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Une centaine d'ONG dénoncent des violations des droits de l'homme "sans précédent" en Tanzanie


Le président tanzanien John Magufuli passe en revue les troupes militaire pour le 56e anniversaire de l'indépendance, à Dodoma, le 9 décembre 2017.

Une centaine d'organisations de la société civile tanzanienne ont uni leurs voix mercredi pour dénoncer des violations des droits de l'homme et des principes démocratiques d'une ampleur "sans précédent" dans le pays, par le régime du président John Magufuli.

Cette mobilisation et cet élan de solidarité de la société civile sont tout aussi inédits en Tanzanie.

Dans un communiqué en swahili lu au même moment devant la presse à Dar es Salaam et dans les autres grandes villes de Tanzanie, ces ONG font état d'un "climat de tension dans le pays, des violations des libertés de la presse et d'expression".

Elles dénoncent "l'étouffement de la démocratie, des élections partielles entachées d'irrégularités et d'effusions de sang mettant en péril la paix nationale".

Les 105 organisations signataires font état de "divers cas (de violations des droits de l'homme) sans précédent dans l'histoire" de la Tanzanie.

Ceci inclut, selon ces ONG, "des attaques, des actes de torture et des disparitions forcées visant des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes, des leaders politiques et même des citoyens ordinaires".

Elles citent notamment le cas du député de l'opposition Tundu Lissu, victime d'une tentative d'assassinat l'année dernière et qui est actuellement hospitalisé à Bruxelles, le cas du journaliste Azory Gwanda porté disparu depuis l'année dernière et celui de l'étudiante Aquilina Maftah tuée vendredi par une balle perdue de la police lors de la répression d'une marche de l'opposition.

Les ONG demandent la mise en place d'une commission électorale indépendante avant les prochaines élections générales de 2020, d'une commission nationale indépendante comprenant des représentants de la société civile, des médias et des communautés religieuses, avec pour mandat d'enquêter sur les incidents ayant marqué les dernières élections partielles.

"Ce serait une grave erreur que de confier une telle enquête à la police alors qu'elle est à l'origine de ces incidents", expliquent-elles.

Ces 105 ONG exhortent la police à "cesser de prendre parti" pour le camp du parti au pouvoir et à ne pas recourir à "l'usage excessif de la force".

Elles demandent enfin la tenue d'un "dialogue national" incluant notamment les églises, les syndicats, les représentants du gouvernement et de la société civile ainsi que les anciens hauts responsables du pays actuellement à la retraite sur "les menaces actuelles contre la paix et l'unité nationales".

Surnommé "Tingatinga" (bulldozer en swahili), le président Magufuli, 58 ans, a marqué les esprits depuis sa prise de fonctions fin 2015 en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption.

Mais son style peu consensuel et brutal lui vaut d'être qualifié d'autocrate et de populiste par ses détracteurs, alors que la liberté d'expression est de plus en plus réduite dans le pays.

Avec AFP

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