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Échauffourées lors de manifestations d'élèves contre la situation dans l'éducation en Guinée

  • VOA Afrique

Des Guinéens protestent dans les rues après des manifestations meurtrières pour la grève des professeurs, à Conakry, le 21 février 2017.

Des heurts se sont produits lundi à Conakry lors de manifestations de milliers d'élèves du primaire et du secondaire dénonçant la situation de l'éducation en Guinée, où des syndicalistes du secteur ont été arrêtés pour avoir lancé une grève il y a une semaine.

Le mouvement était également assez largement suivi en province, notamment dans le nord du pays, à Koundara, Mali et Gaoual, ainsi qu'à Fria (ouest) et, dans une moindre mesure, dans l'est, à Kankan, Siguiri et Faranah, a appris l'AFP de sources syndicales jointes sur place.

La tension était vive en début d'après-midi à Conakry autour du domicile du ministre de l'Education nationale, Ibrahima Kalil Konaté, où les jeunes jetaient des pierres contre les forces de l'ordre protégeant le bâtiment, selon un correspondant de l'AFP.

A Dabompa, dans l'est de la capitale, des témoins ont fait état de tirs à balles réelles de policiers qui ont fait quatre blessés parmi les manifestants.

Aux cris de "Alpha zéro - en référence au président Alpha Condé - gouvernement zéro", "Nous voulons nos profs, non au sabotage et à la politisation de l'école!", les jeunes manifestants ont érigé dans la matinée des barricades et renversé des poubelles, provoquant la panique chez les automobilistes.

A la suite de l'intervention des forces de l'ordre pour disperser les manifestants dans le quartier résidentiel de Kipé, les jeunes ont jeté des cailloux et cassé des vitres de véhicules, selon la même source.

Sur l'autoroute Le Prince, principal axe qui traverse Conakry, de la banlieue au centre-ville, les commerces et les stations service sont restés fermés et les transports inexistants.

Au moins trois responsables du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), qui ont déclenché le 13 novembre une grève illimitée pour exiger une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail, ont été arrêtés samedi à Conakry.

Le porte-parole des grévistes, Mohamed Bangoura, a affirmé à l'AFP que ces arrestations n'allaient "pas affaiblir le mouvement". "Les enseignants décident au contraire de durcir le ton à partir du moment où nos camarades sont sous les verrous", a-t-il dit. "Nous allons nous battre jusqu'à l'obtention totale et entière de nos revendications", a indiqué M. Bangoura.

Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, a justifié les arrestations par le fait que ces syndicalistes étaient "accusés de trouble à l'ordre public et d'appel à une grève illégale", lancée sans respect du préavis prévu par la loi.

Les grévistes exigent l'application totale du statut particulier de l'Education, qui prévoit une augmentation de l'indice et des salaires obtenus sous feu le général Lansana Conté (1984-2008), confirmés en septembre 2016 lors des négociations entre gouvernement et syndicats de l'éducation.

En février, huit personnes avaient été tuées, dont plusieurs par balles, lors des manifestations liées à une grève des enseignants.

Avec AFP

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