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États-Unis

Donald Trump relance sa guerre contre le FBI en raison de l'affaire russe

Le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, 2 février 2018.

Le président américain Donald Trump a mis en cause vendredi l'intégrité des plus hauts échelons du ministère de la Justice et du FBI, s'attirant les foudres de l'opposition démocrate, qui brandit désormais le spectre d'une crise constitutionnelle.

Défiant l'opposition, le directeur du FBI et plusieurs sénateurs de son parti, le chef de l'exécutif américain a approuvé la déclassification d'une note confidentielle très controversée, rédigée par des républicains du Congrès. Ce document décrit ce qu'ils considèrent comme un abus de pouvoir du FBI lors de la mise sur écoute d'un ancien membre de l'équipe de campagne Trump avant l'élection de novembre 2016.

"Ce qui se passe dans notre pays est une honte", a déclaré Donald Trump dans le Bureau ovale, avant que la note de quatre pages ne soit publiée par la Chambre des représentants. "Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la Justice ont politisé le processus sacré d'investigation en faveur des démocrates et contre les républicains", a-t-il également tweeté.

L'accusation est extraordinaire de la part d'un président des Etats-Unis, traditionnellement soucieux de préserver l'image de deux piliers des institutions américaines.

Mais le successeur de Barack Obama est déterminé à prouver que des éléments au sein du pouvoir judiciaire veulent miner sa présidence à travers l'enquête sur une éventuelle collusion entre sa campagne et la Russie, conduite initialement par le FBI et reprise l'an dernier par le procureur spécial Robert Mueller.

>> Lire aussi : Le Congrès américain publie la note controversée dénonçant les méthodes du FBI

La note lui en fournit une justification, bien qu'elle ne s'intéresse qu'à un seul personnage de l'affaire, Carter Page, et ne cite jamais Robert Mueller ou le reste de ses investigations. En outre, disent les démocrates, le "mémo" est parcellaire et tendancieux, omettant de nombreux faits.

Croyant voir clair dans son jeu, l'opposition a prévenu solennellement le dirigeant de ne pas prendre cette note comme prétexte pour se débarrasser de Robert Mueller ou de son supérieur hiérarchique, le numéro deux de la Justice, Rod Rosenstein.

"Nous considérerions une telle action comme une tentative d'entrave à la justice dans l'enquête russe", ont écrit dix hauts responsables démocrates du Sénat et de la Chambre dans une lettre. Les limoger, avertissent-ils, "pourrait créer une crise constitutionnelle sans précédent depuis le Massacre du Samedi soir".

Ce "massacre" est le surnom donné à la décision du président Richard Nixon de limoger en 1973 le procureur spécial sur le scandale du Watergate, ce qui avait conduit à la démission du ministre de la Justice et de son numéro deux.

- Faire le jeu de Poutine -

Le "mémo Nunes", du nom du président républicain de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Devin Nunes, vise à retracer la procédure secrète de mise sur écoute de l'ex-conseiller Carter Page à partir d'octobre 2016.

>> Lire aussi : Le procureur Mueller se concentre sur une rencontre à la Trump Tower

Selon les républicains, les enquêteurs du FBI, avec l'appui du ministère de la Justice, auraient partiellement justifié cette action à partir d'un dossier de renseignement rédigé par un ex-espion britannique, Christopher Steele, embauché par un cabinet américain lui-même payé par la campagne d'Hillary Clinton et le parti démocrate. Ils accusent le FBI de n'avoir pas révélé aux juges autorisant les écoutes que la campagne Clinton avait cofinancé le dossier, sous-entendant que toute la procédure était donc viciée- ce que les démocrates contestent.

La note accable l'ex-haut responsable de la Justice Bruce Ohr, et cite l'ex-numéro deux du FBI Andrew McCabe, ainsi que l'actuel numéro deux de la Justice Rod Rosenstein, qui a renouvelé des demandes d'écoute sur Carter Page.

Donald Trump a d'ailleurs refusé de renouveler sa confiance en M. Rosenstein, déclarant un énigmatique: "Je vous laisse deviner".

>> Lire aussi : Un "mémo" républicain sur l'enquête russe inquiète le FBI

L'enquête du procureur spécial touche le premier cercle du milliardaire, qui se plaint régulièrement qu'elle entrave injustement son action politique. De nombreux proches et collaborateurs ont été interrogés, et quatre ont été inculpés pour des délits financiers ou autres. Carter Page était écouté en raison de ses nombreux et anciens contacts avec des Russes.

Les démocrates de la commission du Renseignement ont répété vendredi que quoi qu'il en fût, l'enquête Mueller reposait sur de multiples éléments, et non sur le seul "dossier Steele". "Le seul but du document républicain est de protéger la Maison Blanche et le président", ont-ils argué.

"C'est tout?" a tweeté, consterné, l'ancien patron du FBI James Comey, relevant l'absence de preuves confondantes.

Les chefs républicains du Congrès présentaient la note comme le fruit du nécessaire devoir de contrôle de l'exécutif par le pouvoir législatif.

Pourtant de nombreux parlementaires pro-Trump utilisaient la note pour discréditer le travail de l'équipe Mueller.

>> Lire aussi : Le FBI "très inquiet" par les "omissions" d'un rapport parlementaire sur l'ingérence russe

Des poids lourds républicains s'inquiétaient des conséquences durables pour le FBI et la sécurité nationale américaine... au moment où la Russie tenterait à nouveau, selon eux, de s'immiscer dans la politique nationale.

"Les attaques récentes contre le FBI et le département de la Justice ne servent aucun intérêt américain - ni celui du parti ni celui du président. Seulement l'intérêt de Poutine", a dénoncé le sénateur John McCain.

Avec AFP

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Impôts de Trump: la Maison Blanche ne respecte pas le délai des démocrates

Le président Donald Trump, à la Maison-Blanche, à Washington. (AP Photo / Pablo Martinez Monsivais, Fichier)

La Maison Blanche a de nouveau raté mardi la date butoir fixée par les démocrates pour obtenir les déclarations d'impôts du président républicain Donald Trump, laissant augurer une âpre bataille judiciaire.

Le Trésor américain a repoussé au 6 mai sa "décision finale" sur cette demande "sans précédent", le temps de consulter le ministère de la Justice, a expliqué le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, dans une lettre.

C'est la deuxième fois que l'administration Trump repousse le délai imparti par les démocrates de la Chambre des représentants pour cette demande, présentée le 3 avril par la commission chargée des questions de fiscalité ("Ways and Means").

M. Trump est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de divulguer sa situation fiscale.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants, les démocrates sont dotés de l'autorité de réclamer ces documents. Jamais une telle demande, présentée par cette même commission, n'a été rejetée par le passé, ont-ils souligné.

Ils affirment vouloir ainsi étudier à quel point le fisc américain contrôle les finances d'un président, afin d'ajuster la loi si nécessaire.

Mais leur volonté est en réalité toute autre, affirme Steven Mnuchin dans sa lettre, en citant de "nombreuses" déclarations publiques de démocrates: il s'agit en fait de "publier les déclarations d'impôts du président".

"Au vu des graves questions constitutionnelles que pose cette requête et des conséquences significatives que cela pourrait avoir pour le respect de la confidentialité des données des contribuables, le Trésor est actuellement en consultation avec le ministère de la Justice", précise-t-il.

Les démocrates vont désormais consulter leurs avocats, selon des médias américains.

Réclamant les six dernières déclarations de revenus annuelles du président, ils avaient d'abord fixé un ultimatum au 10 puis au 23 avril.

La non-transmission des déclarations d'ici ce mardi serait interprétée "comme un refus", avait mis en garde le président démocrate de cette commission, Richard Neal, après le premier report.

M. Trump s'est depuis le départ montré réticent à livrer ses déclarations, affirmant qu'il faisait déjà l'objet d'un contrôle fiscal.

"Le président a été assez clair: une fois que le contrôle sera achevé, il y songera", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Hogan Gidley, mardi sur Fox News. "Il n'est pas disposé à le faire pour l'instant".

Avec AFP

Donald Trump en visite au Royaume-Uni et en France début juin

Le couple présidentiel américain et la reine d'Angleterre Elizabeth II en direction d'une entrée du château de Windsor, lors de la visite de M. Trump au Royaume-Uni.. / PHOTO AFP / PISCINE / Ben STANSALL

Donald Trump effectuera une visite de plusieurs jours au Royaume-Uni puis en France au début du mois juin, ont annoncé le palais de Buckingham et la Maison blanche mardi.

Le président américain a accepté l’invitation de la reine Elisabeth à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin. Il sera accompagné par sa femme Melania, précise Buckingham Palace.

Donald Trump est le troisième président américain, après Barack Obama en 2011 et George W. Bush en 2003, à bénéficier d’une telle invitation de la part de la souveraine britannique. Les détails de la visite seront précisés ultérieurement.

Donald Trump aura une entrevue avec la Première ministre britannique Theresa May qui n’est pas parvenue à faire approuver son projet d’accord sur le Brexit par les députés de la Chambre des communes.

“Le Royaume-Uni et les Etats-Unis entretiennent un partenariat profond et durable enraciné dans notre histoire commune et nos intérêts communs”, a déclaré Theresa May dans un communiqué.

Donald Trump a effectué en juillet 2018 une visite officielle au Royaume-Uni mais il ne s’agissait pas d’une visite d’Etat, forme la plus élevée du protocole diplomatique.

“Cette visite d’Etat est une occasion de renforcer notre coopération déjà étroite dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la sécurité et de la défense et de discuter de la manière de consolider ces liens dans les années à venir”, ajoute la chef du gouvernement britannique.

La Maison blanche a annoncé pour sa part que Donald Trump se rendrait en France pour une rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 6 juin, jour du 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie lors de la Seconde guerre mondiale.

UNE VISITE SUJETTE À CONTESTATION

Cette visite d’Etat à Londres risque à nouveau d’alimenter la contestation en raison du rejet que suscite le président américain dans une partie de l’opinion britannique.

En juillet 2018, quelque 250.000 manifestants s’étaient rassemblés à Londres pour dénoncer la venue de Donald Trump et les organisateurs de ce mouvement ont dit qu’ils préparaient une “manifestation gigantesque” contre cette visite d’Etat.

Après avoir été reçu par Trump à la Maison blanche, Theresa May avait rendu la politesse en invitant son hôte à effectuer une visite de même nature à Londres en 2017.

Une pétition avait alors été signée par près de 1,9 million de personnes pour s’opposer à la visite du chef de l’Etat américain et la Chambre des communes avait dû se saisir de la question en 2017.

Lors de sa venue l’an passé, Donald Trump avait pris la classe politique britannique à rebrousse-poil en offrant une version très peu diplomatique de l’évaluation qu’il faisait de la stratégie suivie par Theresa May dans les négociations sur le Brexit.

Il avait notamment déclaré que la chef du gouvernement n’avait pas suivi son conseil d’engager des poursuites judiciaires contre l’Union européenne. Plus tard, Donald Trump avait opéré une volte-face en affirmant que Theresa May accomplissait un travail formidable.

“C’est un président qui s’en prend systématiquement à toutes les valeurs communes qui unissent nos deux pays et à moins que Theresa May décide enfin de lui tenir tête et conteste son comportement, elle n’a aucun raison de dépenser l’argent des contribuables dans des frais de protocole et de sécurité impliqués par cette visite”, a commenté Emily Thornberry, porte-parole du Parti travailliste pour les questions de politique étrangère.

Une centaine de manifestations avaient été organisées l’an passé et les autorités avaient déployé 10.000 policiers dans une opération qui avait coûté près de 18 millions de livres sterling.

Avec Reuters

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