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Deux viols confrontent l'Inde à ses démons

Les élèves participent à une manifestation contre le viol et le meurtre d'Asifa, une fillette de 8 ans qui a été kidnappée et son corps mutilé retrouvé dans les bois une semaine plus tard, à Srinagar, en Inde, le 11 avril 2018.

Deux retentissantes affaires de viol faisaient les gros titres de la presse cette semaine en Inde, obligeant ce pays d'Asie du Sud à se confronter à la face sombre de sa société.

"Que disons-nous pour un pays qui a converti le viol collectif et la mort d'une enfant en une arme politique ", s'insurgeait vendredi l'intellectuel Pratab Bhanu Mehta dans une tribune publiée par le quotidien Indian Express.

Impunité des élites, complicité de la police, tensions entre communautés... Deux agressions sexuelles distinctes, survenue pour l'une en Uttar Pradesh (nord) et pour l'autre au Jammu-et-Cachemire (extrême nord), soulèvent des problèmes sociétaux qui dépassent le fléau des violences sexuelles.

Si ces affaires remontent chacune à plusieurs mois, elles ont connu de nouveaux développements ces derniers jours. Des manifestations se sont tenues en réponse mais sans générer pour l'instant un mouvement massif semblable à celui déclenché par le viol collectif et le meurtre d'une jeune fille à New Delhi en 2012 - une histoire qui avait choqué la planète.

Mort en détention

Là où la classe moyenne indienne s'identifiait à l'étudiante en médecine suppliciée dans un bus en sortant du cinéma avec un ami, ces deux faits divers ont pour décor des milieux beaucoup plus modestes et marginalisés.

En Uttar Pradesh, grand État pauvre et notoirement corrompu, un influent législateur du parti du Premier ministre Narendra Modi est accusé d'avoir violé en juin une adolescente dans le district d'Unnao.

L'affaire a pris une ampleur nationale depuis la mort en détention policière, la semaine dernière, du père de la jeune fille. Cette dernière a tenté de s'immoler devant la résidence du ministre en chef de l'État pour protester contre la police, qu'elle accuse d'avoir torturé son père car il souhaitait continuer les poursuites.

Les autorités locales n'ont entrepris aucune action envers les suspects jusqu'à ce que mercredi soir, sous la pression médiatique, le dossier soit transféré au Central Bureau of Investigation (CBI, équivalent indien du FBI), les enquêteurs fédéraux.

>> Lire aussi : Quatre policiers sanctionnés pour n'avoir pas enregistré un viol en Inde

Élu de l'assemblée législative d'Uttar Pradesh sous la bannière des nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP), Kuldeep Singh Sengar dément les accusations portées contre lui. "Ce sont des gens de basses classes. C'est une conspiration de criminels", a-t-il déclaré à des journalistes.

Il n'a pas été arrêté à cette heure.

Silence de Modi

Plus au nord, dans l'État du Jammu-et-Cachemire, une enquête a donné une nouvelle dimension de violence communautaire au viol en réunion suivi de mort d'une fillette musulmane de huit ans en janvier dans une région à majorité hindoue.

Selon l'acte d'accusation de la police, rendu public cette semaine, la victime a été kidnappée par des habitants locaux qui l'ont droguée avant de la garder captive pendant cinq jours dans une cabane puis un temple hindou. Sa dépouille avait été retrouvée en forêt.

Durant sa détention, plusieurs personnes - parmi lesquelles un policier - l'auraient violée à tour de rôle avant de la tuer. Huit hommes ont été arrêtés.

Selon les enquêteurs, ils ont voulu terrifier les Bakerwals, communauté nomade de bergers musulmans dont était issue l'enfant, pour les dissuader de venir dans leur zone.

>> Lire aussi : La Cour suprême indienne autorise une IVG tardive pour une fille de 13 ans violée

Des avocats de l'association du barreau local ont bloqué le chemin des policiers cette semaine alors qu'ils se rendaient au tribunal pour déposer l'acte d'accusation contre les suspects, tous hindous.

Cette agression a provoqué de vives réactions dans le monde politique et la société civile. Le Premier ministre Modi, nationaliste hindou, reste silencieux sur cette affaire comme sur celle en Uttar Pradesh.

"Est-ce que nous voulons vraiment que le monde d'aujourd'hui nous voie comme ce genre de pays? Si nous ne pouvons pas nous lever pour cette fille de huit ans sans considération de genre, de caste, de couleur ou de religion alors nous ne représentons rien dans ce monde...", s'est scandalisée sur Twitter la championne indienne de tennis Sania Mirza.

Le viol en réunion de New Delhi en 2012, qui avait jeté une lumière crue sur le rapport des hommes aux femmes en Inde, a entraîné un durcissement de la législation contre les crimes sexuels.

Environ 40.000 cas de viols sont signalés chaque année dans cette nation de 1,25 milliard d'habitants, selon les statistiques officielles. Les observateurs estiment cependant que ce chiffre n'est que la partie émergée de l'iceberg en raison de la forte culture du silence qui prévaut sur ce sujet dans la société indienne.

"Le sentiment de révulsion qui est si bouleversant en ce moment va vite se dissiper jusqu'à la prochaine atrocité", prédit sombrement l'universitaire Pratab Bhanu Mehta.

Avec Afp

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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