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Vingt-deux morts dans des manifestations après la condamnation d'un gourou pour viol en Inde

  • VOA Afrique

Des militants de la secte Dera Sacha Sauda idevant la cour de Justice à Panchkula, Inde, le 24 août 2017.

Au moins 22 personnes ont été tuées vendredi lors de violents heurts dans le nord de l'Inde après que la condamnation pour viol d'un gourou controversé eut déclenché la fureur de plus de 100.000 de ses soutiens rassemblés pour le verdict.

"Quatorze personnes sont mortes et 80 sont blessées", a indiqué un responsable de l'hôpital de la ville de Panchkula, dans le nord de l'Inde, souhaitant ne pas être nommé. Un premier bilan policier faisait état de quatre morts.

Selon le commissaire-adjoint de police Isham Singh, 22 personnes sont mortes et une centaine ont été blessées à Panchkula, une ville de plus d'un demi-million d'habitants dans l'Etat de Haryana. Un précédent bilan de l'hôpital local faisait état de 14 morts.

Les autorités ont déployé des centaines de soldats alors que plus de 100.000 personnes, selon les estimations, s'étaient réunies à Panchkula après qu'un tribunal spécial eut reconnu coupable le chef spirituel Gurmeet Ram Rahim Singh du viol de deux de ses adeptes.

La nouvelle a déclenché une flambée de violence dans la ville, où un couvre-feu a été imposé et où les connexions internet avaient été suspendues la veille par mesure de sécurité.

Selon un journaliste de l'AFP sur place, les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau face à une foule de manifestants lançant des pierres et qui s'en était prise notamment à deux camions de télévision, renversant l'un d'entre eux.

'Gourou tape-à-l'oeil'

Connu sous le surnom de "Gourou tape-à-l'oeil", en raison de son penchant pour les vêtements criards et les bijoux, ce chef spirituel de 50 ans est à la tête de la secte Dera Sacha Sauda.

En 2002, un courrier anonyme avait été envoyée à l'ancien Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee, une femme accusant ce gourou de viol sur elle-même et sur d'autres adeptes de la secte.

Il a fallu des années au Bureau central d'enquête (CBI Central Bureau of Investigations) pour retrouver les victimes présumées. Ce n'est qu'en 2007 que deux femmes avaient finalement déposé plainte.

Ce n'est pas la première fois que Gurmeet Ram Rahim Singh se retrouve au coeur d'une polémique. En 2015, il avait été accusé d'avoir encouragé 400 de ses disciples à subir une castration, pour se rapprocherde dieu. Il a par ailleurs été poursuivi en lien avec le meurtre d'un journaliste en 2002.

'Messager de dieu'

S'exprimant avant le verdict, des supporters rassemblés à Panchkula ont manifesté leur soutien au Gourou, certains estimant que sa secte les avaient aidés à sortir de leur dépendance à l'alcool.

"J'ai fait partie du mouvement Dera (Sacha Sauda) pendant deux décennies et tout ce temps je n'ai pas bu une goutte", a expliqué Gajendere Singh, âge d'une soixantaine d'années.

L'activité de Gurmeet Ram Rahim Singh avait suscité la colère de nombreux chefs religieux en Inde, notamment les Sikhs qui estimaient que ce dernier insultait et dénigrait leur foi.

Dans l'Etat de Pendjab (est), a majorité Sikh, des manifestations avaient éclaté en 2015 alors que le gourou était apparu dans un film intitulé "MSG: le messager de dieu", le montrant en train d'accomplir des miracles et prêchant devant des milliers de fidèles.

Gurmeet Ram Rahim Singh s'est rendu de sa ville d'origine jusqu'au tribunal dans un important convoi de plus de 100 véhicules, selon les médias indiens.

Des images de télévision montraient des fidèles rassemblés le long des rues, la plupart d'entre eux sanglotant sans pouvoir se contrôler.

Avec AFP

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