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Dix ans après Lehman, le 1er banquier américain salue la solidité du système financier

Jamie Dimon lors d'une conférence à New York, le 22 novembre 2013.

Le patron de la première banque américaine, Jamie Dimon, a estimé dimanche que le secteur a été profondément assaini dix ans après la faillite de Lehman Brothers qui avait plongé le monde dans la tourmente financière.

Adoucissant le ton après un échange de piques avec le président américain, le PDG de JPMorgan Chase a également affirmé, sur la chaîne ABC, que Donald Trump méritait "une assez bonne note" pour la bonne marche de l'économie américaine.

"Le système bancaire est très, très, très sain. Et les régulateurs devraient s'en féliciter un peu, car (la faillite de) Lehman n'arriverait pas aujourd'hui", a-t-il déclaré. La banque new-yorkaise s'est écroulée en septembre 2008, précipitant la planète dans la pire crise économique depuis les années 30.

"Une autre récession arrivera un jour, mais ça ne viendra pas du système bancaire, il s'agira probablement d'autre chose", a-t-il ajouté.

Jamie Dimon était déjà en poste en 2008. Interrogé sur les sommes astronomiques versées pour secourir le secteur, il a souligné que "toutes les banques n'avaient pas besoin" d'aides gouvernementales à l'époque, tout en saluant l'énorme plan américain de recapitalisation (TARP).

"Ces banques, dont JPMorgan, ont continué à prêter de l'argent tous les jours à tous leurs clients dans le monde entier".

Jamie Dimon dit toutefois comprendre "la grande colère" que certains Américains ressentent encore. "Ils voient une élite de banques (...) qui ont été sauvées pendant qu'ils souffraient. Et c'est en partie vrai".

"Je ne peux rien y faire. La seule chose que je puisse faire c'est de servir mes clients partout dans le monde, faire des choses bien et tenter de gagner le respect", confie-t-il.

Alors que la croissance américaine dépasse 4%, Jamie Dimon n'a pas hésité à attribuer "une partie du mérite" à Donald Trump

"Quand le président Trump a été élu, la confiance a explosé, les consommateurs, les petites entreprises, les grandes sociétés... Les impôts en faveur des entreprises, en faveur de la compétitivité et les réformes de la régulation, tout ça a aidé l'économie. Il est impossible pour moi de cerner à quel point mais cela a aidé", reconnaît-il.

Jamie Dimon s'était dit mercredi "plus intelligent" que le président américain, avant de regretter publiquement ses propos. Moquant ses ambitions présidentielles présumées, Donald Trump l'avait rapidement taclé sur Twitter: "il n'en a ni la capacité ni le talent".

Sur ABC, Jamie Dimon a de nouveau écarté toute volonté de se présenter: "Il ne faut jamais dire jamais, mais non".

Avec AFP

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Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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