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Niger

Douze soldats tués au Niger dans l'attaque d'une base militaire

Des soldats dans le camps militaire de Bosso, dans la région du Niger, près des combats contre Boko Haram, le 17 juin 2016.

Douze soldats nigériens ont été tués et huit blessés lors de l'attaque d'une base militaire dans le sud-est du Niger, attribuée mercredi par le ministère nigérien de la Défense au groupe djihadiste nigérian Boko Haram, qui multiplie les actions violentes dans la région.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, la position militaire Blabrine, dans la région de Diffa, a été attaquée par des éléments armés non encore identifiés appartenant très probablement au groupe terroriste Boko Haram", a annoncé mercredi soir le ministère de la Défense dans un communiqué du ministère lu à la radio d'Etat.

"Le bilan provisoire" du ministère fait état de "12 militaires tués et 8 blessés".

Plus tôt dans la journée, des sources locales de la région de Diffa avaient annoncé l'attaque à l'AFP, "vers 03H00 (02H00 GMT)" du matin, évoquant un bilan de 10 morts, ainsi que du matériel militaire incendié.

"Les opérations de ratissage et de poursuite auxquelles participent nos partenaires de la Force multinationale mixte (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun) ont été engagées pour rattraper et neutraliser les éléments ayant perpétré l'attaque, qui se sont repliés en direction du Lac Tchad", déclare le ministère de la Défense, qui affirme aussi que les combats ont fait "plusieurs morts et blessés côté ennemi".

Après une accalmie fin 2018 dans la région de Diffa, voisine du Nigeria, berceau de Boko Haram, les attaques du groupe djihadiste sont devenues à nouveau récurrentes depuis mars.

Le 19 octobre, le maire de Kabaléwa, une commune proche de N'Guigmi (à une quarantaine de kilomètres de la base militaire attaquée), et son épouse ont été enlevés par des membres de Boko Haram.

Fin mars 2019, au moins dix civils ont été tués dans un attentat-suicide et une attaque de Boko Haram à N'Guigmi même.

La région a connu d'innombrables attaques depuis février 2015 et le groupe islamiste nigérian a déjà mené des opérations d'envergure par le passé, prenant le contrôle de la ville et de la base de Bosso en 2016.

- Réfuigiés et déplacés par milliers -

La région de Diffa abrite 120.000 réfugiés nigérians, 30.000 Nigériens revenus du Nigeria et environ 110.000 déplacés internes, fuyant tous les exactions de Boko Haram, selon des chiffres publiés par l'ONU en octobre.

Le Niger, un des pays les plus pauvres du monde, qui est confronté à Boko Haram dans le Sud-Est, doit également faire face aux groupes djihadistes sahéliens à l'Ouest dans sa zone frontalière avec le Mali.

Les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest) accueillent 150.000 réfugiés et déplacés en raison des violences qui ont fait des centaines de morts.

"Il ne se passe pas un jour sans perte humaine (dans la sous-région Mali, Niger, Burkina), nous assistons à la banalisation de la violence, à la terreur au quotidien", avait rappelé en septembre le président nigérien Mahamadou Issoufou, soulignant "l'urgence" de la situation alors que "la menace s'étend vers le sud".

Il avait appelé à la mise en place d'une "coalition internationale de lutte contre le terrorisme au Sahel et au lac Tchad à l'image de la coalition qui a été mise en place pour lutter contre Daech au Moyen-Orient".

Son pays accueille déjà des bases militaires française dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane et américaine.

En plus de l'insécurité, la région de Diffa est actuellement confrontée à des inondations dues à une crue de la rivière Komadougou Yobé (qui sert de frontière naturelle entre le Niger et le nord-est du Nigeria) qui ont déjà fait près de 40.000 sinistrés, selon un dernier bilan officiel.

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L’opposant nigérien, possible candidat à la présidentielle de 2020

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Arrestation de l'opposant Hama Amadou après son retour au pays

L'ancien Premier ministre du Niger, Hama Amadou, pose pour une photo dans son bureau à l'Assemblée nationale à Niamey, le 16 septembre 2013.

Le principal opposant nigérien Hama Amadou, rentré au Niger le 14 novembre, a été incarcéré lundi pour purger les huit mois restant de sa peine de un an de prison pour trafic de bébés, a indiqué à l'AFP ses proches.

"Hama Amadou a été incarcéré tôt ce lundi à la prison de Filingué (ouest de Niamey) pour purger les huit mois qui lui restent de sa peine", a affirmé à l'AFP un membre de sa famille sous couvert d'anonymat. "Il s'est présenté lui même au tribunal avant d'être conduit eu prison".

"Samedi il s'était entretenu avec ses avocats pour discuter de cette procédure", a précisé cette source.

M. Amadou, en exil depuis mars 2016, était rentré jeudi au Niger pour le deuil de sa mère décédée fin octobre.

L'opposant, âgé de 69 ans, avait été condamné à un an de prison pour son implication dans un trafic de bébés avec le Nigeria et impliquant également une de ses épouses. Il avait été incarcéré en novembre 2015 à son retour d'un premier exil.

En mars 2016, entre les deux tours de la présidentielle à laquelle il était arrivé deuxième sans pouvoir faire campagne en raison de son incarcération, Hama Amadou, avait été autorisé à se rendre en France pour des raisons de santé. Il n'était plus rentré au Niger jusqu'à son retour jeudi.


Il a été désigné en août candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden), principal mouvement d'opposition.

Hama Amadou, est de retour de l'exil

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Sahel: un boom aurifère suscite la convoitise croissante de divers groupes armés

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L'opposant Hama Amadou est rentré au Niger

Hama Amadou de retour au Niger le 14 novembre 2019. (Yusuf Abdoulaye /VOA)

Rentré au Niger le 14 novembre, Hama Amadou, le principal opposant nigérien, possible candidat à la présidentielle de 2020, s'est rendu lundi lui-même au tribunal afin d'être incarcéré et purger les huit mois restant de sa peine d'un an de prison pour trafic de bébés.

"Hama Amadou a été incarcéré tôt ce lundi à la prison de Filingué (ouest de Niamey). Il s'est présenté lui-même au tribunal avant d'être conduit en prison", a affirmé à l'AFP un membre de sa famille sous couvert d'anonymat.

L'opposant, 69 ans, savait ce qui l'attendait. "Samedi il s'était entretenu avec ses avocats pour discuter de cette procédure", a précisé cette source.

M. Amadou, en exil depuis mars 2016, était rentré jeudi au Niger pour faire le deuil de sa mère décédée fin octobre. Il est allé se recueillir sur sa tombe avant d'accueillir samedi et dimanche des milliers de visiteurs à son domicile.

Ses partisans, mais aussi des membres du gouvernement nigérien et des figures de la société civile, sont ainsi venus lui présenter leurs condoléances.

Selon son entourage, Hama Amadou a même parlé au téléphone avec le président Mahamadou Issoufou, dont une des épouses, Malika Issoufou, s'est déplacée à son domicile.

L'opposant avait été condamné à un an de prison pour son implication dans un trafic de bébés avec le Nigeria et impliquant également une de ses épouses. Il avait été incarcéré en novembre 2015 à son retour d'un premier exil.

En mars 2016, entre les deux tours de la présidentielle à laquelle il était arrivé deuxième sans pouvoir faire campagne en raison de son incarcération, Hama Amadou, avait été autorisé à se rendre en France pour des raisons de santé. Il n'était plus rentré au Niger jusqu'à son retour jeudi.

- Inéligible sauf amnistie -

Il avait été désigné en août candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden), principal mouvement d'opposition. Toutefois, sa condamnation l'empêche légalement pour le moment d'être candidat.

"La loi est la loi. Pour tout le monde. Elle ne fait pas d'exceptions ou de faveurs. Il ne peut pas se présenter. Point final", affirmait récemment à l'AFP un haut responsable nigérien,

"La loi prévoit que toute personne condamnée à une peine égale ou supérieure à un an n'est pas éligible. Donc, même s'il purge sa peine (avant la présidentielle de décembre 2020), il n'est pas éligible", explique le constitutionnaliste nigérien Amadou Boubacar.

"Même une grâce présidentielle n'est pas suffisante. Il faudrait une loi d'amnistie sur le trafic de bébés qui efface la condamnation", souligne-t-il.

"L’avenir politique de M. Hama Amadou dépend de ce +dialogue politique+ qui va certainement déboucher sur des recommandations qui vont proposer l'amnistie pour Hama Amadou", analyse-t-il.

Le Premier ministre Brigi Rafini a promis fin octobre l'organisation d'un "dialogue" en vue "d'apaiser le climat" politique tendu à un an de la présidentielle de 2020.

Selon M. Rafini, une "assemblée" de 38 membres - 30 issus des partis politiques, cinq des syndicats et trois de la société civile - sera "très prochainement" installée pour "conduire" ce dialogue durant "un mois".

Des représentants de l'ONU, de l'Union européenne et du National Democratic Institute (une ONG américaine) ainsi que des responsables religieux locaux et des chefs traditionnels doivent également assister au dialogue.

L'organisation des futures élections, la question de la commission électorale ou l'accès équitable aux médias d'Etat, ainsi que la situation de Hama Amadou seront au centre des débats.

Ce dialogue pourrait ouvrir la porte à l'opposant qui a joué l'apaisement lors de son retour au pays.

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