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Ebola en RDC : Le chef de l'OMS appelle à l'union contre "l'ennemi public numéro un"

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus au milieu du personnel des agences des Nations unies chargées de la lutte contre Ebola à Beni, Nord-Kivu, RDC, 8 novembre 2018. (Twitter/ Tedros Adhanom Ghebreyesus)

Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à l'union face à l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, qui a fait près de 1.200 morts depuis août, qualifiant le virus d'"ennemi public numéro".

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus s'exprimait à l'occasion de l'ouverture de la 72e Assemblée de l'OMS, l'organe décisionnel suprême de cette agence spécialisée de l'ONU.

"J'ai rencontré le président de la RDC et des responsables de l'opposition, nous avons parlé ensemble des mesures à mettre en place pour lutter contre cette flambée parce que Ebola ne prend pas partie, Ebola c'est l'ennemi public numéro un", a déclaré le Dr Tedros.

"A moins que nous nous unissions pour mettre un terme à cette flambée, on court le risque qu'elle se répande et qu'elle coûte encore beaucoup plus cher et qu'elle soit encore beaucoup plus agressive", a-t-il ajouté.

L'actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola, déclarée en août dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri (est du pays), est la dixième et la plus grave enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

Depuis le début de l'épidémie, il y a eu quelque 1.160 décès pour 1.760 cas confirmés et probables, selon l'OMS.

"Jusqu'à maintenant, cette flambée ne s'est pas étendue au-delà de deux provinces", mais "le risque de propagation reste très élevé", a relevé le Dr. Tedros. Le nombre de nouveaux cas a fortement augmenté au cours des dernières semaines.

Sur le terrain, les travailleurs humanitaires font face à des résistances et des violences dans une région où plusieurs groupes armés sont actifs. En outre, rumeurs et défiance entravent le travail des personnels de santé : une partie des habitants sont dans un déni de la maladie, et s'opposent parfois avec violence aux enterrements sécurisés pour éviter la propagation du virus.

"Depuis le mois de janvier, il y a eu des dizaines d'attaques menées contre des structures de santé dans le Nord-Kivu", a détaillé le chef de l'OMS. "Chaque attaque donne au virus un avantage et empêche les intervenants d'agir".

Le Dr Tedros a également indiqué avoir convenu avec le Conseil de sécurité d'un "renforcement de l'action à l'échelle de tout le système des Nations unies", tout en reconnaissant que le virus "Ebola n'est pas la seule urgence" dans le monde.

Il a par ailleurs appelé les pays à adopter au cours de l'Assemblée mondiale le budget proposé pour 2020-2021, qui s'élève à 4,8 milliards de dollars soit près de 420 millions de plus que la précédent.

Il a aussi annoncé la nomination de divers ambassadeurs de bonne volonté, dont la mère de la chanteuse Lady Gaga, Cynthia Germanotta, nommé ambassadrice pour la Santé mentale.

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Six civils tués à Oicha dans le Nord-Kivu

Six civils tués à Oicha dans le Nord-Kivu
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"On ne va pas se faire des bisous!", lance Tshisekedi au sujet de son alliance avec Kabila

Le président sortant Joseph Kabila, à droite, et son succésseur Félix Tshsiekedi lors de l'investiture au Palais de la nation, Kinshasa, 24 janvier 2019.

"Il y a quelques mois, ces gens-là étaient nos adversaires. On ne va pas soudainement se faire des bisous sur la bouche!", a déclaré le président Félix Tshisekedi au sujet de sa coalition avec son prédécesseur, Joseph Kabila, qui connaît des tensions ces derniers jours.

"Dans le camp Kabila, certains n'acceptent toujours pas d'avoir perdu leurs privilèges. Et dans notre propre camp, certains n'acceptent pas de se coaliser avec ceux qui étaient hier encore nos bourreaux", a dit le chef de l'Etat congolais au quotidien français Libération à l'occasion de sa visite à Paris.

"Le courant (avec Kabila, NDLR) passe bien", a déclaré M. Tshisekedi vendredi à Berlin lors d'une conférence de presse avec la chancelière Angela Merkel.

"Nous parlons aussi des problèmes de la coalition. Mais dans l'ensemble, il sait que je dirige ce pays et il se tient vraiment à sa place, celle d'un consultant quand j'en ai de temps en temps besoin et il le fait vraiment de gaieté de cœur", a ajouté le président investi le 24 janvier.

En son absence en RDC, des responsables des deux camps ont multiplié les déclarations incendiaires.

Les deux camps s'accusent mutuellement de la dégradation ponctuelle d'affiches à l'effigie de leurs deux leaders.

Une délégation gouvernementale est arrivée ce vendredi à Kolwezi (sud-est) pour calmer les esprits après des incidents entre les deux camps la semaine dernière.

Un porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a proposé "les bons offices" de la mission onusienne "pour résoudre des problèmes", si les Congolais en font la demande.

"Il faut aussi que les acteurs politiques jouent le rôle d'hommes d'Etat", a ajouté ce représentant, François Grignon, mercredi lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco.

Issu de l'opposition, le président Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre. Les forces de son prédécesseur ont gardé la majorité au parlement et dans les 26 provinces.

MM. Tshisekedi et Kabila ont mis plus de sept mois pour s'entendre sur un gouvernement de 67 membres, dont les deux tiers sont affiliés au Front commun pour le Congo (FCC) pro-Kabila.

Ebola en RDC: la course aux vaccins bat son plein, l'épidémie marque le pas

Dans un centre de traitement Ebola à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Un deuxième vaccin a été introduit jeudi à titre d'"essai clinique" contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, où la propagation du virus marque le pas depuis quelques semaines.

Des équipes de l'ONG Médecins sans frontière (MSF) ont ouvert deux centres de vaccination à Goma, la grande ville du Nord-Kivu de plus d'un million d'habitants, où il n'y a pas actuellement de cas de transmission.

"Je viens d'être vacciné. Je vais aussi amener toute ma famille", a déclaré Joseph Munihire, 38 ans et père de six enfants, à un correspondant de l'AFP, en ajoutant: "Je demande à tous ceux qui doutent encore de venir se faire vacciner".

L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola
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Responsable de la mise en oeuvre du nouveau protocole, MSF veut cibler "50.000 personnes sur une période de quatre mois", avec 23.000 doses du vaccin des laboratoires américains Johnson&Johnson déjà livrées en RDC, selon les chiffres de l'ONG.

"Après avoir reçu la première dose du vaccin, les participants seront invités à se présenter de nouveau deux mois plus tard pour une deuxième injection", a précisé MSF dans un communiqué.

Un second vaccin contre Ebola en RDC
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L'enjeu consiste à "vérifier le bon déroulement de la vaccination à deux doses, dans une région à population très mobile et où il y a eu des cas dans le passé".

Quatre premiers cas de fièvre hémorragique avaient été enregistrés à Goma en juillet-août. Les autorités sanitaires avaient redouté une propagation de la maladie dans une ville densément peuplée, plaque tournante des échanges avec le Rwanda, l'Ouganda, et la province voisine du Sud-Kivu.

Aucun cas à Goma

Aucun nouveau cas de fièvre Ebola n'a cependant été signalé à Goma depuis le mois d'août.

"Cette vaccination à Goma est complémentaire. Elle ne remplace pas le premier vaccin, mais elle vient le compléter, particulièrement dans des zones où il n'y a pas de cas de transmission", a déclaré à l'AFP le coordonateur de la riposte, Steve Akuha.

L'épicentre de l'épidémie se situe toujours à 350 km au nord, dans la région de Beni-Butembo, avec des risques de déplacements vers la province voisine de l'Ituri.

Déclarée le 1er août 2018, cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2.193 personnes, pour 1.067 guérisons. L'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS, dans un appel aux bailleurs de fonds.

C'est première fois que des vaccins sont utilisés à titre "compassionnel" (à titre expérimental, sans autorisation préalable de mise sur le marché) pour prévenir la maladie qui se traduit par des poussées de fièvre, des diarrhée, des hémorragies...

En zone endémique, la première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie le 1er août 2018.

Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme, selon le dernier pointage des autorités sanitaires congolaises mercredi soir.

Hasard des dates ou pas dans la "guerre des vaccins", comme l'appelle certains spécialistes ? Ce premier vaccin a reçu un début d'homologation préalable à sa mise officielle sur le marché à la veille de l'introduction du deuxième protocole.

L'OMS a "préqualifié" mardi le premier vaccin, "ouvrant la voie à son utilisation dans les pays à haut risque".

L'annonce de l'OMS fait suite à la décision prise lundi par la Commission européenne d'autoriser la commercialisation de ce vaccin. Le 18 octobre, l'Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

En juillet, l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga avait démissionné en dénonçant "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" dans leur volonté d'introduire un deuxième vaccin.

M. Oly Ilunga est actuellement en résidence surveillée, accusée par les autorités congolaises de détournement de fonds dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

En septembre, MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin utilisé depuis le début de l'épidémie. Des accusations que l'OMS avaient balayées.

Une réduction sensible des cas de contamination à Ebola a été observée ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Mercredi soir, le dernier bulletin épidémiologique indique que 508 cas suspects sont en cours d’investigation: "Quatre nouveaux cas ont été confirmés. Aucun nouveau décès des cas confirmés n’a été enregistré".

"Dans sa phase actuelle, l'épidémie n'est plus urbaine, c'est devenu une épidémie rurale. Le virus Ebola s'est retranché en Ituri. Il faut donc le poursuivre, le coincer et l'éliminer", a déclaré fin octobre le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonateur de la riposte anti-Ebola.

Un second vaccin contre Ebola en RDC

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L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola

L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola
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