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Deux ONG kényanes sanctionnées après avoir saisi la justice sur la présidentielle


Une femme se cache et pleure à côté à des policiers lors des manifestations après la proclamation de la victoire du président Uhuru Kenyatta à la présidentielle à Nairobi, Kenya, 12 août 2017.

L'organisme du ministère de l'Intérieur qui supervise les ONG au Kenya, le Conseil des ONG (NGO Board), a annoncé révoquer la licence de la KHRC, arguant d'irrégularités telles que des impôts impayés, des comptes en banque illégaux et l'absence de permis de travail pour des employés étrangers. L'organisation a rejeté ces accusations et affirmé y avoir déjà répondu.

Le gouvernement kényan a pris des mesures administratives pour faire cesser les activités de deux organisations qui envisagent de saisir la justice contre l'élection présidentielle du 8 août, que l'opposant défait Raila Odinga estime entachée de fraudes, a-t-on appris mardi de source officielle.

La Commission kényane des droits de l'Homme (KHRC) et l'AfriCOG, une organisation de la société civile engagée dans la transparence de la vie publique, discutaient avec d'autres organisations ces derniers jours d'une éventuelle saisine de la Cour suprême d'ici l'expiration du délai légal vendredi, a expliqué à l'AFP Gladwell Otieno, directrice exécutive d'AfriCOG.

"Saisir la justice était une des options dont nous discutions avec d'autres organisations, mais nous n'avions pas encore pris de décision", a-t-elle déclaré.

Maina Kiai, vice-président du conseil d'AfriCOG et membre du conseil de la KHRC, a lui évoqué lors d'une conférence de presse au siège de la KHRC des "inconsistances" relevées par la société civile dans le cadre de ce scrutin, et indiqué: "Nous avons organisé des réunions ici, il n'y a pas de secret à ce sujet, nous nous demandions si nous devions" aller en justice.

Mais lundi soir, l'organisme du ministère de l'Intérieur qui supervise les ONG au Kenya, le Conseil des ONG (NGO Board), a annoncé révoquer la licence de la KHRC, arguant d'irrégularités telles que des impôts impayés, des comptes en banque illégaux et l'absence de permis de travail pour des employés étrangers. L'organisation a rejeté ces accusations et affirmé y avoir déjà répondu.

Mardi matin, le même conseil a demandé à la police de fermer AfriCOG et d'arrêter ses membres, au motif que l'organisation n'était pas dûment enregistrée comme ONG.

Evoquant une tentative d'intimidation, la KHRC a émis des doutes sur la sincérité du gouvernement qui a appelé à recourir aux voies légales pour contester l'élection. "Sont-ils vraiment sérieux à ce sujet?", s'est ainsi interrogé M. Kiai.

"Quand vous fermez les voies légales, non violentes, pacifiques pour obtenir réparation, vous ouvrez une boîte de Pandore et l'Etat se doit d'être très clair sur ce qu'il veut faire", a souligné M. Kiai.

L'Ordre des avocats du Kenya (LSK) a de son côté soutenu dans un communiqué que toute suspension d'une ONG par le Conseil des ONG ne prend effet que 14 jours après notification, ladite notification n'ayant selon elle pas encore été transmise. La LSK estime par ailleurs que le Conseil n'a pas autorité sur AfriCOG, enregistrée comme une société privée et non comme une ONG.

L'opposition a exclu tout recours en justice contre la réélection de M. Kenyatta. L'opposition doit annoncer mercredi sa stratégie pour contester le résultat.

Les affrontements entre partisans de l'opposition et forces de police ayant éclaté de vendredi soir à samedi soir à la suite de l'annonce de la victoire de M. Kenyatta ont fait au moins 17 morts et 177 blessés dans certains bidonvilles de Nairobi et dans l'ouest du pays, des bastions de Raila Odinga, selon un décompte de l'AFP de sources policières et hospitalières.

Avec AFP

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