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Égypte

Nouvel entretien Macron-Sissi et visite aux chefs religieux

Le président français Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, le 24 octobre 2017 à l'Elysée.

Le président français Emmanuel Macron a terminé mardi sa visite en Egypte par un nouvel entretien avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, après avoir appelé au "dialogue entre les religions" durant des rencontres avec les autorités musulmanes et coptes.

Au troisième et dernier jour de sa visite officielle en Egypte, M. Macron s'est entretenu avec le président égyptien pour la deuxième fois, alors qu'il se trouvait à l'aéroport où son avion pour Chypre l'attendait.

L'entretien, non prévu au programme, a duré 45 minutes, selon la présidence française, retardant le départ de M. Macron. Rien n'a filtré sur la teneur des échanges.

La veille, lors d'une conférence de presse, les deux hommes avaient exprimé leurs désaccords sur la question particulièrement sensible des droits humains.

Avant cette rencontre, plusieurs ONG avaient demandé à M. Macron de suspendre les ventes d'armes susceptibles de servir à la répression d'opposants.

Lundi, M. Sissi a démenti de telles pratiques. Mais, mardi, Amnesty International a maintenu ses affirmations: "contrairement aux propos du président al-Sissi, les véhicules blindés transférés par la France ont bel et bien été utilisés dans le cadre de la répression en Égypte".

L'ONG a par ailleurs pris "acte des déclarations du président Emmanuel Macron, déclarant que +l'utilisation des blindés doit être exclusivement militaire+".

Au cours de la visite de M. Macron, destinée à renforcer le partenariat entre Paris et Le Caire, une trentaine d'accords et contrats ont été signés, pour plusieurs centaines de millions d'euros.

- "Dialogue entre les religions" -

Mardi matin, lors d'une rencontre avec le pape orthodoxe copte Tawadros II au Caire, M. Macron a aussi plaidé pour "le dialogue entre les religions", une "solution" face à un monde en "crise".

Il a en outre assuré que le rôle de la France dans la région était d'agir "encore davantage pour accompagner l'ensemble des chrétiens d'Orient".

"Sur ce point, j'ai décidé qu'une nouvelle conférence se tiendrait à Paris", a-t-il déclaré sans autre précision. Selon une source diplomatique, il s'agira d'une conférence sur les minorités religieuses d'Orient.

M. Macron s'est rendu à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, cible d'un attentat anti-copte en décembre 2016 ayant fait 29 morts et revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Depuis fin 2016, les attentats anti-coptes se sont multipliés, tuant plus d'une centaine de personnes. Les coptes représentent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, avec environ 10% des quelque 100 millions d'habitants en Egypte.

Peu après, M. Macron a aussi rendu visite à Ahmed al-Tayeb, Grand imam de l'institution sunnite d'Al-Azhar. Selon la présidence française, les deux hommes ont échangé sur "la place de l'islam dans le monde et plus particulièrement en France".

M. Macron a enfin déjeuné avec des membres de la société civile "actifs dans les domaines de la protection judiciaire des détenus, la liberté de la presse, l'égalité femmes-hommes et la défense des enfants", a indiqué la présidence française sans révéler leurs noms.

"Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes sur l'évolution de la situation en Égypte et l'ont remercié pour les messages passés dans le cadre de sa visite", a-t-elle dit.

Élu président en 2014, un an après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, M. Sissi a remporté un deuxième mandat en 2018 et est à la tête d'un régime considéré comme autoritaire et ultra-répressif par ses opposants et les défenseurs des droits humains.

Parallèlement, mardi, Yehya Hussein Abdel Hadi, un opposant connu, a été arrêté à son domicile, a dit à l'AFP son avocat Negad el-Boraï. La veille, cinq autres militants ont été arrêtés au Caire, selon le secrétaire général de leur parti nassériste al-Karama.

Ces arrestations n'ont pas été confirmées par les autorités égyptiennes, qui ont en revanche annoncé mardi de leur côté l'arrestation de 54 membres de la confrérie des Frères musulmans, interdite en Egypte.

M. Macron s'est rendu mardi après-midi à Chypre pour le Med7, un sommet des pays du sud de l'Union européenne.

Avec AFP

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Sissi conforté en Egypte mais d'autres présidents écartés dans la région

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, s'adresse à la chambre après sa prestation de serment pour un second mandat de quatre ans, au Caire, le 2juin 2018.

En votant pour la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, des millions d'Egyptiens ont choisi "la stabilité", à contre-courant du Soudan et de l'Algérie où la pression de la rue a emporté deux chefs d'Etat, selon des analystes.

Dans ces deux pays arabes, les présidents Omar el-Béchir et Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis respectivement 30 et 20 ans, ont été poussés à la sortie en avril par un vaste mouvement populaire et des pressions de l'armée.

En Egypte, qui a vu un président Hosni Moubarak emporté par une révolution populaire en 2011 après près de 30 ans au pouvoir, et un autre, Mohamed Morsi, démis par l'armée en 2013, 62 millions d'électeurs étaient eux appelés à voter sur une réforme permettant au chef de l'Etat actuel, Abdel Fattah al Sissi de prolonger son mandat.

Elu président en 2014, un an après avoir renversé Mohamed Morsi alors qu'il était chef d'état-major de l'armée, M. Sissi, accusé de graves violations des droits humains, a été réélu en 2018, avec 97,08% des voix, sans qu'aucun rival sérieux n'arrive à le défier.

La réforme constitutionnelle lui permet de faire passer son deuxième mandat de quatre à six ans, jusqu'en 2024. Il pourrait ensuite se représenter pour un troisième, ce qui le reconduirait jusqu'en 2030.

Si l'abstention a dépassé les 55%, ceux qui ont voté ont approuvé à 88,83% ces changements constitutionnels.

"J'ai voté oui car le pays est stable et il fonctionne bien", affirme fièrement Mirfat Abdel Fattah, une mère de famille de 50 ans, interrogée par l'AFP.

"La plupart des Egyptiens considèrent qu'ils ont renversé deux présidents, mais que leur qualité de vie a empiré à chaque fois, donc ils ne pensent pas qu'un troisième soulèvement puisse améliorer leur situation", affirme Timothy Kaldas, analyste à l'institut Tahrir for Middle East Policy.

Après la victoire du "oui", la télévision d'Etat égyptienne a diffusé des images de supporteurs de Sissi dansant et chantant place Tahrir, centre de la contestation qui chassa l'ex-président Hosni Moubarak du pouvoir.

"Sans aucun doute, certains soutiennent encore Sissi et croient qu'il a empêché l'Egypte de souffrir le destin de pays de la région, tels que la Libye ou la Syrie", estime M. Kaldas. Ils le voient comme une sorte de "rempart" dans la tourmente régionale.

- Opposition absente ou laminée -

Mais le pouvoir a aussi "fait en sorte que les Egyptiens ne voient pas d'alternative crédible à Sissi afin qu'ils ne commencent pas à imaginer une Egypte gouvernée par quelqu'un d'autre", ajoute l'analyste.

Les divisions de l'opposition et le peu d'espace qui lui est accordé dans les médias expliquent également la victoire du "oui", estiment d'autres analystes.

Dans une lettre publiée peu avant le référendum organisé du 20 au 22 avril, le cabinet d'analyse Soufan Center avançait qu'"il n'y avait que peu d'opposition publique aux changements constitutionnels, résultat probable de la nature oppressive du gouvernement".

Selon Reporters sans frontières, la presse est muselée et au moins 30 journalistes sont toujours emprisonnés en Egypte.

Les autorités se défendent de toute atteinte à la liberté d'expression bien que le pays occupe la 163e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2019 établi par cette ONG.

Pour Ziad Aql, analyste au Centre des études politiques et stratégiques d'Al-Ahram, le comportement de tout Egyptien célébrant les résultats du référendum est "typique" d'un processus conditionné par le climat politique dans le pays. Et le pouvoir a agi en arrêtant des opposants et des militants ayant tenté une campagne contre les amendements.

"L'absence d'une opposition organisée à Sissi a fait que le pouvoir a occupé tout l'espace public".

Deux sommets africains au Caire sur les crises au Soudan et en Libye

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Huawei va déployer la 5G durant la CAN-2019, une première en Egypte

Le stand Huawei est installé dans l'espace des foires du hall d'exposition de Hanovre, en Allemagne, le mardi 14 mars 2017, pendant la foire technologique

Le géant chinois des technologies Huawei va déployer la 5G pour la première fois en Egypte lors de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019), qui aura lieu dans le pays cet été, a annoncé dimanche le ministre des Télécoms égyptien.

"Huawei va mettre en oeuvre les premières expériences de la 5G au stade du Caire lors des matchs de la CAN", a annoncé le ministre des Télécoms Amr Talaat, dans un communiqué du gouvernement.

"L'Egypte souhaite coopérer avec Huawei dans le domaine de l'intelligence artificielle, du transfert de technologie et de la 5G", a-t-il ajouté.

Plusieurs pays mènent une campagne intense à travers le monde contre le fabricant chinois, évoquant des risques d'accès par les services de renseignement de Pékin aux communications 5G, la nouvelle génération ultrarapide de l'internet mobile. Huawei nie ces accusations en bloc.

M. Talaat a assisté dimanche à une rencontre entre le Premier ministre égyptien Moustafa Madbouli et des responsables de Huawei au Caire, selon le communiqué.

En février, le ministère des Télécoms avait annoncé que l'entreprise chinoise avait exprimé sa volonté de créer, en Egypte, sa première plateforme de données pour le "cloud", services d'informatique dématérialisée, en Afrique et au Moyen-Orient.

La CAN se déroulera du 21 juin au 19 juillet. Le Stade international du Caire est l'un des six terrains qui accueilleront les 24 équipes qualifiées pour la compétition.

Avec AFP

Référendum du 20 au 22 avril sur une prolongation de la présidence Sissi

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, s'adresse à la chambre après sa prestation de serment pour un second mandat de quatre ans, au Caire, le 2 juin 2018.

Un référendum sera organisé du 20 au 22 avril en Egypte sur une révision constitutionnelle devant permettre à Abdel Fattah al-Sissi de rester président au-delà de la durée de son mandat actuel, a annoncé mercredi l'Autorité nationale des élections.

Cette annonce, faite par le président de cet organisme public Lachine Ibrahim lors d'une conférence de presse, survient au lendemain d'un vote du Parlement en faveur de la révision. Elle doit permettre à M. Sissi de pouvoir se maintenir au pouvoir jusqu'en 2030 alors que son mandat actuel s'achève en 2022.

"Le référendum aura lieu en Egypte les samedi 20, dimanche 21 et lundi 22 avril", a précisé M. Ibrahim. La consultation populaire se tiendra du 19 au 21 avril pour les Egyptiens de l'étranger, a-t-il ajouté.

L'amendement de l'article 140 de la constitution permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant ainsi son terme à 2024. Le chef de l'Etat pourrait ensuite se représenter en 2024 à un troisième mandat de six ans.

La constitution en vigueur limite la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Arrivé au pouvoir à la suite de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, M. Sissi a été élu l'année suivante avec 96,9% des voix pour un mandat de quatre ans puis réélu en 2018 avec un score de 97,08%.

Ses opposants et les ONG dénoncent la révision constitutionnelle, accusant notamment le président Sissi de graves violations des droits humains.

Les autorités nient systématiquement les accusations et mettent en avant la stabilité du pays ainsi que les réformes économiques entreprises par le gouvernement.

La réforme constitutionnelle doit par ailleurs renforcer le contrôle du système judiciaire par l'exécutif et institutionnaliser le rôle politique de l'armée, pilier du régime.

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