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Drôle de ramadan au Xinjiang, au pied de mosquées démolies

Des Ouïghours assistent à la prière du vendredi dans une mosquée à Urumqi, dans la province du Xinjiang, dans l'ouest de la Chine, le 8 août 2008.

Le dôme et le minaret ont disparu. Un parking en béton a remplacé la mosquée d'Heyitkah qui s'élevait dans ce coin du "far-west" chinois. Et la fin du ramadan se déroule sous haute surveillance pour les musulmans du Xinjiang.

Cette région autonome du nord-ouest de la Chine est en proie à des tensions entre les Hans (Chinois de souche) et sa majorité ouïghoure, des musulmans dont la langue s'apparente au turc.

Après des émeutes et des attentats, Pékin a mis en place des mesures de surveillance draconiennes et entrepris de "siniser" la religion, au nom de la lutte contre l'islamisme, le terrorisme et le séparatisme. Des dizaines de mosquées ont été détruites.

Dans la ville de Hotan, derrière le site où s'élevait la mosquée d'Heyitkah, le slogan "Eduquer les masses pour le Parti communiste" s'affiche en caractères rouges sur le mur d'une école primaire, où les élèves doivent scanner leur visage avant d'entrer à travers une grille en barbelés.

La mosquée "était magnifique", assure un marchand rencontré au bazar voisin. "Il y avait beaucoup de monde", notamment pour les grandes fêtes comme celles de l'Aïd el-Fitr, célébrée cette semaine par les musulmans du monde entier.

- Portiques de détection -

Selon des images satellite analysées par l'AFP et l'association Earthrise Alliance, 30 mosquées ont disparu au Xinjiang depuis 2017 et six autres ont été désaffectées: dôme et minaret ne sont plus là.

Des journalistes de l'AFP ont visité une demi-douzaine de sites et constaté que certains d'entre eux avaient été transformés en lieux publics, par exemple en jardin à Hotan.

Les Ouïghours considèrent les mosquées comme "leur patrimoine ancestral", s'insurge Omer Kanat, directeur du Uyghur Human Rights Project, un mouvement d'exilés ouïghours basé à Washington.

"Le gouvernement chinois veut effacer tout ce qui est ouïghour, tout ce qui est différent des Chinois Han", accuse-t-il.

Le gouvernement local n'a pas répondu à une question de l'AFP sur la destruction des mosquées.

Ailleurs, l'accès aux mosquées autorisées se fait par des portiques de détection. A l'intérieur, les caméras de surveillance sont omniprésentes.

"Je n'y vais plus", témoigne un Ouïghour, qui préfère taire son nom par crainte de sanctions. "J'ai peur".

D'après des organisations de défense des droits de l'homme, plus d'un million de musulmans sont ou auraient été détenus au Xinjiang dans des camps de rééducation politique, parfois pour des motifs futiles comme le port du voile pour les femmes ou d'une longue barbe pour les hommes.

En une semaine dans la région, l'équipe de l'AFP a croisé peu de barbus et aucune femme voilée. Et le ramadan prenait des allures bizarres, les restaurants restant ouverts dans la journée en plein mois du jeûne.

Un vendredi soir à Hotan, la seule mosquée de la ville était fermée après le coucher du soleil, à l'heure habituelle de la rupture du jeûne.

- Muezzin muet -

A Kachgar, à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Kirghizstan, le cri du muezzin ne retentit plus dans cette oasis de l'antique route de la soie.

Mercredi, pour la fin du ramadan, les fidèles y faisaient la queue dans le calme pour approcher de la mosquée d'Idkah, l'une des plus vastes du pays, traversant un cordon de policiers en uniforme ou en civil.

Interrogé, le gouvernement du Xinjiang assure à l'AFP qu'il défend la liberté de croyance religieuse et que les habitants peuvent célébrer le ramadan "dans les limites de la loi".

La ville compte plus de 150 mosquées, dénombre l'imam d'Idkah, Juma Maimaiti.

"Il n'y a eu aucune démolition de mosquée ici. Le gouvernement mène à bien la protection de certaines mosquées importantes", déclare-t-il, lors d'un entretien organisé en présence des autorités locales.

Au sud de Kachgar, un portrait géant du président Xi Jinping est suspendu à l'intérieur d'une mosquée. Dans de nombreux lieux de culte de la région, des slogans appellent à "aimer le parti et le pays" et à "rejeter l'extrémisme".

- Miradors -

Après avoir dans un premier temps démenti l'existence de camps de rééducation, le régime communiste a fini l'an dernier par expliquer qu'il s'agissait de "centres de formation professionnelle".

Les "étudiants", dont beaucoup ne parlent que ouïghour, sont censés y apprendre le chinois, une démarche censée les aider à trouver un emploi et à échapper au risque de radicalisation islamique.

L'AFP n'a pas été invitée à visiter ces centres.

Au nord de Kachgar, un énorme complexe ressemble fort à l'un d'entre eux. L'accès par la route en est fermé mais depuis un village voisin, on peut distinguer de hauts murs surmontés de barbelés, des miradors et des bâtiments d'habitation.

Y célébrer le ramadan y est interdit, la loi prohibant les activités religieuses à l'intérieur des établissements éducatifs.

Mais d'après le gouvernement régional, les pensionnaires peuvent fêter la rupture du jeûne "quand ils rentrent chez eux pendant le weekend".

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Inde: des étudiantes déshabillées pour vérifier si elles ont leurs règles

Manifestation contre l'entrée de deux femmes d'âge menstruel dans le temple de Sabarimala, Thiruvananthapuram, Kerala, Inde, 2 janvier 2019.

Des dizaines d'étudiantes indiennes ont été forcées de se déshabiller dans une université hindoue afin de vérifier si elles avaient leurs règles, le règlement intérieur les obligeant à se mettre à l'écart pendant leur menstruation.

Les faits se sont produits le 10 février au Sahjanand Girls Institute de la ville de Bhuj dans l'État du Gujarat, établissement tenu par la secte hindoue Swaminarayan. Celle-ci gère aussi de somptueux temples à travers le monde, dont un à Londres.

L'enquête est partie de la découverte d'une serviette hygiénique dans un jardin devant l'université. Son règlement intérieur interdit aux jeunes femmes de rester dans les résidences étudiantes en période menstruelle et les oblige à s'isoler dans un sous-sol, ainsi qu'à rester à l'écart de la cuisine et du lieu de culte. Elles doivent également s'asseoir au fond de la classe durant les cours.

Les responsables de l'université ont aligné 68 étudiantes dans les toilettes et leur ont ordonné une à une de se déshabiller, ont raconté les étudiantes à la presse locale.

"Il n'y a pas de mots pour décrire l'humiliation que nous avons vécue", a déclaré à des journalistes une étudiante qui faisait partie de celles manifestant leur colère le 13 février devant l'établissement.

L'université a lancé une enquête et a indiqué qu'elle pourrait prendre des mesures contre ses employés à l'origine de cet examen.

Dans certaines zones rurales en Inde, les filles et femmes doivent vivre à l'écart de la communauté pendant la durée de leurs règles. Elles sont également interdites d'entrer dans certains temples durant leur menstruation.

Au Bangladesh, la petite révolution des funérailles religieuses d'une prostituée

Ashiqur Rahman, le chef de police qui a aidé à organiser un enterrement dignifié pour une ancienne travailleuse du sexe, assis dans son bureau à Daulatdia dans le district de Rajbari, à 110 kms à l'ouest de Dhaka, au Bangladesh. (Munir UZ ZAMAN / AFP / AFP)

Au Bangladesh, les prostituées vivent au ban de la société et le restent jusque dans la mort. Mais un tabou a sauté en février lorsque l'une d'entre elles a, pour la première fois, reçu des funérailles religieuses.

Décédée à 65 ans, Hamida Begum était prostituée depuis ses douze ans dans les taudis de Daulatdia. Ce bordel légal de l'ouest du Bangladesh est, avec 1.200 travailleuses du sexe et jusqu'à 5.000 clients quotidiens, l'un des plus grands au monde.

A sa mort, sa famille comptait l'enterrer en catimini dans une tombe anonyme, la pratique habituelle. Jusqu'à ce qu'une coalition de prostituées réussisse à persuader la police locale et les responsables religieux de lui donner des funérailles en bonne et due forme.

"Je n'aurais jamais rêvé qu'elle reçoive une si honorable cérémonie d'adieux", confie à l'AFP Laxmi, fille de la défunte, qui exerce la même profession qu'elle. "Ma mère a été traitée comme un être humain."

Un responsable religieux d'un village voisin est ainsi venu le 2 février présider aux obsèques dans un cimetière, devant une assemblée de 200 personnes.

"L'imam était initialement réticent à diriger les prières. Mais nous lui avons demandé si l'islam interdisait de participer aux prières funéraires d'une travailleuse du sexe. Il n'avait pas de réponse", dit Ashiqur Rahman, chef de la police locale.

Près de 400 personnes ont aussi participé aux traditionnels festin et prières quelques jours plus tard.

"C'était une scène sans précédent", raconte M. Rahman. "Les gens ont attendu jusque tard dans la nuit pour pouvoir se joindre aux prières".

Avec ce geste, les autorités locales voulaient "mettre fin à un tabou discriminatoire", explique-t-il.

Hamida Begum est la première prostituée de Daulatdia à être enterrée religieusement, et possiblement la première du Bangladesh.

Ce pays de 160 millions d'habitants est l'une des rares nations à majorité musulmane au monde où la prostitution est légale mais reste mal vue et considérée comme immorale.

- "Comme un chien mort" -

Pendant des décennies, lorsqu'une prostituée de Daulatdia mourait, ses consoeurs jetaient son corps dans le fleuve Padma ou l'ensevelissaient dans la tourbe.

Au tournant des années 2000, les responsables locaux leur ont octroyé un terrain vague pour des enterrements dans des tombes anonymes. Les familles engageaient des drogués pour procéder à la mise en terre, généralement de nuit et sans prières formelles.

"Si nous voulions enterrer nos morts le matin, les villageois nous chassaient avec des bâtons de bambou", relate Jhumur Begum, qui dirige une organisation de prostituées.

"C'était comme si un chien était mort", renchérit Nili Begum, ex-prostituée aujourd'hui grand-mère et qui vit toujours dans le bordel, où travaille sa fille.

Etabli à une centaine de kilomètres à l'ouest de la capitale Dacca, Daulatdia fait partie de la douzaine de bordels autorisés par le gouvernement du Bangladesh. Les prostituées et leurs centaines d'enfants s'y entassent dans des habitations sommaires, séparées par d'étroites allées.

Situé à proximité d'un axe routier et d'un noeud ferroviaire, ce quartier chaud est fréquenté aussi bien par des habitants de la région que par des voyageurs de passage. Fondé il y a un siècle durant la colonisation britannique, le bordel occupe son emplacement actuel seulement depuis 1998, après que des habitants des environs ont incendié sa structure précédente.

Opérant dans la bicoque de deux pièces qu'Hamida Begum avait acheté avec ses économies, sa fille Laxmi, 35 ans, espère que les rites reçus par sa mère marqueront le début d'une nouvelle époque pour les prostituées de Daulatdia.

"J'espère qu'à partir d'aujourd'hui toute femme qui travaille ici, dont moi, aura les mêmes prières funéraires que ma mère", déclare-t-elle.

Un voeu qui devrait être exaucé.

Jalil Fakir, un conseiller de village ayant participé à la cérémonie, confirme que les funérailles religieuses de prostituées se poursuivront afin de réduire les discriminations dont elles sont victimes.

"Après tout, qui suis-je pour juger? Si (une prostituée) a commis des pêchés, c'est à Allah de la juger dans l'au-delà, pas à nous".

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Football : le Barça montre son soutien à la Chine, touchée par le nouveau coronavirus

Le Barça célèbre le but de Suarez, au stade Camp Nou, Barcelone, 14 avril 2018. (FC Barcelone/Site Internet)

Le FC Barcelone témoignera son soutien envers la Chine, pays le plus affecté par le nouveau coronavirus, et envers les citoyens chinois victimes de discriminations dues à la peur de cette maladie, lors de la réception de Getafe samedi (15h00 GMT) en Liga, a annoncé le club vendredi.

Au début du match, les joueurs du Barça et de Getafe entreront sur la pelouse accompagnés "d'enfants d'origine chinoise membres de la Peña (groupe de supporters) +Dracs Units Xinesos pel Barça+", avec des tee-shirts floqués du message "Stronger Together" ("Plus forts ensemble", en anglais), a déclaré le club blaugrana ce vendredi via communiqué.

On pourra également y lire "le message ???? écrit en chinois, qui signifie +Courage, la Chine+", a ajouté la formation catalane.

Avec l'aide du club de Getafe, le FC Barcelone entend ainsi profiter de sa dimension mondiale pour "exprimer sa solidarité et son soutien à la Chine et, particulièrement aux personnes touchées par cette maladie", a indiqué le Barça.

"Avec cette action, le club souhaite par ailleurs envoyer un message contre la stigmatisation et les cas de discrimination dont souffre la population chinoise depuis l'apparition du nouveau coronavirus", a affirmé le Barça.

La relation entre le pays asiatique et le club catalan dure depuis de nombreuses années: le Barça dispose d'une délégation permanente à Hong Kong depuis 2013 et de plusieurs académies de football dans le pays.

L'autre club professionnel de Barcelone, le RCD Espanyol, détenu par l'homme d'affaires chinois Chen Yansheng, a fait don de 450.000 masques de protection à la Chine, qui a connu des soucis d'approvisionnement de ce type de produits.

L'action du FC Barcelone intervient alors que le Mobile World Congress, qui devait avoir lieu dans la capitale catalane, a été annulé mercredi, car de nombreuses entreprises se sont retirées de l'événement par peur d'une épidémie de Covid-19, apparu en Chine, pays d'origine de certains des principaux exposants du congrès dédié aux télécommunications.

Ces derniers jours, les autorités catalanes ont multiplié les appels au calme, en rappelant que le risque d'une épidémie en Espagne reste faible.

En Chine, l'épidémie du nouveau coronavirus a causé la mort de près de 1.400 personnes et 63.851 autres personnes sont infectées, selon les chiffres officiels.

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