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L'Eglise luthérienne accuse le régime de violer les libertés publiques en Tanzanie

Le président tanzanien John Magufuli passe en revue les troupes militaire pour le 56e anniversaire de l'indépendance, à Dodoma, le 9 décembre 2017.

L'Eglise évangélique luthérienne de Tanzanie, l'une des principales communautés chrétiennes du pays, a dénoncé dimanche la "peur" qui s'installe parmi les Tanzaniens et accusé le gouvernement du président John Magufuli de violer les libertés publiques et l'indépendance du Parlement et de l'appareil judiciaire.

En février, c'est l'Eglise catholique locale qui était sortie de son silence pour appeler l'actuel régime à respecter les principes démocratiques, notamment en mettant fin aux violations des libertés d'expression et d'association et aux attaques contre opposants politiques, journalistes, artistes et militants des droits de l'homme.

Dans un message aux fidèles, les 25 évêques de l'Eglise évangélique luthérienne s'inquiètent de "la peur consécutive aux enlèvements, tortures, disparitions de personnes, attaques à l'arme à feu contre des leaders politiques, meurtres à caractère politique".

Ces prélats accusent les forces de l'ordre de "menacer la population, inventer des accusations et abuser de leurs fonctions."

>> Lire aussi : Vive émotion après la mort d'une étudiante tuée par la police en Tanzanie

Dans ce message adressé aux fidèles à l'occasion de la fête des Rameaux, marquant le début de la semaine pascale, les chefs de l'Eglise évangélique luthérienne font état de violations "des libertés d'expression, de rassemblement et du droit d'être informé."

"A ce rythme, il est à craindre que même la liberté de culte soit menacée", écrivent-ils dans cette lettre lue dimanche dans toutes leurs églises.

Faisant état d'ingérences dans le fonctionnement du Parlement, des tribunaux et de la Commission électorale, ils dénoncent de récentes élections partielles "entachées d'autoritarisme, violences et menaces" et qui sèment "la haine dans les cœurs des gens", entraînant "un désir de vengeance, un manque d'intérêt ou une faible participation aux élections et à la vie politique".

"Tout ceci met en danger la paix et l'unité de notre pays", estiment ces évêques. Ils appellent le gouvernement du président Magufuli à relancer le processus visant à doter le pays d'une nouvelle Constitution, qui était très avancé sous le président Jakaya Kikwete, prédécesseur de l'actuel chef de l'Etat.

>> Lire aussi : Une centaine d'ONG dénoncent des violations des droits de l'homme "sans précédent" en Tanzanie

Surnommé "Tingatinga" (bulldozer en swahili), le président Magufuli, 58 ans, a marqué les esprits depuis sa prise de fonctions fin 2015 en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption.

Mais son style peu consensuel et brutal lui vaut d'être qualifié d'autocrate et de populiste par ses détracteurs, alors que la liberté d'expression est de plus en plus réduite dans le pays.

En septembre 2017, le député Tundu Lissu, numéro deux de l'opposition au Parlement, avait été grièvement blessé à son domicile, atteint de plusieurs balles. Courant février, deux responsables locaux de ce même parti, le Chadema, ont été tués par des inconnus, des meurtres qualifiés d'assassinats politiques par l'opposition.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

La page des sports du 23 avril avec Yacouba Ouédraogo

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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