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États-Unis

Le patron de la Fed sous pression

Le président de la Réserve fédérale, Jérôme Powell, lors d’une conférence de presse à Washington, le 21 mars 2018.

Le patron de la banque centrale américaine, Jerome Powell, officiera vendredi à la grand-messe des banquiers centraux à Jackson Hole sur fond de tensions commerciales qui menacent la croissance et de piques répétées de Donald Trump contre les hausses des taux de la Fed.

Le traditionnel symposium économique, qui a démarré jeudi pour sa 32e année dans la prestigieuse station de montagne du Wyoming, réunit le gotha des banques centrales et des économistes sur des sujets académiques pointus. Cette année, le thème imposé se lit ainsi: "Changement des structures du marché et implication pour la politique monétaire".

Il n'est pas sûr que Jerome Powell, dans son discours attendu vendredi, se détourne du sujet imposé pour confronter les déclarations intempestives du président Trump sur la montée des taux d'intérêt ou pour évoquer le nuage que représente pour l'économie américaine l'escalade des tarifs douaniers contre la Chine.

Cette semaine, Donald Trump a récidivé dans ses critiques de la banque centrale, qui avait déjà été sa cible en juillet. Il s'est dit "pas emballé" par Jerome Powell, un avocat de la finance qu'il a choisi lui-même pour remplacer Janet Yellen à la tête de la réserve fédérale en février.

Rompant avec la tradition de respect de l'indépendance de la banque centrale, l'hôte de la Maison Blanche a redit haut et fort son mécontentement de la poursuite progressive de la hausse des taux qui dope le dollar et rend les exportations américaines moins compétitives.

Donald Trump a réclamé "plus d'aide de la Fed" en cette période de bras de fer commercial.

"Ces commentaires rendent le discours de Jerome Powell d'autant plus intéressant qu'il insistera probablement sur l'importance de l'indépendance de la Fed", estime l'économiste Gregory Daco, d'Oxford Economics.

En dehors de ces vives critiques prononcées au cours d'un entretien, le président Trump et le patron de la Fed ne se sont pas parlés personnellement, a indiqué mercredi une porte-parole de la Maison Blanche.

Sur les taux, la Fed a déjà signalé clairement son intention dans le compte-rendu de sa dernière réunion monétaire du 1er août, publié mercredi. Une prochaine hausse de 0,25% se profile assurément, sans doute dès le prochain rendez-vous monétaire du 26 septembre.

La croissance, dopée par la relance budgétaire de l'administration Trump, s'est emballée à 4,1% au deuxième trimestre, et devrait continuer d'afficher une allure soutenue, quoiqu'un peu inférieure, au deuxième semestre, a dit la Fed.

Elle surveille aussi l'inflation comme du lait sur le feu, alors que celle-ci a atteint la cible des 2% de hausse des prix (2,2% en juin), considérée comme favorable à l'économie.

Cette trajectoire monétaire devrait mener les taux d'intérêt que les banques se facturent entre elles au jour le jour autour de 2,5% à la fin de l'année, du jamais vu depuis dix ans.

Mais la montée du coût du crédit, qui se répercute sur les consommateurs, leurs cartes de crédit, leurs prêts immobiliers, n'est pas pour plaire à Donald Trump alors que les électeurs sont appelés aux urnes en novembre.

Autre défi pour Jerome Powell, l'escalade possible des tarifs douaniers avec la Chine représente désormais aux yeux de la Fed "un risque potentiel conséquent" pour l'économie américaine, selon les minutes publiées mercredi.

M. Powell avait récemment mis en garde contre le protectionnisme, mais a évité de trop s'étendre sur les choix stratégiques de la Maison Blanche, affirmant que la politique commerciale n'était pas du ressort de l'institution qu'il dirige.

Plus largement, ces fortes tensions entre les deux premières économies du monde, à un moment où la croissance chinoise est fragilisée, peuvent provoquer des turbulences bien au-delà des frontières des deux pays.

L'année dernière à Jackson Hole, c'est le patron de la Banque centrale européenne (BCE) qui avait tiré la sonnette d'alarme sur les barrières commerciales. Mais cette année, Mario Draghi ne sera pas là.

En marge de la prestigieuse conférence, le réseau d'associations "Fed Up", dont l'appellation est un jeu de mots pour dire "Ras-le-bol", sera aussi à Jackson Hole pour faire entendre ses préoccupations sur "la lenteur de la hausse des salaires et l'inégalité grandissante".

Avec AFP

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Le réseau social TikTok victime collatérale du conflit sino-américain

Les drapeaux de la Chine et des États-Unis sont visibles près d'un logo TikTok dans cette photo d'illustration prise le 16 juillet 2020. REUTERS/Florence Lo/Illustration

Le fondateur de ByteDance, maison mère du réseau social TikTok menacé d'interdiction aux Etats-Unis, a indiqué lundi que ses équipes travaillaient dur pour obtenir "la meilleure issue possible" à la crise, selon un média officiel chinois.

Ses propos interviennent au moment où des discussions se poursuivent entre le groupe basé à Pékin et Microsoft pour que ce dernier rachète la branche américaine de la plateforme de vidéos, populaire auprès des jeunes.

TikTok est très utilisé par les 15-25 ans et compte environ un milliard d'utilisateurs dans le monde. Il permet de créer, partager et visionner de courts clips généralement musicaux, décalés ou humoristiques.

Dans un contexte de tensions sino-américaines, les Etats-Unis accusent depuis plusieurs mois la plateforme de pouvoir être utilisée par la Chine à des fins de surveillance. Ils n'ont cependant pas fourni jusqu'ici de preuves.

TikTok a toujours fermement démenti tout partage de données avec Pékin.

"TikTok pourrait être forcé de vendre ses activités américaines" et "les produits TikTok pourraient être bloqués aux États-Unis", a indiqué Zhang Yiming, le fondateur de ByteDance, dans un courriel envoyé à ses employés et cité par le quotidien officiel Beijing Daily.

"Nous sommes confrontés à une pression externe accrue sur certains marchés. Ces dernières semaines, les équipes impliquées dans la réponse (à cette crise) se relayent jour et nuit et font des heures supplémentaires. Cela afin d'obtenir la meilleure issue possible", a-t-il poursuivi.

Microsoft a confirmé dimanche que des négociations étaient toujours en cours pour racheter la branche américaine de TikTok à ByteDance. Le géant informatique de Seattle espère que les pourparlers aboutiront d'ici le 15 septembre.

Depuis quelques jours, Donald Trump et ses conseillers profèrent des menaces contre l'application. Le président américain avait déclaré vendredi qu'il voulait interdire TikTok et s'était même montré opposé à un rachat par Microsoft.

Une position qu'il a assouplie après l'opposition de nombreux utilisateurs du réseau social. En particulier celle des créateurs de contenus qui tirent un revenu de leurs vidéos publiées sur l'application.

"Nous ne sommes pas d'accord avec cette décision" de forcer la vente de TikTok, a souligné Zhang Yiming. "Car nous nous sommes toujours engagés à garantir la sécurité des données des utilisateurs, ainsi que la neutralité et la transparence de la plateforme."

Donald Trump devrait "passer à l'action dans les prochains jours" contre TikTok et d'autres applications liées à des entreprises chinoises, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Selon le Global Times, un quotidien chinois à tendance nationaliste, "en interdisant Huawei, les États-Unis vont prendre du retard dans la technologie 5G. En bloquant TikTok, les États-Unis vont porter un coup à la foi dans la liberté et la démocratie".

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