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2019: Donald Trump, diplomate décomplexé encore en quête de succès

Le Président américain Donald Trump

Bousculer les alliés, pactiser avec l'ennemi et flatter sa base électorale: Donald Trump a imposé au monde sa conception toute personnelle des relations internationales, qui promet de faire de nouvelles étincelles alors qu'il reste en quête de succès à l'approche du scrutin présidentiel de 2020.

La crise syrienne est un cas d'école.

Le 27 octobre, le président des Etats-Unis annonçait ce qui restera probablement comme sa principale victoire sur la scène mondiale: la mort du chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi lors d'une opération américaine en Syrie.

Sous l'ère Trump, "l'EI a perdu son territoire en Irak en Syrie", "c'est un résultat de très, très grande ampleur", souligne Nile Gardiner, expert à la fondation conservatrice Heritage, entonnant un refrain que ne manquera pas de reprendre le milliardaire républicain durant sa campagne électorale.

Mais la mort de l'homme le plus recherché de la planète est venue clore une séquence chaotique.

Donald Trump a réussi à mécontenter ses plus proches alliés, en Europe comme au Congrès américain, tout en affichant son entente avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, que nombre de démocraties trouvent de moins en moins fréquentable. En cause, le feu vert donné à une offensive d'Ankara en Syrie contre les forces kurdes, pourtant partenaires des Occidentaux dans la lutte antijihadistes.

Au passage, il a renforcé la position du régime de Damas et de ses parrains russes, pourtant rivaux des Américains.

Et pour finir, après avoir annoncé avec fracas, pour la seconde fois en moins d'un an, le retrait total des forces américaines en Syrie, le président américain a dû faire volte-face - au risque d'affaiblir sa propre crédibilité.

- Crise "exceptionnelle" -

"La crise de la relation avec les Etats-Unis est exceptionnelle, plus personne ne croit en quoi que ce soit", peste un haut responsable européen.

Les Français sont particulièrement furieux, comme l'ont montré les propos du président Emmanuel Macron sur l'Otan "en état de mort cérébrale" et les tensions avec son "ami" Donald Trump lors du sommet de l'Alliance atlantique début décembre au Royaume-Uni.

En fait, le président de la première puissance mondiale se verrait bien en faiseur de paix. Mais ses initiatives diplomatiques parfois iconoclastes sont le plus souvent dans l'impasse.

Malgré sa promesse-phare de "mettre fin aux guerres sans fin", il a pour l'instant dû renoncer à retirer ses troupes de Syrie mais aussi d'Afghanistan, où il a stoppé puis relancé des négociations inédites avec les talibans.

Après un rapprochement aussi historique qu'inattendu avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, les négociations sont au point mort.

Au Venezuela, l'offensive diplomatique et économique lancée début 2018 pour chasser le président socialiste Nicolas Maduro s'est enlisée.

Le plan de paix tant vanté pour mettre fin au conflit israélo-palestinien semble être relégué aux oubliettes, après la multiplication des prises de positions américaines de plus en plus favorables à Israël et de moins en moins conformes au consensus international.

- "Prédire l'imprévisible" -

Contre l'avis des faucons de son propre entourage, Donald Trump s'est aussi montré ouvert à un dialogue avec les dirigeants iraniens, mais en vain. Et sa retenue militaire, après des attaques imputées à Téhéran dans le Golfe en juin et septembre, lui a valu des accusations de "faiblesse", lui qui a fait de "la paix par la force" sa doctrine diplomatique.

Quant aux offensives commerciales à coups de droits de douane, y compris contre des pays alliés, elles ont abouti en cette fin d'année sur deux accords brandis comme autant de trophées, avec le Mexique et le Canada d'une part, et la Chine de l'autre. Mais le vrai bilan d'une stratégie qui a fragilisé l'économie mondiale reste encore à dresser.

Et Donald Trump, chantre de l'"America First" ("l'Amérique d'abord"), devrait continuer les coups d'éclat commerciaux à l'approche de la présidentielle. Car désormais, tout sera analysé à l'aune du scrutin de novembre.

"Son seul problème, c'est d'être réélu", lâche un diplomate européen.

Jusqu'où ira-t-il, lui qui vient d'être renvoyé en procès au Congrès, accusé d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour obtenir un coup de pouce préélectoral?

Pour Brian Katulis, du Center for American Progress, un think tank proche de la gauche, "avec Trump, on peut prédire l'imprévisible". "C'est une présidence de téléréalité: même s'il n'obtient pas de grandes réussites, il dira l'inverse".

Déjà, les faucons mettent la pression pour qu'il hausse le ton face à la Corée du Nord, alors que plane le spectre d'un retour aux tensions extrêmes du début de la présidence Trump. Pyongyang a lancé un ultimatum pour que Washington fasse des concessions avant le Nouvel An.

Et avec l'Iran, la page de la médiation française, qui avait suscité quelques espoirs, semble tournée. "La fenêtre se referme", et "la capacité du président Trump à faire des concessions qui déplaisent à ses ministres et à sa base républicaine va diminuer à l'approche du vote", prévient un autre diplomate européen.

Les relations internationales risquent d'être suspendues au résultat du scrutin, même si pour Nile Gardiner, fervent soutien du président républicain, "ce serait une erreur pour les dirigeants étrangers de miser sur le fait qu'il ne sera plus là dans un an".

Avant l'élection, le magnat de l'immobilier converti à la politique aura l'occasion de secouer encore une fois l'élite mondiale en accueillant à Camp David le prochain sommet des grandes puissances du G7. Ou du G8? Donald Trump n'a pas fait mystère de son envie d'inviter le président russe Vladimir Poutine, au risque de susciter un nouveau tollé.

Avec AFP

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Procès en destitution : les révélations de John Bolton

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Procès en destitution : la défense de Trump tente de parer les révélations de Bolton

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Procès en destitution: la défense de Trump tente de parer les révélations de Bolton

Les avocats du président Donald Trump Jay Sekulow et Pat Cipollone au sénat le 25 janvier 2020 (REUTERS/Joshua Roberts)

Les avocats de Donald Trump ont tenté lundi de reprendre l'offensive après les révélations explosives d'un ancien conseiller de la Maison Blanche qui ont fragilisé la défense du président américain dans son procès en destitution devant le Sénat.

Ils se sont aussi lancés dans une attaque en règle contre l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, un possible rival à l'élection présidentielle du 3 novembre.

Le milliardaire républicain fait l'objet de cette procédure historique pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.

Majoritaires à la Chambre des représentants, les démocrates l'ont mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès" le 18 décembre sans aucune voix républicaine.

Ils estiment que le président a essayé de "salir" son adversaire potentiel pour faciliter sa réélection et qu'il a utilisé les moyens de l'Etat, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev, pour parvenir à ses fins.

Dans sa plaidoirie, la défense de Donald Trump a affirmé que la destitution était une "arme thermonucléaire" trop dangereuse pour s'appliquer en l'absence de "crime" au sens pénal du terme.

- Arme politique -

"L'abus de pouvoir est une arme politique. Elle devrait être utilisée contre des adversaires politiques et laissons les électeurs en décider", a martelé le célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, dernier à plaider lundi.

Dans un long exposé aux allures de cours magistral, il est allé plus loin que l'argument-phare de la Maison Blanche selon laquelle il n'y a pas eu de "pression" sur Kiev ou de "donnant-donnant".

Une stratégie fragilisée par les révélations de l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

"Le +donnant-donnant+ n'est pas un cas d'abus de pouvoir, cela fait partie de la politique étrangère conduite par les présidents depuis le début", a expliqué l'avocat devant les sénateurs.

"Rien dans les révélations de M. Bolton, même si elles sont vraies, pourrait être du niveau de l'abus de pouvoir et de la destitution", a-t-il martelé.

John Bolton affirme dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump lui a confié en août ne pas vouloir débloquer l'aide militaire destinée à l'Ukraine sans enquête sur les Biden.

"Je n'ai JAMAIS dit" ça à John Bolton, a démenti l'hôte de la Maison Blanche, en accusant son ancien conseiller, limogé en septembre, de vouloir "vendre son livre".

Les avocats de Donald Trump ont aussi tenté de démontrer qu'il était dans son droit en s'inquiétant d'une possible "corruption" des Biden en Ukraine.

L'ancienne procureure de Floride Pam Bondi a relevé qu'Hunter Biden avait gagné "des millions" de dollars en siégeant au conseil d'administration du groupe gazier ukrainien Burisma au moment où son père, alors vice-président de Barack Obama, était chargé de la politique américaine dans ce pays.

- "Théorie du complot" -

Hunter Biden n'aurait "probablement pas" été engagé par Burisma si son père n'avait pas été vice-président, a assené cette fervente supportrice de Donald Trump, en rappelant que plusieurs personnes s'étaient émues déjà à l'époque d'un "apparent conflit d'intérêt".

Elle a également suggéré que M. Biden avait obtenu le limogeage du procureur général ukrainien alors chargé de la lutte anti-corruption, pour protéger l'employeur de son fils.

L'équipe de campagne de M. Biden a dénoncé l'utilisation par Mme Bondi d'une "théorie du complot" qui a été "complètement réfutée".

En marge du procès, l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff a reproché aux avocats de ne pas avoir réussi à expliquer "pourquoi le président a exprimé un intérêt pour Hunter Biden uniquement quand Joe Biden s'est porté candidat à la présidence".

Dans un nouvel extrait de son futur livre dévoilé lundi par le New York Times, M. Bolton raconte en outre avoir fait part au ministre de la Justice Bill Barr de son inquiétude face aux "faveurs" accordées par M. Trump aux dirigeants chinois et turc.

Les révélations de John Bolton ont semblé faire bouger les lignes au sein de la majorité républicaine au Sénat, dont les 53 élus (sur 100) ont jusqu'ici toujours refusé de convoquer le conseiller de M. Trump, comme le réclament les procureurs démocrates.

Au moins trois élus modérés --Mitt Romney, Susan Collins et Lisa Murkowski-- ont suggéré qu'ils pourraient voter en faveur d'une audition de M. Bolton.

Ce vote devrait intervenir en fin de semaine, une fois que la défense aura bouclé sa plaidoirie et que les sénateurs auront posé, par écrit, leurs questions aux deux parties.

Il suffira que quatre républicains s'allient aux démocrates pour que John Bolton soit convoqué. L'ancien conseiller a fait savoir qu'il accepterait de répondre à une assignation à comparaître.

Même si les démocrates remportent cette bataille, in fine, ils semblent voués à perdre le procès.

La Constitution fixe en effet une majorité des deux tiers pour destituer un président. Pour y parvenir, il faudrait que 20 républicains fassent défection, ce qui paraît totalement improbable.

La Cour suprême approuve un durcissement de la politique migratoire

Carte verte et carte des États-Unis

La Cour suprême des Etats-Unis a donné lundi son feu vert à une mesure emblématique du durcissement de la politique migratoire des Etats-Unis.

Elle autorise l'administration de Donald Trump à refuser d'octroyer un permis de séjour ("green card", ou carte verte) à un immigré dont elle considère qu'il pourrait représenter à l'avenir une "charge" pour les autorités fédérales, en bénéficiant d'aides gouvernementales.

Cette directive a été approuvée de justesse par la Cour suprême, par cinq voix contre quatre, celles des juges libéraux. Le président John Roberts a voté pour.

Plusieurs plaintes avaient été déposées par les Etats de New York, du Connecticut et du Vermont, par la ville de New York et par des ONG pour empêcher la mise en oeuvre de cette politique.

Le gouvernement a demandé à la Cour suprême de lever ces injonctions sans attendre qu'un jugement soit prononcé sur le fond par une cour d'appel de New York, ce qui pourrait avoir lieu le mois prochain.

Selon cette directive, les agents de l'immigration pourront prendre en compte plusieurs critères comme l'âge, le niveau d'éducation et l'aisance en anglais afin de décider si un immigré est susceptible de devenir une "charge publique".

Les opposants à cette politique estiment qu'elle instaurera un "test de richesse" qui écartera de façon disproportionnée les immigrés non-blancs.

"Limiter l'immigration légale en s'appuyant sur la richesse des candidats est honteux et absolument anti-américain", a estimé le sénateur démocrate Dick Durbin.

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