoquant une "menace existentielle".

Pour sa part, l'Ethiopie a demandé récemment à l'Afrique du Sud d'intervenir pour tenter de contribuer à apaiser le différend avec l'Egypte.

Après neuf années de discussions entre l'Ethiopie, l'Égypte et le Soudan, pays où le Nil Bleu converge avec le Nil Blanc avant de poursuivre sa route vers l'Egypte, la question la plus épineuse reste la vitesse de remplissage du réservoir.

Dans un accord préliminaire, l'Ethiopie a accepté de procéder à ce remplissage en plusieurs étapes et uniquement durant les mois d'été, soit la saison humide.

Addis Abeba prendra aussi en considération "les conditions hydrologiques" dans la région du Nil Bleu, selon la déclaration conjointe publiée mercredi par le Trésor américain.

La date du 29 janvier pour aboutir à la signature d'un accord final à Washington a été fixée par le Trésor américain et la Banque mondiale, qui parrainent le processus.

Washington dénonce la mort "évitable" d'un Américain détenu en Egypte

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, au palais présidentiel Ittihadiya au Caire, en Égypte, le 26 mai 2017.

Un ressortissant américain incarcéré depuis 2013 en Egypte, Moustapha Kassem, dont le cas avait été soulevé à plusieurs reprises par Washington, est décédé lundi en prison, une mort jugée "inutile, tragique et évitable" par les Etats-Unis.

"La cause immédiate du décès semble être une défaillance cardiaque", écrivent les organisations non gouvernementales Pretrial Rights International et The Freedom initiative, qui représentent sa famille, dans un communiqué.

Elles accusent toutefois les autorités égyptiennes de "négligence" dans le suivi médical de Moustapha Kassem, un Egypto-Américain de 64 ans qui souffrait de diabète et de problèmes cardiaques.

Selon la presse égyptienne, Kassem avait entamé une grève de la faim depuis une cinquantaine de jours, ne s'alimentant que de liquides. Il a cessé de prendre des liquides la semaine dernière, avant d'être transféré à l'hôpital où il est décédé, selon la même source.

Au Caire mardi, les autorités judiciaires ont annoncé qu'une autopsie serait pratiquée pour déterminer les causes de la mort.

Pour sa part, le ministère de l'Intérieur égyptien a estimé que Kassem avait été placé à l'hôpital de la prison pour y recevoir un traitement pour son diabète. "Son état de santé s'est détérioré (...) et il est mort le 13 janvier", selon un communiqué du ministère.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué son cas début décembre avec son homologue égyptien Sameh Choukry.

Son adjoint chargé du Moyen-Orient, David Schenker, s'est dit lundi "attristé".

"Sa mort en détention était inutile, tragique et évitable", a-t-il affirmé devant des journalistes au département d'Etat, en présentant les condoléances de la diplomatie américaine à la veuve et aux deux enfants de Moustapha Kassem. "Nous continuerons de souligner à chaque occasion nos inquiétudes au sujet des droits humains et des détenus américains."

Cet Egyptien naturalisé américain après avoir émigré aux Etats-Unis avait été arrêté à l'été 2013 alors qu'il se trouvait au Caire en vacances. "Il était allé changer de l'argent dans un centre commercial", quand des soldats lui ont demandé ses papiers et l'ont "battu et interpellé" à la vue de son passeport américain, selon les ONG.

Il a été condamné en 2018 à quinze ans de prison pour participation à des manifestations contre le pouvoir, mais sa défense assure qu'aucune preuve le concernant personnellement n'a jamais été présentée à son encontre lors d'un procès visant plus de 700 prévenus.

Washington a récemment haussé le ton à l'égard du gouvernement égyptien, malgré l'amitié régulièrement affichée par le président américain Donald Trump et son homologue Abdel Fattah al-Sissi.

Mike Pompeo a ainsi évoqué ces derniers mois ses "inquiétudes" au sujet "de la liberté de la presse et de la situation des droits humains" en Egypte, en réaction à une série d'arrestations de journalistes, intellectuels et militants politiques après de rares manifestations en septembre contre le président al-Sissi.

Avec AFP

L'héritage des coptes désormais régi par les règles chrétiennes

Un tribunal égyptien a tranché en faveur de l'application pour les citoyens copte des règles chrétiennes qui accordent aux femmes et aux hommes les mêmes droits en matière d'héritage, a indiqué dimanche l'avocate Hoda Nasrallah.

En Egypte, pays à grande majorité musulmane, la loi islamique en matière d'héritage s'applique aux citoyens coptes depuis une loi datant des années 1940.

"Jusqu'ici, c'était la loi islamique concernant l'héritage (prévoyant que les hommes héritent du double de la part d'une femme) qui s'appliquait aux citoyens coptes et ce, bien que le règlement orthodoxe garantisse l'égalité entre les hommes et les femmes", a déclaré Mme Nasrallah.

La minorité copte représente 10 à 15% d'une population égyptienne de près de 100 millions d'habitants.

L'avocate, qui s'est elle-même "retrouvée contrainte de saisir le tribunal afin que l'héritage de son père soit équitablement partagé entre elle et ses deux frères", a finalement obtenu gain de cause.

La décision de justice s'appuie sur "l'article trois de la Constitution égyptienne de 2014 qui garantit l'application des règles chrétiennes régissant l'héritage" dans des affaires concernant les chrétiens et "l'article 245 du règlement copte orthodoxe qui garantit, quant à lui, l'égalité dans l'héritage aux fils et aux filles du défunt", a-t-elle poursuivi.

Néanmoins, un précédent juridique datant de 2016 n'a pas pour autant fait jurisprudence et "la charia islamique continue de s'appliquer aux coptes orthodoxes", a regretté Mme Nasrallah.

Pompeo dit au chef de la diplomatie égyptienne ses "inquiétudes" pour les droits humains

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi .

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a fait part lundi à son homologue égyptien Sameh Choukry des "inquiétudes" des Etats-Unis "au sujet de la liberté de la presse et de la situation des droits humains" en Egypte.

Lors d'une rencontre à Washington, il a également évoqué le cas des ressortissants américains détenus en Egypte, et notamment de Moustapha Kassem, a déclaré le département d'Etat américain dans un communiqué.

Cet Américain est incarcéré depuis 2013, accusé de participation à des manifestations contre le pouvoir du Caire. Il a été condamné en 2018 à quinze ans de prison.

Washington a récemment haussé le ton à l'égard du gouvernement égyptien, malgré l'amitié régulièrement affichée par le président américain Donald Trump et son homologue Abdel Fattah al-Sissi.

Mike Pompeo a ainsi exhorté fin novembre l'Egypte, proche allié des Etats-Unis, à respecter la liberté de la presse, en réaction à une série d'arrestations de journalistes.

L'Egypte est le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde après la Chine et la Turquie, selon le Comité pour la protection des journalistes, une association basée à New York.

Des manifestations --rares en Egypte car interdites en vertu d'une loi adoptée en 2013-- ont eu lieu en septembre à travers le pays contre le président al-Sissi.

Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers de personnes ont depuis été arrêtées, dont des intellectuels, des militants politiques, des avocats et des journalistes. Les ONG estiment que ce coup de filet est le plus vaste depuis l'arrivée au pouvoir du président en 2014.

Mike Pompeo a toutefois aussi évoqué lundi avec Sameh Choukry "l'importance du partenariat stratégique fort" entre les deux pays.

Avec AFP

Victoire du Gabon contre Santullo Sericom

Victoire du Gabon contre Santullo Sericom
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