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Le bidonville de Mathare écoute Dieu en attendant Odinga

Des policiers anti-émeute tirent de grenades lacrymogènes en direction de manifestants à Mathare, Nairobi, Kenya, 12 août 2017.

Les églises prêchaient la paix dimanche dans le bidonville de Mathare, théâtre d'affrontements violents et sporadiques entre manifestants et policiers ces derniers jours, mais ses habitants attendaient surtout la parole du candidat défait à la présidentielle de mardi, Raila Odinga.

L'opposant s'est muré dans le silence depuis l'annonce vendredi soir de la victoire du sortant Uhuru Kenyatta, que son camp rejette. Et après des scènes de violence et de pillage circonscrites à quelques bastions de l'opposition, la vie reprenait doucement son cours, à Mathare comme dans d'autres bidonvilles de la capitale, et à Kisumu (ouest).

"Ca a vraiment été violent ces derniers jours, mais aujourd'hui, c'est beaucoup plus calme", note Susan Atieno, 19 ans, vendant des beignets sur le bord d'une route jonchée de déchets. "Je ne sais pas pourquoi Raila Odinga n'a pas encore parlé, mais nous attendons qu'il nous dise quoi faire".

Les stigmates des émeutes auxquelles les forces de l'ordre ont répondu par des gaz lacrymogène et des tirs d'arme automatique étaient encore visibles dimanche.

Mais les commerçants rouvraient toutefois timidement leurs échoppes dimanche, et de nombreux habitants de Mathare vaquaient à leurs occupations, louvoyant entre les cendres des pneus brûlés par les protestataires et les lourdes pierres lancées vers les forces de l'ordre.

Le bilan compilé par l'AFP pour l'ensemble du pays entre vendredi soir et samedi soir s'élève à 16 morts, dont neuf personnes tuées dans les bidonvilles de Mathare, Kibera et Kawangware, à Nairobi.

"Ce qu'il faut comprendre, c'est la frustration qu'il y a ici", explique le pasteur Julius Tai, à l'extérieur de sa minuscule église en tôle ondulée, forte d'une trentaine de chaises en plastique.

Uhuru Kenyatta, membre de l'élite économique kikuyu, a été élu avec plus de 54% des voix face à Raila Odinga, un Luo, désormais quatre fois candidat malheureux à la présidentielle. M. Odinga, qui devait s'exprimer dimanche après-midi à Kibera et Mathare selon son porte-parole, se présente depuis longtemps comme le garant d'une croissance mieux partagée, un argument qui fait mouche dans les bidonvilles.

Frères kényans

"Depuis l'indépendance, seules deux tribus ont dirigé le pays, mais les autres veulent aussi leur part du gâteau", ajoute le pasteur, rappelant que les Kikuyu ont fourni au Kenya trois de ses quatre présidents, pour un président kalenjin.

Dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du Kenya indépendant (1.100 morts), le pasteur appelle cependant à la paix. "Je crois fermement à l'état de droit, et nous devons nous tourner vers la justice si nous voulons contester le résultat". "La violence ne sert à rien. Après tout, nous sommes tous des frères kényans, et on ne tue pas son frère", martèle-t-il.

Non loin de là, le révérend John Gitonga sermonne ses fidèles: "Il est important de respecter la paix, nous ne sommes pas différents de nos voisins".

La parole de Dieu est importante pour les manifestants, assure l'un d'eux, Patrick. Mais le jeune homme de 25 ans assure que celle de Raila Odinga est au moins aussi sacrée.

"Aujourd'hui, c'est le jour du seigneur, et le bidonville est calme, mais nous attendons surtout les instructions de Raila Odinga, et nous ferons exactement ce qu'il nous dit".

Humpfrey Songole, un coiffeur qui reconnaît que les échauffourées des derniers jours ont fait fuir les clients, abonde dans le même sens. "Si on doit rester un mois dans les rues, nous y resterons un mois".

Susan, la vendeuse de beignets, se montre plus nuancée. "J'écouterai Raila pour connaître la marche à suivre, mais les violences ne sont pas bonnes pour les affaires, je dois payer mon loyer et manger".

Et si son favori appelle à la violence? "J'écouterai Dieu avant tout!"

Avec AFP

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Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

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