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Un mort lors de manifestations d'élèves en Guinée

  • VOA Afrique

Des Guinéens protestent dans les rues après des manifestations meurtrières pour la grève des professeurs, à Conakry, le 21 février 2017.

Un jeune homme de 17 ans a été tué par la police lors de heurts lundi à Conakry au cours de manifestations de milliers d'élèves du primaire et du secondaire dénonçant la situation de l'éducation en Guinée, ont indiqué un membre de sa famille et une source hospitalière.

Le jeune homme, Souleymane Diakité, "revenait de son école (...) lorsqu'il a rencontré, en compagnie de ses camarades, un contingent de policiers qui avait du mal à contenir les furies d'autres manifestants et a tiré à balles réelles, dont une l'a fauché", a déclaré un oncle de l'élève à un correspondant de l'AFP.

"Ses camarades ont alors crié et les policiers n'ont même pas pris la peine de le secourir", a-t-il ajouté.

"Lorsque les policiers ont tiré sur le gamin qui est tombé, ses camarades qui ont voulu le secourir ont été tabassés par les flics (sic), dont deux ont été grièvement blessés", a déclaré un responsable de la Croix Rouge interrogé par l'AFP.

Selon lui "la balle a horizontalement traversé le ventre de l'enfant, ne lui laissant aucune chance de survie".

"J'ai appris qu'un jeune élève a été tué lors de ces manifestations et qu'une fille a été violée par un enseignant lorsque tous les élèves ont quitté leur école", a déclaré à la télévision privée Evasion Guinée le ministre de l'Education nationale, Ibrahima Kalil Konaté.

Par ailleurs, quatre syndicalistes ont été libérés lundi soir par la justice après avoir été entendus "près de deux heures", a indiqué à l'AFP leur avocat, Salifou Béavogui.

Ces responsables du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), qui a déclenché le 13 novembre une grève illimitée pour exiger une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail, avaient été arrêtés samedi à Conakry.

Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, avait justifié les arrestations par le fait que ces syndicalistes étaient "accusés de trouble à l'ordre public et d'appel à une grève illégale", lancée sans respect du préavis prévu par la loi.

Avant leur libération, le porte-parole des grévistes, Mohamed Bangoura, avait affirmé à l'AFP que ces arrestations n'allaient "pas affaiblir le mouvement".

"Nous allons nous battre jusqu'à l'obtention totale et entière de nos revendications", a déclaré M. Bangoura.

Les appels à manifester lundi ont également été assez largement suivis en province, notamment dans le nord du pays, à Koundara, Mali et Gaoual, ainsi qu'à Fria (ouest) et, dans une moindre mesure, dans l'est, à Kankan, Siguiri et Faranah, a appris l'AFP de sources syndicales jointes sur place.

Dans l'après-midi, les jeunes ont jeté des pierres contre les forces de l'ordre protégeant le bâtiment du ministre de l'Education nationale, selon un correspondant de l'AFP.

A Dabompa, dans l'est de la capitale, des témoins ont fait état de tirs à balles réelles de policiers qui ont fait quatre blessés parmi les manifestants.

Aux cris de "Alpha zéro --en référence au président Alpha Condé-- gouvernement zéro", "Nous voulons nos profs, non au sabotage et à la politisation de l'école!", les jeunes manifestants avaient érigé dans la matinée des barricades et renversé des poubelles, provoquant la panique chez les automobilistes.

Sur l'autoroute Le Prince, principal axe qui traverse Conakry de la banlieue au centre-ville, les commerces et les stations service sont restés fermés et les transports inexistants.

Les grévistes exigent l'application totale du statut particulier de l'Education, qui prévoit une augmentation de l'indice et des salaires obtenus sous le général Lansana Conté (1984-2008), confirmés en septembre 2016 lors des négociations entre gouvernement et syndicats de l'éducation.

En février, huit personnes avaient été tuées, dont plusieurs par balles, lors des manifestations liées à une grève des enseignants.

Avec AFP

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