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Échauffourées et censure lors de la grève dans l'éducation en Guinée

  • VOA Afrique

La police antiémeute suivent les protestants dans un quartier de Conakry, le 21 novembre 2017.

La grève dans le secteur de l'éducation se poursuivait lundi en Guinée, où de nouvelles échauffourées ont éclaté, malgré les sévères mises en garde des autorités visant les grévistes et les médias diffusant leurs messages.

Les programmes d'une radio privée, BTA FM, ont été interrompus lundi après le passage à l'antenne d'un des principaux leaders de la grève déclenchée le 13 novembre, Aboubacar Soumah, selon les responsables de cette radio émettant depuis Labé, à 400 km au nord de Conakry.

Les cours n'ont pas repris dans plusieurs établissements scolaires du pays en raison de l'absence des enseignants, qui réclament des augmentations de salaire, et des échauffourées ont éclaté comme la semaine dernière dans plusieurs quartiers de la capitale Conakry.

Des manifestants s'enfuient devant la police antiémeute dans un quartier de Conakry, le 21 novembre 2017.
Des manifestants s'enfuient devant la police antiémeute dans un quartier de Conakry, le 21 novembre 2017.

Des jeunes ont lancé des pierres en direction du domicile du ministre de l'Education nationale, Ibrahima Kalil Konaté, et ils ont été repoussés par les gendarmes, selon un correspondant de l'AFP.

Deux adolescents de 15 et 17 ans avaient été tués par balles la semaine dernière lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Dimanche, le ministère de l'Education nationale avait averti que tout enseignant qui ne se présenterait pas sur son lieu de travail serait "considéré comme démissionnaire". Malgré cette mise en garde, leur taux de présence dans les établissements était "catastrophique" lundi, selon un cadre du département s'exprimant sous couvert d'anonymat.

La police antiémeute intervient dans un quartier de Conakry, en Guinée, le 21 novembre 2017.
La police antiémeute intervient dans un quartier de Conakry, en Guinée, le 21 novembre 2017.

Le parquet guinéen a demandé mercredi l'arrêt de la grève, qualifiée d'"illégale" par le président Alpha Condé.

A l'issue d'une réunion samedi autour du chef de l'Etat, les autorités, les représentants des parents d'élèves et les dirigeants syndicaux n'ayant pas appelé à la grève ont "rappelé aux médias l'interdiction de servir de relais aux messages de rébellion véhiculés par les syndicalistes dissidents".

Selon Alpha Fady Diallo, directeur de la radio BTA FM, les programmes ont été interrompus au moment où passait en direct Aboubacar Soumah.

Entendus par la Sûreté régionale, le directeur de la radio et l'un de ses journalistes ont "reconnu" comme "une bavure" le fait d'avoir diffusé l'interview de M. Soumah, a affirmé devant la presse le gouverneur de Labé, Sadou Kéita, qui a exhorté au respect des "instructions" du chef de l'Etat.

Ce weekend, M. Condé a accusé les radios d'encourager "les syndicalistes à continuer la grève, parce que ce sont elles qui font le relais en passant leurs communiqués ou interviews", a-t-il déclaré lors des 46ème Assises de l'Union internationale de la presse francophone (Upf) à Conakry.

"Désormais, quiconque se hasarderait à diffuser leurs communiqués sera considéré comme complice et sa radio sera fermée", a averti le président guinéen.

Avec AFP

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